Un an de prison pour avoir secoué son bébé malade

Alain Leclerc, 28 ans, accusé de proxénétisme et... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

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Alain Leclerc, 28 ans, accusé de proxénétisme et d'agressions sexuelles sur des mineures, ne pourra reprendre sa liberté durant les procédures judiciaires.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Une bien triste affaire de bébé secoué a retenu l'attention, jeudi, au palais de justice de Shawinigan.

Un jeune père de famille âgé de 29 ans a en effet pris le chemin de la prison pour les 12 prochains mois pour avoir secoué son bébé malade, âgé de trois mois et demi. Or, cet événement est survenu dans un contexte dramatique très particulier qui a été souligné par le juge Guy Lambert.

À quelques reprises, ce dernier a d'ailleurs mentionné à quel point cette cause était émotive. Il a aussi pris soin de féliciter le professionnalisme des deux avocats au dossier, soit Me Sarah Beaudry-Leclerc à la Couronne et Me Mario Melançon à la défense.

Ainsi, le prévenu, dont on doit taire l'identité pour protéger celles de son enfant et de la mère, est un homme sans aucun antécédent judiciaire ou passé de violence.

Lorsque sa conjointe est tombée enceinte de leur deuxième enfant, ils ont appris au cinquième mois de la grossesse que le poupon à venir serait atteint du syndrome de Di Georges, une maladie rare qui se traduit notamment par une malformation cardiaque. Même s'il y avait des possibilités d'avortement, les parents ont fait le choix de garder l'enfant pour lui donner toutes les chances d'avoir une belle vie.

Or, dès la naissance, l'enfant a dû être hospitalisé pendant un mois et opéré à l'hôpital Sainte-Justine. Lors de leur retour à la maison, ils ont dû prodiguer des soins très élaborés au bébé et le gaver aux trois heures.

Jeudi, dans le cadre des plaidoiries sur sentence, la jeune maman a expliqué à quel point cette période avait été très difficile pour eux tant sur un plan personnel que conjugal. Ils ont souffert de fatigue excessive et de stress. Le père travaillait beaucoup pour subvenir aux besoins de sa famille tout en aidant sa conjointe dans les soins à prodiguer au bébé et dans l'éducation de leur autre enfant. Selon elle, il est devenu de plus en plus déprimé. Or, le 24 juillet 2013, il a perdu patience. Tôt le matin, alors qu'il s'occupait de l'enfant, celui-ci s'est mis à pleurer. Il l'a secoué à deux ou trois reprises. Celui-ci a fait des convulsions avant de tomber en arrêt cardiaque. Le père a immédiatement réveillé sa conjointe et appelé le 911 sans toutefois faire des aveux parce qu'il avait peur.

En attendant l'arrivée des ambulanciers, il a pratiqué des manoeuvres de réanimation. L'enfant a pu être sauvé. À l'hôpital, les médecins ont finalement émis l'hypothèse d'un bébé secoué compte tenu de certains symptômes. Confronté par sa conjointe sur ce point, le père a finalement tout avoué cinq jours plus tard. Il a immédiatement contacté les autorités pour rapporter son crime.

Au terme d'une enquête menée par le sergent Patrick Leclerc du module des décès d'enfants-crimes sériels de la Sûreté du Québec, il a été accusé de voies de fait graves et il a plaidé coupable.

Par contre, le plus grand drame dans cette histoire est que le bébé est mort trois mois plus tard des suites de sa maladie et non du geste violent. Dans cette affaire, la Couronne réclamait 30 à 36 mois de prison. La Défense suggérait pour sa part une peine variant entre six à 12 mois de prison.

Pour rendre sa décision, le juge a notamment rappelé que la fatigue n'était pas une excuse. Qui plus est, il a mentionné qu'on ne saura jamais l'impact du crime sur l'enfant en raison de son décès.

Dans le but d'individualiser la peine, il a donc tenu compte du principal facteur aggravant, soit le fait d'avoir secoué un bébé dont la vulnérabilité est accrue par la maladie. Toutefois, il a aussi pris en considération l'absence d'antécédent judiciaire de l'individu, son plaidoyer de culpabilité, le fait qu'il s'agisse d'un geste isolé et non prémédité, le faible risque de récidive et le soutien de ses proches.

En ce sens, la mère du bébé, qui est aujourd'hui son ex-conjointe, le qualifie de bon père de famille. Elle a indiqué n'avoir aucune crainte lorsqu'il est seul avec leur autre enfant et confirme que la DPJ est du même avis après une enquête.

Enfin, l'individu éprouve des remords et a même suivi une thérapie avant que le processus judiciaire ne soit mis en branle.

Pour toutes ces raisons, le juge l'a condamné à une peine d'un an de prison assortie d'une probation de deux ans.

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