Messe et vigile pour les victimes du triple meurtre de Trois-Rivières

Après la messe commémorative, une douzaine de personnes... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Après la messe commémorative, une douzaine de personnes se sont rejointes au parc Champlain pour une vigile à la chandelle, prétexte à la solidarité.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Dans une nef où s'étaient regroupées environ 200 personnes, parents, amis, citoyens, régnait un silence chargé d'émotion. Une atmosphère de recueillement afin de rendre hommage aux victimes du tristement célèbre triple meurtre commis sur la rue Sicard à Trois-Rivières. Comme le vent qui sifflait sa peine à l'extérieur, les sympathies étaient manifestes lors d'une messe commémorative organisée dimanche à la cathédrale de Trois-Rivières.

On se rappellera que le 11 février 2014, deux jeunes hommes, âgés de 16 et 17 ans, faisaient irruption dans une résidence sans histoire du secteur Trois-Rivières-Ouest, ouvrant le feu et fauchant froidement la vie de trois personnes. Deux soeurs dans la fleur de l'âge (17 et 22 ans), ainsi que l'ami de coeur de la cadette, un jeune homme de 17 ans, tombaient alors sous les balles. «Comment peut-on vivre dans une société où nous côtoyons des gens aussi méchants qui peuvent décider comme ça d'en finir avec la vie de jeunes innocents plein d'avenir et d'amour?», se questionne encore aujourd'hui la mère d'une victime sur les réseaux sociaux.

Les bancs de la cathédrale étaient comblés par une majorité de jeunes gens, dont certains portaient la casquette de couleur orangée instaurée par des étudiants du programme d'ergothérapie de l'Université du Québec à Trois-Rivières où étudiait l'une des jeunes femmes assassinées.

Dans le corps de son prêche, le communiant a rappelé sobrement que le pardon était la pierre d'assise de la religion chrétienne. Surtout, il a signalé à maintes reprises l'importance de ne pas exclure socialement ceux qui commettent l'irréparable, référence à peine voilée aux deux jeunes hommes qui devront répondre de leurs actes devant la justice. Mais dans pareil tableau, est-il possible de pardonner? «Je ne peux pas me résoudre à accepter l'inacceptable», écrit la mère d'une des victimes.

L'organisatrice d'une vigile à la chandelle, mise en place pour faire revivre la mémoire des disparus, pense que le pardon est possible, mais que la route est longue pour s'y rendre.

«Ça prend du temps pour pardonner. Il faut laisser le temps faire son oeuvre. Je pense à la famille des victimes, mais j'imagine que pour la famille des deux jeunes hommes, ça doit être également très difficile. J'ai donc une pensée pour eux, car ça doit être l'enfer», observe Émilie Martel.

Vigile à la chandelle

Après la cérémonie religieuse, malgré un froid intense, une douzaine de personnes se sont déplacées vers le parc Champlain pour participer à une veille de nuit. Pour certains, quelques courtes minutes par une température ressentie de -37 degrés Celsius afin d'échanger des souvenirs maintenant inscrits à l'encre indélébile dans leur mémoire. Mme Martel, qui a occupé pendant plusieurs années les mêmes bancs d'université que l'une des victimes, tenait à souligner ce premier anniversaire par un moment d'entraide solidaire.

C'est «par amour» qu'elle a donc lancé une invitation sur les réseaux sociaux, aussitôt reprise par les médias traditionnels. Le froid aura cependant eu le dessus sur bien des bonnes volontés. «Je suis un peu déçue. C'est vrai qu'il fait froid, mais le froid ce n'est rien par rapport à ce que [mon amie] a vécu», souligne l'étudiante.

«C'est important pour moi d'être ici parce que [l'une des victimes] était ma grande amie, sinon ma meilleure amie. Elle est décédée d'une façon qu'on ne souhaite pas à personne. Ça fait un an que je cherche pourquoi ce genre d'événement arrive, mais il n'y a pas de sens. Il n'y a pas de mot pour expliquer ça. C'est un drame affreux dans une petite communauté comme Trois-Rivières, trois jeunes qui sont tués par deux autres jeunes», ajoute Mme Martel.

«J'ai un enfant de cet âge-là», renchérit Andrée, également présente à la vigile. «Je ne peux pas comprendre. C'est tellement atroce comme situation. Pourquoi des choses comme ça arrivent? Pourquoi ces deux personnes sont-elles allées jusque-là? Je ne le sais pas. Le fait que ça arrive dans notre ville, ça ne m'inquiète pas tant, mais on n'est pas sans y penser. Ça peut arriver à n'importe qui, personne n'est pas à l'abri de rien.»

C'est avec la mort de l'âme et l'émotion dans la gorge que la jeune Kelly a décidé de participer à la vigile. Celle qui a connu par le passé le jeune homme décédé se remémore leur passé commun non sans une indéfectible tristesse. «Lorsqu'on m'a confirmé l'identité des victimes, il y a un an, je me suis dit: ok, je le connais. J'ai été près de lui à l'école primaire, et même si avec le temps on s'était éloigné... Aujourd'hui je regrette d'avoir perdu contact avec lui. Les familles, ça fait un an qu'elles vivent dans la peine, alors lorsque j'ai appris qu'il y avait une vigile, j'ai pensé que je pouvais bien avoir de la peine avec elles pour une journée, par solidarité.»

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