Drame de la rue Sicard: policiers et ambulanciers en première ligne

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Les policiers et les ambulanciers ont été aux premières lignes du drame de la rue Sicard. Plusieurs ont dû recourir à de l'aide pour apprendre à apprivoiser l'horreur dont ils ont été témoins.

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Le 11 février 2014, l'agent Michel Letarte rentrait tout juste d'un long congé à la suite d'une blessure, sans se douter que l'horreur de cette journée le marquerait à jamais. Selon le porte-parole de la Sécurité publique de Trois-Rivières, cette date demeurera longtemps dans la mémoire du service de police.

Le porte-parole de la Sécurité publique de Trois-Rivières,... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste) - image 1.0

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Le porte-parole de la Sécurité publique de Trois-Rivières, l'agent Michel Letarte.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

«On se souvient tous ce qu'on faisait la journée du 11 février lorsqu'on a été appelés. Ça s'est imprégné en nous, comme le 11 septembre 2001», souligne l'agent Letarte, qui avoue être allé chercher de l'aide à la suite du drame de la rue Sicard.

De l'aide psychologique - en groupe ou individuellement - a été offerte aux policiers trifluviens. La Sécurité publique de Trois-Rivières est, selon son porte-parole, maintenant sensible aux conséquences du syndrome de stress post-traumatique.

«Nous avons tous été impliqués, de façon directe ou indirecte», avoue Michel Letarte qui affirme du même souffle que tous les policiers ont mis l'épaule à la roue pour accompagner les familles des victimes dans ces moments extrêmement difficiles.

En plus de répondre aux nombreuses questions des médias présents sur la rue Sicard, l'agent Michel Letarte était aux premières lignes pour accueillir les proches des victimes. Plusieurs d'entre eux se sont rendus directement sur place avant même de connaître la nature du drame et son ampleur.

«Les discussions qu'on a eues avec les parents des victimes étaient irréelles. On ne parlait pas de la pluie et du beau temps, on parlait des derniers instants de vie de leurs enfants. Je me vois encore en train de parler de ça. Et je me dis: mon Dieu, ça ne se peut pas qu'on soit en train de parler de ça»», se souvient l'agent Michel Letarte.

«C'est irréel. Il y a une souffrance incroyable qui se passe pendant ce moment. Même aujourd'hui, je me dis que c'est inconcevable et qu'on ne veut pas revivre ça.»

Les deux jeunes accusés dans ce triple meurtre auraient également projeté de s'attaquer aux policiers. Les premiers patrouilleurs à se rendre sur le lieu ont pris conscience plus tard, avec stupeur, qu'ils étaient visés par un macabre dessein. «Tu comprends, comme policier, l'ampleur du risque auquel tu es exposé», précise Michel Letarte en confiant qu'un collègue policier de l'ancien service de Cap-de-la-Madeleine avait quitté le métier après avoir été visé par des coups de feu lors d'un braquage. «Il n'avait pas l'aide que nous avons aujourd'hui.»

Isabelle Leclerc-Audy est ambulancière à la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie (CAM) depuis 9 ans. Elle était de la première équipe à se rendre sur la rue Sicard, ce matin du 11 février. Un an plus tard, elle apprivoise les douloureux souvenirs de cette journée.

«C'est une date qui va demeurer gravée dans ma mémoire», avoue-t-elle. «Nous sommes humains d'abord et avant tout. On ne s'attend jamais à voir un événement comme ça, surtout pas à Trois-Rivières. Plus le temps avançait, plus je me suis rendu compte que ça m'avait touchée plus que je ne le pensais. J'ai même décidé de quitter Trois-Rivières quelque temps pour mon travail. Je pensais souvent aux événements et aux familles. Et à quel point ça devait être incompréhensible pour elles.»

Du soutien psychologique a été offert aux ambulanciers, mais les services étaient moindres que chez les policiers. «Il y a des lacunes dans le milieu ambulancier et il faut que ça change. C'est triste que ça prenne des événements aussi tragiques pour qu'on s'en rende compte», estime l'ambulancière qui a aussi fait appel à de l'aide.

Le directeur des opérations à la CAM, Éric Bujold, abonde dans le même sens. Il affirme que les ambulanciers sont de plus en plus confrontés à des «drames humains» difficiles à supporter. «Nous sommes confrontés au stress post-traumatique de nos employés et nous voulons les aider du mieux possible. Il y a déjà un programme d'aide aux employés, mais il y a des lacunes. J'aimerais que ça soit davantage ouvert et personnalisé», soutient M. Bujold, qui indique que des pistes de solutions sont présentement étudiées à la CAM.

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