Triple meurtre à Trois-Rivières: l'incompréhension demeure

Il y a un an, trois jeunes Trifluviens... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Il y a un an, trois jeunes Trifluviens ont été assassinés dans une maison de la rue Sicard. Lors de l'arrivée des policiers, deux adolescents ont été arrêtés sur place. Ils ont par la suite été accusés des trois meurtres.

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(Trois-Rivières) Il y a un an, trois jeunes vies étaient enlevées à Trois-Rivières. Ce drame incommensurable laisse les proches des trois victimes - deux soeurs, âgées de 17 et 22 ans, et l'ami de coeur de la plus jeune d'entre elles, âgé de 17 ans - avec une profonde douleur. Un an après le triple meurtre de la rue Sicard, l'incompréhension demeure, tant ces événements semblent encore aujourd'hui irréels.

Peu avant 8 h, il y a un an jour pour jour, la centrale du 9-1-1 reçoit un appel de détresse demandant de se rendre à une maison de la rue Sicard, située dans le secteur Trois-Rivières-Ouest. Connaissant la nature du crime qui semblait se dessiner, les patrouilleurs ont été nombreux à s'y rendre.

À leur arrivée près de la maison, ils étaient face à face avec deux adolescents qu'ils ont aussitôt tenus en joue. Les deux jeunes suspects, alors âgés de 16 et 17 ans, ont été arrêtés puis accusés de meurtre. Ils s'étaient rendus sur place en autobus en dissimulant des armes à feu. Rappelons qu'une ordonnance de la cour nous empêche de dévoiler l'identité des victimes, comme des deux accusés, de même que les détails de la preuve.

La nouvelle de l'horreur du drame s'est répandue comme une traînée de poudre. Les camarades de classe des trois jeunes voyaient bien que leurs amis étaient absents de l'école.

L'aînée des soeurs était une figure marquante du programme d'ergothérapie de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Présidente de son association étudiante, elle est décrite comme une jeune femme passionnée qui ne laissait personne indifférent. Une rencontre privée à la mémoire de l'étudiante aura d'ailleurs lieu aujourd'hui à l'université. Cette jeune femme, âgée de 22 ans au moment de son décès, aurait complété sa maîtrise en décembre dernier.

«Le 11 février est un moment important. Tous les étudiants en ergothérapie sont conviés à cette rencontre», souligne Martine Brousseau, professeure en ergothérapie et directrice du programme à l'UQTR. «Elle était une étudiante très impliquée dans son association et les activités étudiantes. Tout en étant impliquée, elle réussissait très bien dans ses études. Elle est selon nous un modèle d'étudiant très dynamique qui sait rendre service aux autres et maintenir le cap dans ses études.»

Lors de la cérémonie de fin d'études des étudiants de la maîtrise en ergothérapie, qui a eu lieu en décembre dernier, le département a dévoilé un nouveau prix nommé en l'honneur de la jeune étudiante assassinée. Cette plaque commémorative sera remise chaque année à un étudiant qui maintient de bons résultats académiques tout en s'impliquant socialement. Pour la première année, ce prix a été remis aux parents de l'étudiante disparue.

«Nous avons eu au cours de l'année quelques événements qui nous ont permis de se rappeler de cette étudiante», précise Mme Brousseau. «C'est un hommage à ce qu'elle a pu apporter comme contribution.»

Les élèves du Collège Marie-de-l'Incarnation (CMI) seront de leur côté invités aujourd'hui à tenir une minute de silence à la mémoire de leur camarade assassinée, il y a un an. La plus jeune des soeurs fréquentait cette école de Trois-Rivières. «Une cérémonie religieuse privée aura aussi lieu dans l'intimité avec les membres du personnel et quelques invités», explique le directeur général du collège, Réjean Lemay.

Plusieurs cérémonies ont eu lieu au cours de l'année à l'UQTR ainsi qu'au CMI, dont des plantations d'arbres à la mémoire des victimes, un projet qui tenait à coeur à la plus jeune des soeurs.

Les proches et amis des trois victimes sont conviés ce dimanche à une messe anniversaire, à 17 h en la cathédrale de Trois-Rivières. Plus tard en soirée, de 18 h à 19 h 30, une vigile aux chandelles se tiendra au parc Champlain à la mémoire des trois vies fauchées ce 11 février 2014.

11 février

Peu avant 8 h, un appel de détresse est logé à la centrale du 9-1-1. Les policiers se rendent sur la rue Sicard et arrivent face à face avec deux adolescents. Les jeunes de 16 et 17 ans sont arrêtés, avant que ne soient découverts les corps des trois victimes à l'intérieur de la maison. Dans la journée, on découvre les nombreuses publications morbides sur les pages Facebook des deux accusés.

12 février

Les deux jeunes arrêtés devant le domicile de la rue Sicard où a eu lieu le triple meurtre sont formellement accusés d'homicide au premier degré et de complot pour meurtre. La mère des deux soeurs assassinées et des policiers auraient été visés par le complot.

15 février

Des centaines de personnes se rassemblent au Collège Marie-de-l'Incarnation (CMI) à l'occasion d'une cérémonie en l'honneur des trois victimes.

17 février

Près de 450 personnes se sont réunies à l'Université du Québec à Trois-Rivières lors d'une liturgie de la parole célébrée à la mémoire des victimes.

20 février

Les funérailles des trois jeunes victimes du triple meurtre sont célébrées en la cathédrale de Trois-Rivières, devant 1500 personnes.

23 juin

L'adolescent de 16 ans a plaidé coupable d'avoir assassiné les trois jeunes victimes de la rue Sicard.

15 septembre

L'adolescent de 17 ans a été cité à subir son procès pour les trois chefs de meurtre prémédité et trois autres de complot pour meurtre contre les victimes, la mère des deux soeurs qui ont été assassinées et des policiers.

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