Un spécialiste des coffres-forts en prison

Frédéric Gosselin, un spécialiste du découpage de coffres-forts, vient d'écoper... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

Agrandir

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Frédéric Gosselin, un spécialiste du découpage de coffres-forts, vient d'écoper d'une peine d'emprisonnement de 23 mois pour une série de vols perpétrés dans des commerces de la Mauricie et dans d'autres régions du Québec qui auraient rapporté près de 200 000 $.

Ce voleur en série a reconnu sa culpabilité à plus de 20 introductions par effraction. Ces vols ont été commis dans différents commerces de Trois-Rivières, de Shawinigan et de Louiseville, mais aussi de Saint-Eustache, de Boisbriand, de Drummondville, de Saint-Hyacinthe et de Lévis, d'où une enquête policière a été lancée il y a près de trois ans.

Selon la preuve soumise à la cour, la police de Lévis soupçonnait des individus de commettre des vols de coffres-forts. Elle a placé une balise de localisation sur le véhicule utilisé par les présumés voleurs en juillet 2012 et a avisé la Sécurité publique de Trois-Rivières le 20 juillet de la présence dudit véhicule à proximité d'un commerce.

Deux commerces du boulevard Jean-XXIII ont été cambriolés, mais la police trifluvienne a rapidement intercepté le véhicule en question pour y découvrir Frédéric Gosselin et son complice, Éric Smith, en possession d'argent volé et d'outils de cambriolage.

Les deux brigands utilisaient des meules pour percer les coffres-forts afin de faire main basse sur de l'argent liquide. Ils réussissaient à entrer dans les commerces en forçant la porte après avoir pris soin de neutraliser les systèmes d'alarme.

Les voleurs ne prenaient que de l'argent et laissaient très peu d'indices à la police. Celle-ci ne retrouvait jamais d'empreinte digitale sur les lieux. Les voleurs étaient gantés et cagoulés. Toutefois, des traces de semelles ont été identifiées et des images de caméras de surveillance ont été analysées. Les policiers de différentes villes ont pu recouper toutes ces informations pour comprendre que le même procédé était mis de l'avant par les voleurs.

En plus des meules et des lames utilisées pour briser les coffres-forts, les policiers ont saisi des gants et des souliers portés par les individus.

Gosselin, un homme de 44 ans demeurant à Châteauguay, a des antécédents de méfait et de tentative de vol par effraction. Me Peter Georges-Louis a plaidé mardi devant le juge Jacques Lacoursière qu'une peine de prison de deux ans moins un jour était appropriée pour son client. Me Georges-Louis se basait sur des conclusions du rapport présentenciel pour suggérer ce verdict. Le fait que son client ait respecté ses conditions de remise en liberté depuis sa comparution à l'été 2012 et qu'il ait évité la tenue d'un procès en plaidant coupable ont aussi été des arguments utilisés dans ses représentations sur sentence.

La Couronne demandait pour sa part l'imposition d'une peine d'emprisonnement de trois ans. Me Julien Beauchamp-Laliberté appuyait sa requête sur certains dossiers de jurisprudence. Le nombre de larcins, le niveau d'organisation des crimes et la valeur des dommages, soit 189 000 $ en argent liquide et 63 000 $ en dommages matériels déclarés par les plaignants, justifiaient une telle peine, selon lui.

Le juge Lacoursière a pris soin de souligner à Frédéric Gosselin que la suggestion de la poursuite était loin d'être déraisonnable. Le président du tribunal était toutefois d'avis qu'il fallait tenir compte de certains facteurs atténuants comme le fait que la dernière condamnation de Gosselin remontait à 2008. Le juge Lacoursière croyait d'autre part qu'une peine d'emprisonnement ferme s'imposait en raison de la gravité des infractions.

«Vous avez agi comme un professionnel», a dit le juge Lacoursière à Frédéric Gosselin, en dénonçant le fait que ce dernier utilise un talent certain à des fins criminelles.

Frédéric Gosselin devra respecter une période de probation de trois ans et fournir un échantillon d'ADN. Il ne pourra entrer en contact avec Éric Smith, lui qui a été condamné à six ans d'emprisonnement en raison de sa longue feuille de route en matière d'introductions par effraction et de vols.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer