La prison pour avoir tenté de passer de la drogue en prison

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Malgré ses revendications auprès du juge Bruno Langelier pour éviter une peine d'emprisonnement dans la collectivité, estimant qu'il serait trop compliqué pour elle de s'astreindre à une telle peine en raison de ses nombreux rendez-vous, Alison Langevin devra purger 75 jours d'emprisonnement dans la collectivité pour avoir tenté de faire entrer de la drogue à l'intérieur du centre de détention de Trois-Rivières.

En novembre 2013, cette citoyenne d'Asbestos est allée rendre visite à son ex-conjoint à la prison trifluvienne. Selon les informations dévoilées lundi au palais de justice de Trois-Rivières, elle a agi de cette manière pour répondre à une demande de l'individu en question.

Elle a dissimulé 2,44 grammes de résine de cannabis dans trois petits paquets emballés de pellicule plastique. En arrivant dans la salle des visites, son ex-conjoint a tenté de la soustraire du regard des agents des services correctionnels en se penchant la tête. Mais un agent a remarqué le stratagème et a vu une première petite boule tomber au sol, puis une deuxième à proximité de Langevin.

Le détenu a été escorté et Langevin a été amenée pour être fouillée. Un troisième paquet qui ressemblait beaucoup aux deux autres était dissimulé dans son soutien-gorge. Alison Langevin l'a remis aux agents.

Cette femme de 31 ans a reconnu sa culpabilité de trafic de stupéfiants et de possession de stupéfiants devant le juge Bruno Langelier. Me Louis-R. Lupien, a bien tenté d'éviter une peine d'emprisonnement à sa cliente.

Me Lupien a fait état qu'Alison Langevin avait deux jeunes enfants à sa charge, qu'elle a cessé sa consommation de stupéfiants et qu'elle est inscrite à une thérapie fermée pour justement mettre toutes les chances de son côté afin de demeurer abstinente en la matière. De plus, elle a été victime de violence de la part de cet ex-conjoint et a accepté sa demande notamment par crainte de représailles. Tout en rappelant que sa clientèle était incarcérée depuis 10 jours, il suggérait au juge d'imposer une sentence se limitant à une période de probation avec un suivi assortie de l'obligation de suivre une thérapie fermée et, au besoin, de réaliser des travaux communautaires.

Me Marie-Eve Paquet, avocate de la poursuite, a souligné le fléau que représente le trafic de stupéfiants à l'intérieur des centres de détention. Elle avait songé à demander une peine de six mois d'emprisonnement, mais devant les efforts de réhabilitation manifestés par Alison Langevin, elle estimait qu'une sentence de trois mois serait appropriée.

Elle a insisté sur la nécessité d'imposer une peine d'emprisonnement, surtout après avoir entendu l'accusée dire qu'il serait trop compliqué pour elle de subir une peine d'emprisonnement dans la collectivité.

Cette orientation annoncée par le juge Langelier a finalement été retenue par le président du tribunal. Selon lui, la Couronne avait raison de demander une peine d'emprisonnement, étant donné que le trafic de stupéfiants en milieu carcéral est une atteinte à l'intégrité de la justice.

«Il s'agit d'une quantité relativement peu importante entrée lors d'une visite dans un lieu où on doit contrecarrer tout trafic de stupéfiants. Vous voudriez choisir la peine qui vous conviendrait. Il y a des conséquences aux gestes que l'on pose», a déclaré le président du tribunal.

Alison Langevin pourra suivre sa thérapie en milieu fermé comme prévu. Elle devra se soumettre à un suivi probatoire de six mois et fournir un échantillon d'ADN.

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