Un policier de la SQ coupable d'importation de stéroïdes

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Un policier de la Sûreté du Québec a été reconnu coupable d'importation de stéroïdes anabolisants.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Un policier de la Sûreté du Québec (SQ) de la Mauricie, Denis Jalbert, a été reconnu coupable vendredi au palais de justice de Trois-Rivières par le juge Michel Babin d'importation de stéroïdes anabolisants de la Thaïlande.

En février 2013, des agents du service frontalier du Canada à Vancouver ont découvert dans deux enveloppes en provenance de la Thaïlande 1505 comprimés de stéroïdes ainsi que 45 fioles d'un dérivé de ces substances anabolisantes. Une livraison qui, selon l'expert entendu en cour, vaudrait plusieurs centaines de dollars. Ces deux enveloppes étaient destinées à Denis Jalbert et toutes les coordonnées étaient exactes.

Interpellée par les services frontaliers, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a par la suite entrepris une enquête. Les policiers ont posé un piège au suspect afin de le prendre la main dans le sac. Ceux-ci ont remplacé la majorité des comprimés de stéroïdes qui se trouvaient dans une enveloppe par des bonbons et y ont ajouté un dispositif qui tache les mains dès qu'une personne l'ouvre. Les policiers ont par la suite acheminé l'enveloppe au suspect tout en le surveillant.

Lorsque Denis Jalbert est rentré à son appartement où il vivait seul, il a ouvert l'enveloppe. Les enquêteurs ainsi qu'un témoin ont quelques instants plus tard aperçu l'homme se diriger vers un conteneur situé à l'extérieur pour y jeter un sac contenant les comprimés de stéroïdes. L'enquête a révélé également que le policier a lancé dans la neige un autre sac où se trouvait les bonbons.

Quelques minutes plus tard, les enquêteurs ont cogné à la porte du policier de la SQ. Les policiers de la GRC ont vite remarqué qu'il avait les mains tachées par la poudre de couleur. Par ailleurs, des produits nettoyants avaient été utilisés, en vain, par Denis Jalbert pour faire partir les taches. Selon la preuve présentée devant le tribunal, Denis Jalbert a alors demandé aux policiers venus l'appréhender: «c'est quoi ça?».

Les enquêteurs ont découvert dans l'appartement du policier de la SQ suspecté d'autres produits associés aux stéroïdes. L'homme désirait ainsi augmenter sa masse musculaire.

Le juge Michel Babin a déterminé que l'accusé, étant lui-même policier, avait compris qu'on venait de le piéger. C'est pourquoi il a tenté de se débarrasser de l'enveloppe et son contenu lorsqu'il a constaté qu'il s'agissait d'une stratégie policière. Le fait qu'il ait jeté les bonbons ailleurs que dans le conteneur, dans la neige sur le terrain voisin, indique, selon le juge, qu'il voulait effacer les traces.

Le juge est également d'avis qu'un homme normal, qui n'avait rien à se reprocher, n'aurait pas agi ainsi.

Le tribunal a de plus déterminé que le policier de la SQ a fait des déclarations incriminantes lors de son interrogatoire.

Par ailleurs, un expert entendu en cour a expliqué, selon le juge, que les consommateurs de stéroïdes peuvent être tentés d'importer cette substance de l'étranger. Les stéroïdes vendus sur le marché noir seraient plus dangereux que ceux importés.

Denis Jalbert a été suspendu avec solde par la SQ le temps des procédures, comme le prévoit la convention collective. À la lumière du jugement de vendredi, son cas sera réévalué par les autorités du corps policier provincial.

Cette cause doit revenir devant le tribunal le 15 juin prochain pour les représentations sur sentence.

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