Coupable d'agression sexuelle, Lambert «pardonne» à sa victime

Yves Lambert connaîtra sa sentence le 19 février.... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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Yves Lambert connaîtra sa sentence le 19 février.

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le juge Pierre-L. Rousseau annoncera le 19 février la peine que devra purger Yves Lambert, ce Shawiniganais trouvé coupable d'agression sexuelle sur une mineure dans les années 1980 qui a profité des représentations sur sentence pour offrir son pardon... à la victime.

Cette étape du processus judiciaire s'est déroulée jeudi au palais de justice de Shawinigan. Me Alain Blanchard, procureur de Lambert, a appelé à la barre Roch Bouchard, un sexologue qui a réalisé un profil psychosexuel de l'homme de 58 ans.

M. Bouchard a précisé au juge Rousseau que l'homme a un côté narcissique, une propension à parler beaucoup pour prendre le contrôle d'une situation et à se victimiser, mais il a une faible libido. Il ne peut être qualifié de pédophile et le risque de récidive lui apparaît mince. Il estime que pour Yves Lambert, la relation qui l'unissait avec cette enfant était une histoire d'amour même s'il était âgé fin vingtaine, début trentaine, et elle, entre 11 et 15 ans.

Me Blanchard a aussi appelé Yves Lambert. L'homme a rappelé que sa relation avec la victime était à l'origine celle d'un grand frère et d'une fillette. Il a dit être affecté par les préjudices causés à la victime. Il a réfuté cependant ses dires selon lesquelles il aurait manipulé la jeune fille. Il a répété qu'il l'aimait.

Il a aussi raconté avoir pardonné à sa victime pour le fait qu'elle recherche, dans ses autres relations intimes, le même genre de relation qu'elle a entretenu avec lui, un genre de relation tellement fort que cela arrive rarement dans une vie.

Cette déclaration a fait sourciller autant Me Annie Vanasse, procureure de la poursuite, que le juge Rousseau. Ce dernier a d'ailleurs demandé à Yves Lambert en quoi cette situation le touchait. Selon Lambert, si la victime était capable de faire abstraction du type de relation qui a existé entre lui et elle et des séquelles qu'elle a subies, la vie lui serait plus facile.

Me Vanasse a appuyé sur ce fait lors de sa représentation sur sentence. Elle a indiqué au juge qu'il avait été assez étonnant d'entendre un tel commentaire de la part d'Yves Lambert. Le fait qu'il n'éprouve pas de remords joue contre lui, au même titre qu'il minimise les faits et qu'il se place en victime.

L'avocate a rappelé que les baisers et les caresses aux seins, aux fesses et à la vulve de la victime sont survenus plusieurs fois par semaine sur quelques années. Me Vanasse a insisté sur le contexte de manipulation qui prévalait entre Lambert et sa victime qui le considérait comme un mentor. Elle a défilé les séquelles vécues par la victime à la suite de ces gestes répétés. Selon la procureure de la poursuite, une peine d'emprisonnement de 18 mois devrait être imposée à Yves Lambert.

Me Blanchard a affirmé au juge Rousseau qu'il ne veut en aucun temps amenuiser le comportement de son client, mais il a souligné que les premiers gestes ont été principalement des embrassades et des caresses effectuées par-dessus les vêtements. Les gestes plus directs sont survenus lorsque la victime avait 13, 14 ans. Il a rappelé qu'aucune pénétration n'a eu lieu, ni de cunnilingus ou de fellation. Selon lui, les gestes pour lesquels Yves Lambert a été trouvé coupable sont au bas du spectre des crimes sexuels.

L'avocat de Lambert a avoué volontiers au président du tribunal que son client avait la responsabilité de fixer les limites, car il était l'adulte dans cette relation.

D'autre part, Lambert ne présente pas le profil d'un pédophile. Proposant que son client suive une thérapie sur la gestion et le traitement de la délinquance sexuelle, Me Blanchard croit que l'imposition d'une peine comprenant un certain nombre d'heures de travaux communautaires et une probation de trois ans serait justifiée.

martin.lafreniere@lenouvelliste.qc.ca

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