Sentence de Claude Dubois: Lise Lebel «trouve ça aberrant»

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Lise Lebel trouve que la sentence imposée au chanteur Claude Dubois est trop clémente.

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(Trois-Rivières) La mère de Katherine Beaulieu et créatrice de la fondation du même nom, Lise Lebel, n'accepte pas la sentence imposée à Claude Dubois. Elle qualifie même d'«aberrante» la décision du Tribunal de ne pas considérer les antécédents en matière d'alcool au volant du chanteur, condamné cette fois à une simple amende de 3000$.

«Le juge n'a pas pris en considération que c'est un récidiviste», dénonce la mère de Katherine Beaulieu, cette jeune femme décédée dans un accident de la route en 2011 après qu'une automobiliste ivre soit entrée à contre sens sur l'autoroute 55. «Je trouve ça aberrant. Son dossier a été traité au même titre que s'il s'agissait de sa première offense.»

La fondatrice de la Fondation Katherine Beaulieu déplore de plus que le juge ne semble pas avoir considéré comme facteur aggravant le fait que le chanteur était avec ses enfants lorsqu'il a été arrêté pour conduite avec les facultés affaiblies. «C'est assez particulier. Il n'en a pas pris compte dans sa sentence», affirme-t-elle.

«Claude Dubois a été condamné tout simplement à payer une amende de 3000 $ et devra passer une année sans son permis de conduire. Il ne fera pas d'emprisonnement, ni de travaux communautaires. Il ne fera rien du tout.» «très mauvais message» Des associations qui luttent contre l'alcool au volant et des experts en droit ne s'expliquent pas pourquoi le chanteur Claude Dubois a pu éviter la prison alors que la défense et la Couronne s'étaient pourtant entendues sur une peine de 90 jours pour conduite avec les facultés affaiblies.

«Encore une fois, on envoie un très mauvais message, on dit que conduire avec les facultés affaiblies, ce n'est pas très grave. M. Dubois en est quand même à sa troisième condamnation», souligne Marie-Claude Morin, de l'association des Mères contre l'alcool au volant (MADD). M. Dubois avait jusqu'à 154 mg d'alcool dans son sang lors de son arrestation, en juillet dernier.

Mme Morin critique également le fait que le Code criminel ne prévoit pas d'accusations supplémentaires pour les conducteurs dont les enfants se trouvaient à bord du véhicule, comme c'était le cas pour M. Dubois.

Luc Simard, avocat criminaliste chez Cormier Simard, est surpris de son côté que le juge Gilles Garneau ait refusé l'entente entre la Couronne et la défense, car il jugeait les 90 jours de prison et la suspension de trois ans du permis de conduire trop sévères.

M. Dubois a plutôt reçu une amende de 3000 $ et une suspension d'un an.

«Normalement, les tribunaux d'appel ont toujours dit que le juge doit accepter les ententes des procureurs, sauf si elles sont manifestement non indiquées», explique Me Simard. Le juge a même blagué en affirmant au sujet de la sévérité de l'entente: «Y a quelqu'un qui n'aime pas vos chansons!»

Avec La Presse

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