Il y a dix ans... le désastre à Pointe-du-Lac

C'est une véritable vision d'apocalypse qui attendait les résidents de... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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(Trois-Rivières) C'est une véritable vision d'apocalypse qui attendait les résidents de Pointe-du-Lac, dans la nuit du 14 janvier 2005. Il y a dix ans jour pour jour, une série d'explosions et d'incendies majeurs rasait le coeur du village, faisant un mort et sept blessés, et laissant d'innombrables ruines et de mauvais souvenirs qui peinent encore à s'effacer dans l'esprit de ceux qui l'ont vécu.

En tout, ce sont sept immeubles qui auront été rasés par cette série d'explosions, soit la pizzeria Le Grand Constant, la boulangerie Guay et un dépanneur, en plus d'une maison et de trois immeubles à logements. Dix ans plus tard, la pizzeria a repris du service, la boulangerie a été complètement rebâtie et des immeubles ont de nouveau poussé sur les terrains où, cette nuit-là, on ne constatait qu'horreur et désolation.

Pour le maire Yves Lévesque, l'événement demeure encore à ce jour la plus grosse crise qu'il ait eu à gérer depuis qu'il est à la tête de la ville.

«On a eu de gros incendies dans les quinze dernières années, et des pertes de vies humaines aussi. Mais l'ampleur de cet événement, avec les explosions et surtout quand on évalue le nombre de vies qui auraient pu être perdues si l'intervention n'avait pas été aussi rapide, ça a vraiment été la pire crise qu'on a eu à gérer», croit Yves Lévesque.

Ce dernier se souvient qu'il accompagnait son fils à Chicoutimi lors d'un tournoi de hockey lorsqu'il a reçu l'appel, au beau milieu de la nuit, lui indiquant ce qui se produisait dans le secteur Pointe-du-Lac.

«J'ai laissé la famille là-bas et je suis revenu très rapidement. Tout au long du trajet, j'étais en contact avec les gens ici qui me faisaient le portrait de la situation de minute en minute. Au début, je m'étais mis en tête le pire scénario possible. Quand on se fait raconter ça, ou qu'on le lit dans les journaux, on se dit toujours que c'est un peu exagéré. Mais dans ce cas-ci, il n'y avait rien d'exagéré, c'était vraiment épouvantable», se souvient-il.

Malgré l'ampleur du désastre, la Ville n'a jamais cessé de souligner l'excellent travail de ses pompiers lors de cette nuit d'horreur.

«On peut encore aujourd'hui souligner le courage de ceux qui sont intervenus en premier. Leur travail a certainement limité les dommages et réduit le nombre de pertes de vies humaines. Les pompiers ont agi avec rapidité et efficacité et ont été en contrôle tout le long de l'intervention», rappelle Yvan Toutant, porte-parole de la Ville. Ajoutons que deux employés d'Hydro-Québec, Jean-Paul Pépin et Pierre Vermette, ont aussi reçu la médaille du civisme en 2008, eux qui étaient sur les lieux lors du début de l'incendie et qui ont tiré de leur sommeil plusieurs résidents.

Une enquête publique et des poursuites civiles ont été entreprises à la suite de la tragédie. En effet, plusieurs des blessés ainsi que la famille de la seule victime de cet incendie, Pauline Chouinard, ont intenté un recours civil de 5,8 M$ contre la Ville de Trois-Rivières, Hydro-Québec et Gaz Métro. Une entente était survenue en février 2008 pour verser des indemnisations de 1 550 700 $ aux demandeurs. Au final, la Ville aura hérité de 20 % de la facture, et la balance aura été payée par Hydro-Québec et Gaz Métro.

Trois-Rivières n'a toutefois jamais voulu reconnaître qu'elle avait eu quoi que ce soit à se reprocher dans cette histoire, et estime avoir accepté le règlement pour permettre aux victimes de passer à autre chose.

«Ça ne voulait pas dire qu'on avait une part de responsabilité, mais c'est venu mettre un baume et ça a peut-être contribué à fermer cette plaie pour ceux qui ont vécu le drame», croit Yves Lévesque.

D'ailleurs, le coroner Cyrille Delâge, dans son rapport produit à la suite de l'enquête publique sur ce drame, n'a adressé aucun blâme à la Ville, pas plus qu'à Hydro-Québec ou Gaz Métro, même s'il a demandé l'adoption de mesures visant à accroître la sécurité de la population.

L'enquête aura permis de démontrer qu'une défectuosité électrique sur un poteau de la rue Notre-Dame a causé la fuite de gaz et l'incendie de la pizzeria, avant que le gaz ne se propage à travers les fondations des immeubles et par les tuyaux d'égouts sanitaires. Une étincelle aura finalement causé la série d'explosions causant tous les dommages.

14 janvier 2005

2 h 30 AM

Défectuosité électrique dans un poteau qui déclenchera une série d'incidents menant à l'immense brasier

6 h 56 AM

Incendie maîtrisé, mais pas éteint. Les ruines fumeront encore plus de 24 heures plus tard.

1

Nombre de victimes

7

Nombre de blessés et de grands brûlés dans cet incendie

1 550 700 $

Montant du règlement à l'amiable survenu entre certaines victimes, la Ville, Hydro-Québec et Gaz Métro.

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