Martin Gélinas menacé de congédiement par l'UQTR

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Martin Gélinas affirme avoir été victime de harcèlement psychologique.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le conseil d'administration de l'Université du Québec à Trois-Rivières se réunira à huis clos, mercredi, pour discuter du cas de son ancien vice-recteur aux ressources humaines, Martin Gélinas, et de mesures disciplinaires qui pourraient lui être imposées, incluant le congédiement.

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Les procureurs de Martin Gélinas, Me Félix-Antoine Michaud (à gauche) et Me Giuseppe Sciortino.

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Gilles Charland (à gauche) en compagnie de l'actuel vice-recteur aux ressources humaines, Olivier Malo.

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Le procureur de Martin Gélinas, Me Giuseppe Sciortino, a déclaré, mardi, que si le conseil d'administration de l'UQTR congédie M. Gélinas, l'Université fera l'objet de poursuites judiciaires, de même que chacune des personnes qui auront pris cette décision «ou qui ont une responsabilité», précise-t-il. Me Sciortino invoquera alors «que c'est un congédiement illégal ou une mesure disciplinaire illégale.»

«Je ne sais pas pourquoi ils font ça», a-t-il dit mardi.

L'actuel vice-recteur aux ressources humaines, Olivier Malo, estime que le fait d'évoquer d'éventuelles poursuites judiciaires n'est qu'une forme de stratégie de la part du procureur de Martin Gélinas.

«La déstabilisation par la menace et l'intimidation est une stratégie connue et vielle comme le monde. Il est quand même étonnant de voir de telles déclarations avant la tenue du CA de demain. Enfin, cette façon de faire n'empêchera pas les membres du conseil d'administration de se réunir et de prendre les décisions qui s'imposent et qu'ils jugent appropriées et nécessaires, et ce, en toute connaissance de cause», a-t-il indiqué mardi soir.

Ce geste du conseil d'administration arrive en effet à un bien curieux moment. M. Gélinas, rappelons-le, a déposé une plainte devant la Commission des relations du travail pour harcèlement psychologique et incivilité contre la rectrice, Nadia Ghazzali, l'ancien vice-recteur par intérim, Gilles Charland et l'ancienne directrice des communications, Guylaine Beaudoin, qui devaient tous trois témoigner,mardi et mercredi, devant la commissaire Lyne Thériault.

Selon Olivier Malo, «au niveau des dates, ç'a été convenu avec les membres du conseil; la CRT ç'a été convenu sur une autre tribune. Ce sont des discussions qui se font en parallèle», assure-t-il.

Les avocats de l'UQTR ont négocié toute la journée, mardi, avec ceux de M. Gélinas alors que la date des audiences de la CRT était connue depuis des mois.

La commissaire, Lyne Thériault, a donc marché toute la journée de long en large dans les couloirs du Musée québécois de culture populaire, où se tenaient les audiences, en attendant que les procureurs en arrivent à une entente.

Vers 17 h, on a appris que les procureurs des deux parties allaient poursuivre ailleurs leurs discussions en soirée. En théorie, les audiences de la CRT, dans cette affaire, pourraient commencer mercredi matin, à moins d'une entente de dernière minute.

Rappelons que M. Gélinas avait été suspendu avec solde. En juillet 2014, il a été reconnu coupable de harcèlement criminel envers l'ex-directrice des communications, Guylaine Beaudoin, tout en bénéficiant d'une absolution conditionnelle d'une année et d'une absolution complète après une année.

C'est dans ce contexte que M. Gélinas dit avoir subi des actes de harcèlement et d'incivilité de la part de la rectrice, de Mme Beaudoin et de M. Charland.

Gilles Charland représentait d'ailleurs l'UQTR, mardi, même s'il est accusé dans cette affaire. Ce dernier, ne trouve pas la chose anormale. «Ça fait partie des règles de l'Université, comme dans toute autre institution, quand tu es un salarié ou un employé d'une institution, d'agir en même temps pour représenter l'Université dans le dossier en cours ou dans d'autres dossiers et en même temps d'être témoin», affirme-t-il.

«N'oubliez pas, la présomption d'innocence existe et à partir de ce moment-là, il n'y a pas de souci. C'est dans les règles du jeu», dit-il.

Gilles Charland a d'ailleurs profité de la présence des médias, mardi, pour faire la déclaration suivante: «Je nie formellement toute forme de harcèlement de quelque nature que ce soit à quelque moment que ce soit dans les nombreuses discussions que j'ai eues dans le cadre de mes fonctions à l'Université.»

Toutefois, Martin Gélinas entend faire entendre devant la CRT un témoin qui, au cours d'une discussion avec M. Charland, a entendu ce dernier indiquer qu'il avait «le mandat d'agir et que Martin (Gélinas) serait un gars fini» et qu'il allait le «détruire».

Notons que la CRT n'entend que 5 % des plaintes qui lui sont transmises.

L'actuel vice-recteur aux ressources humaines de l'UQTR, Olivier Malo, a indiqué que la journée de mardi a été «une journée de négociations entre les parties pour essayer de trouver une résolution aux litiges qui sont en cours.»

M. Malo a précisé que l'UQTR «vit bien avec la possibilité d'une entente» avec M. Gélinas en faisant allusion à un règlement monétaire. Pareille entente pourrait mettre fin, toutefois, aux audiences de la CRT. Il ne serait donc plus possible d'avoir le fin mot concernant les présumés agissements de la haute direction de l'UQTR. Toutefois, M. Gélinas a déjà dépensé quelques centaines de milliers de dollars pour assurer sa défense contre l'Université tandis que l'Université a confirmé, hier, qu'elle paiera les frais d'avocats des trois personnes accusées de harcèlement psychologique.

Rappelons que l'ancienne directrice des communications, Guylaine Beaudoin, qui n'avaient pas encore sa permanence au sein de l'organisation, a reçu 180 000 $ de la part de l'UQTR lors de son congédiement.

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