Opération policière qui a mal tourné: un homme accusé d'utilisation négligente d'une arme à feu

Thao Neth... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Thao Neth

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Shawinigan) Thao Neth, ce Vietnamien qui aurait été atteint par un projectile tiré par le Groupe tactique d'intervention de la Sûreté du Québec en septembre 2013, devra répondre de ses gestes devant la justice pour des crimes en lien avec l'utilisation d'armes à feu.

Lundi matin, dans le cadre de sa comparution formelle, ce résident de Saint-Mathieu-du-Parc a en effet été accusé d'avoir déchargé intentionnellement son arme à feu sans se soucier de la vie ou de la sécurité d'autrui, d'avoir eu en sa possession un fusil de calibre .12 et une carabine de calibre .22 dans un dessein dangereux et enfin, d'avoir utilisé son fusil de façon négligente.

Par contre, M. Neth était absent lundi, étant plutôt représenté par son avocat Me René Duval en vertu d'une désignation. Ce dernier a cependant obtenu de la Cour que certaines conditions à la remise en liberté de son client soient levées dont celles de ne pas quitter le pays et de remettre son passeport. Ce précieux document pourra donc lui être remis pour la durée des procédures judiciaires.

Me Duval a par la suite demandé à ce que la cause soit reportée au 27 mars pour la forme.

Rappelons que le 13 septembre 2013, Thao Neth s'était fait tiré dessus dans le cadre d'une opération contre la drogue menée dans le secteur. M. Neth était lui-même armé à ce moment-là puisque selon ses dires, il chassait la perdrix. Il prétend que cette affaire constitue une énorme bavure policière.

Il avait entendu un premier coup de feu puis un deuxième, qui l'avait atteint à l'épaule. D'autres coups de feu avaient ensuite été tirés avant que quelqu'un ne crie «Police.» Un homme portant des vêtements de camouflage serait ensuite arrivé et l'aurait immobilisé en pressant ses genoux sur lui, au point de lui casser trois côtes. Toujours selon sa version, il aurait ensuite été menotté dans le dos et embarqué dans un hélicoptère pour être emmené au CHRTR.

Il avait notamment dû subir des greffes des nerfs et des os. Aujourd'hui, la mobilité de son épaule est réduite et il doit composer avec des douleurs constantes.

Il jure qu'il n'a rien fait de mal et qu'il n'y avait aucun cannabis sur ses terres. D'ailleurs, rien d'illégal n'a été retrouvé par les policiers.

Quant aux policiers qui lui auraient tiré dessus, ils ne feront l'objet d'aucune accusation. C'est la police de Québec qui avait mené une enquête sur leur conduite. Un procureur de la Couronne avait par la suite conclu qu'il n'y avait pas matière à les accuser.

Par contre, des accusations contre Thao Neth en lien avec les armes à feu ont été autorisées en décembre dernier.

Notons en terminant que M. Neth a par ailleurs mandaté Me René Duval pour entreprendre un éventuel recours civil contre les policiers et la Sûreté du Québec. À ce jour, aucune poursuite n'a encore été déposée puisque des expertises médicales sur l'état de santé de M. Neth sont toujours en cours.

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