Un portier coupable de voies de fait

Un ancien portier du bar Le Temple, Patrick Bellavance, a été reconnu coupable... (Photo: Émilie O'Connor)

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Un ancien portier du bar Le Temple, Patrick Bellavance, a été reconnu coupable de voies de fait causant des lésions corporelles pour avoir expulsé violemment un client de l'établissement

Dans la décision qu'il a rendue mercredi, le juge Jacques Trudel a en effet conclu que même si un portier a l'autorité nécessaire pour empêcher un client d'entrer dans un bar ou carrément l'expulser, encore doit-il utiliser une force raisonnable.

Or, en vertu de la preuve déposée au procès et des témoignages entendus, le tribunal estime que Bellavance a usé d'une force excessive en infligeant à la victime plusieurs coups de poing au visage au point de lui casser le nez et l'orbite.

Les événements reprochés à l'individu sont survenus le 6 septembre 2010. Un client s'est pointé au bar Le Temple mais s'y est vu refuser l'accès par Patrick Bellavance. En dépit de ses avertissements, il a tout de même tenté d'entrer et a payé son droit d'accès. C'est à ce moment que le prévenu a empoigné le client par le collet, non sans avoir demandé à sa collègue de le rembourser. Le plaignant aurait opposé une certaine résistance pour se défaire de l'emprise du portier et lui aurait même donné un coup de poing, bien que la preuve ne soit pas claire à ce sujet.

Jusque là, le juge soutient que le portier avait le pouvoir d'intervenir bien que les motifs qui l'aient poussé à expulser le plaignant soient obliques. En effet, l'objectif poursuivi par Bellavance n'était pas de protéger les biens du bar ou la clientèle puisque le client n'était pas dérangeant. En fait, il voulait l'empêcher d'entrer tout simplement en raison d'un conflit civil que ce client avait avec une amie personnelle du portier.

Sur ce point, le juge a d'ailleurs qualifié d'obscur ce motif. Selon lui, Bellavance a plutôt agi par caprice, commettant un abus d'autorité par antipathie personnelle et par rancune en lien avec un événement antérieur qui n'avait rien à voir avec le bar. Il n'en demeure pas moins qu'à ce stade de l'altercation, il subsistait un doute à l'effet qu'il avait agi de façon raisonnable.

Par contre, la suite des événements a pris une autre tournure. Des témoins indépendants ont relaté qu'il avait projeté le client avec une telle force que celui-ci s'était retrouvé étendu sur le dos sur la terrasse. Il lui a ensuite infligé plusieurs coups de poing au visage au point de l'assommer. Des clients ont même tenté de retenir le portier mais en vain.

Quant à la victime, elle n'a jamais été capable de se défendre devant cet assaut, étant plutôt décrite comme un pantin par les témoins de la scène. Il faut dire que Bellavance est un boxeur, pratique des arts martiaux et comptait 20 années d'expérience comme portier.

Qui plus est, le juge a noté que le portier avait lui-même avoué lors du procès que le plaignant n'était pas une force de la nature. Dans son esprit, Bellavance a agi de la sorte pour démontrer son autorité et son contrôle. Il ne le croit pas lorsqu'il prétend que le plaignant lui aurait infligé des coups de talon et qu'il l'a sorti du bar parce qu'il le considérait comme un arrogant et un voleur qui aurait pu s'emparer de bouteilles d'alcool.

Il l'a donc déclaré coupable des voies de fait causant des lésions corporelles. Les plaidoiries sur sentence auront lieu le 5 février. C'est Me Catherine Lemay qui devrait agir pour la Couronne et Me Michel Lebrun à la défense.

Bellavance a déjà bénéficié dans le passé d'une absolution conditionnelle pour des gestes similaires commis en mai 2012.

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