Pornographie juvénile: des enfants et des animaux

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Yohann Vallée connaîtra sa sentence ce matin en lien avec la possession de pornographie juvénile mettant en scène des enfants en bas âge.

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est vendredi matin que Yohann Vallée de Trois-Rivières connaîtra sa sentence en lien avec la possession de pornographie juvénile mettant en scène des enfants en bas âge.

L'homme de 42 ans avait été arrêté le 17 octobre 2012 dans le cadre du projet Infidèle, piloté par la GRC, en collaboration avec l'Équipe d'enquête sur l'exploitation sexuelle des enfants de la Sûreté du Québec. Il avait alors été accusé de possession, production et distribution de pornographie juvénile, d'avoir accédé à ce matériel et d'entreposage illégal d'une arme à feu.

Le 19 juin dernier, il avait plaidé coupable aux cinq chefs et des rapports présentenciel et sexologique avaient été demandés. Hier, le prévenu était donc de retour en cour dans le cadre des plaidoiries sur sentence. D'entrée de jeu, la procureure de la Couronne,

Me Catherine Lemay, a appelé à la barre l'enquêteure Isabelle Giroux de la GRC. Cette dernière a raconté que Yohann Vallée avait été repéré par l'équipe de cybersurveillance de la SQ peu de temps avant son arrestation. Une certaine quantités de fichiers de pornographie juvénile était alors disponible dans la bibliothèque de son ordinateur, dont six que la police avait été en mesure de télécharger.

Dès lors, un mandat de perquisition avait été émis et Vallée avait été arrêté le 17 octobre au matin à son domicile. Du matériel informatique avait été saisi: une tour d'ordinateur, un disque dur, des DVD, une caméra et des armes à feu dont une qui était mal entreposée.

L'extraction des données avait ensuite permis de retrouver 54 fichiers de pornographie juvénile. Selon Mme Giroux, ces vidéos et images mettaient surtout en scène des enfants âgés entre six mois et 10-12 ans environ qui se livraient à des actes sexuels avec d'autres enfants ou avec des adultes. Les gestes allaient jusqu'à la relation sexuelle complète. Certains fichiers impliquaient même des enfants et des animaux.  

Les forces de l'ordre avaient aussi mis la main sur 1058 autres fichiers classés pertinents mais non à teneur pornographique juvénile. On y retrouvait aussi des scènes de bestialité mais avec des adultes.

Yohann Vallée a ensuite témoigné pour relater tous les impacts que son arrestation avait eus dans sa vie, tant sur le plan personnel, social que professionnel. Il a notamment perdu son emploi, souffert d'une dépression et vécu l'opprobre sociale. Il soutient aujourd'hui éprouver de la honte et de la répulsion face à ces fichiers. Il est d'ailleurs suivi par un psychologue depuis son arrestation mais sans nécessairement être soigné pour ses déviances sexuelles.

La Couronne demande une peine de 12 mois de prison ferme. Me Lemay a rappelé que cette affaire présentait plusieurs facteurs aggravants, tels que la teneur du matériel saisi et la durée des délits. Vallée a en effet avoué consommer de la porno juvénile depuis 2005. Qui plus est, elle a noté que lors de son témoignage, le prévenu avait eu tendance à justifier ses gestes délictuels par le stress et l'alcool. Enfin, elle soutient que le risque de récidive n'est pas totalement écarté.

Me Maurice Biron, l'avocat de la défense, a plutôt suggéré la peine minimale en semblable matière, soit trois mois de prison qui pourraient être purgés de façon discontinue. Il estime en effet que son client n'a jamais payé pour avoir ces fichiers et qu'il avait même pris soin de verrouiller les quelque DVD contenant du matériel de pornographie juvénile. Sur ce point, il a aussi mentionné que l'accusation de production devrait être considérée à sa juste mesure puisqu'il était uniquement question de copies personnelles que Yohann Vallée avait faites sur des DVD.

D'ailleurs, la quantité de matériel saisi a aussi fait partie de sa plaidoirie. Il a insisté sur le fait que 54 fichiers de pornographie juvénile n'étaient rien comparativement aux milliers de fichiers qui étaient régulièrement retrouvés chez une seule et même personne. Enfin, il a indiqué que son client était prêt à suivre une thérapie spécifique et que le risque de récidive était peu probable dans les circonstances actuelles.

Le juge Jacques Lacoursière a pris la cause en délibéré. Il rendra sa sentence vendredi matin.

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