Éric Lafrance condamné à six mois de prison ferme

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Éric Lafrance devra purger six mois de prison ferme pour s'être livré à des voies de fait et des menaces sur une femme pendant une dizaine d'années.

L'un des principaux facteurs aggravants dans cette affaire est que les délits ont été commis dans un contexte de violence conjugale. Sur ce point, le juge Jacques Lacoursière a été clair: les facteurs de dénonciation et de dissuasion doivent s'appliquer. Il a donc rejeté la demande de l'avocat de la défense, Me Bertrand Jacob, d'imposer une sentence suspendue ou de la purger dans la collectivité.

Il a plutôt opté pour la suggestion de la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, qui réclamait six mois de prison. Selon le tribunal, les facteurs atténuants ne font pas le poids dans cette cause en comparaison des facteurs aggravants.

Entre janvier 2001 et novembre 2011, Lafrance, 39 ans, a malmené sa conjointe de l'époque à quelques reprises. Il lui a entre autres infligé une blessure au visage en la poussant ou en la giflant lors d'une dispute. Il l'a accotée sur un mur au point d'endommager le gyproc, il lui a cogné la tête sur la vitre d'une voiture et l'a prise à la gorge. Il a également proféré des menaces, tout particulièrement après leur rupture.

Mardi, la victime a témoigné que ces événements avaient créé chez elle beaucoup de peur et d'anxiété et ce, même si elle n'avait pas eu besoin d'être hospitalisée. Elle dit avoir porté plainte pour se protéger et protéger ses enfants.

Appelé à témoigner à son tour avant le prononcé de la sentence, Lafrance a pour sa part cherché à minimiser ses gestes. Il a certes admis l'avoir serrée et poussée mais il ne l'a jamais battue. Il a insisté sur le fait que les chicanes étaient reliées à l'argent car elle en voulait toujours plus selon lui. Il a aussi cherché à miner sa crédibilité.

Or, ses propos ont visiblement déplu au juge qui lui a reproché son peu de responsabilisation et le fait qu'il cherchait à se dépeindre comme une victime en oubliant les dommages collatéraux causés à sa famille.

Certes, le tribunal reconnaît que le prévenu a eu une enfance difficile. Il aussi tenu compte du fait qu'il avait toujours été un actif pour la société et que cette peine de prison risquait de lui faire perdre son emploi.

Par contre, ses antécédents en semblable matière qui remontent en 1999 ont largement joué en sa défaveur. Lafrance a déjà écopé dans le passé d'une sentence suspendue et d'une peine dans la collectivité pour des gestes de violence.

Sur ce point, le juge estime qu'il aurait dû s'investir à fond dans une thérapie pour mettre un terme à sa problématique de colère. Les quelques rencontres chez Accord Mauricie qu'il a eues au fil du temps, combinées à son désir récent d'entreprendre une thérapie complète à cet organisme, constituent pour lui du «trop peu trop tard.»

Qui plus est, son rapport prépénal est défavorable puisqu'on estime que les risques de récidive sont toujours présents.

Pour toutes ces raisons, le juge l'a condamné à six mois de prison ferme et à une probation de deux ans avec suivi.

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