Enquête préliminaire de Marc Isabelle: une deuxième présumée victime témoigne

Marc Isabelle est accusé de crimes à caractère... (Émilie O'Connor)

Agrandir

Marc Isabelle est accusé de crimes à caractère sexuel.

Émilie O'Connor

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La deuxième présumée victime de Marc Isabelle, ce musicien bien connu de la région accusé de crimes à caractère sexuel, soutient avoir été abusée pendant plusieurs années, et ce, de plusieurs façons possibles.

Dans le cadre de l'enquête préliminaire du prévenu qui s'est poursuivie dimanche, la jeune femme, aujourd'hui âgée de 27 ans, a en effet raconté au tribunal avec beaucoup de détails les gestes qu'il aurait perpétré à son encontre entre l'âge de 3 et 23 ans. 

Dès que Marc Isabelle avait l'occasion d'être en sa présence, il l'aurait forcée à le caresser, le masturber et à lui faire des fellations. À plusieurs reprises aussi, il aurait eu des relations sexuelles complètes avec elle, tant vaginales qu'anales. En fait, le témoignage de la plaignante laisse croire qu'il en avait fait son objet sexuel. 

Elle a d'ailleurs donné beaucoup de détails sur les endroits où les crimes avaient été commis, les positions dans lesquels ils se trouvaient, les situations dans lesquelles ils survenaient. Elle a aussi parlé des odeurs qui l'avaient marquée. Les abus auraient quelquefois été accompagnés de menaces ou de violence physique pour assurer son silence.

Ce n'est qu'à l'âge de 23 ans, à la suite d'une chicane avec le prévenu, qu'elle a décidé d'en parler et de porter plainte aux policiers, ce qu'elle a fait en compagnie de l'autre présumée victime qu'elle connaissait.

On sait que dans cette cause, l'avocat de la défense, Me Yvan Braun, tente de faire ressortir la thèse d'un complot ourdi par les deux plaignantes contre Marc Isabelle. À la toute fin de l'interrogatoire mené par la procureure de la Couronne, Me Vicky Belleville, le juge Guy Lambert a d'ailleurs demandé à la plaignante si elle avait parlé des gestes sexuels avec l'autre victime.

Tout comme cette dernière auparavant, elle a répondu oui tout en précisant qu'elles ne s'étaient pas nécessairement raconté tous les détails. Toutefois, leurs réponses ont été divergentes quant à la réaction de l'autre victime en apprenant les viols qu'elle aurait subis. 

Auparavant dans la journée, on avait pu entendre la suite du contre-interrogatoire de l'autre présumée victime. Rappelons qu'elle avait commencé à témoigner le 9 octobre dernier dans le cadre de cette enquête préliminaire.

Elle disait que Marc Isabelle s'était livré à des abus sexuels entre l'âge de 4 et 18 ans. Dans son cas, ce sont surtout des attouchements, des masturbations et des «presque» fellations pour reprendre son expression. Ce dernier aurait aussi inséré ses doigts dans ses parties génitales. Elle a aussi prétendu avoir été victime de violence psychologique et physique.

Lors du contre-interrogatoire vendredi, Me Braun s'est de nouveau attaqué à sa crédibilité en essayant de faire ressortir des contradictions entre ses propos et des déclarations antérieures. Il a notamment été question d'un rapport psychiatrique réalisé à la demande de la Couronne en 2012 sur ses souvenirs retrouvés.

La jeune femme a en effet indiqué, vendredi, avoir oublié les agressions dont elle avait été victime. Sa mémoire aurait été refoulée jusqu'à ce qu'elle tombe enceinte, plus précisément à la fin de sa grossesse en août-septembre 2011, alors qu'elle avait 19 ans environ. Selon elle, ses souvenirs seraient remontés à la surface avec l'idée de protéger son enfant. Deux mois plus tard, elle portait plainte contre son présumé agresseur. 

Rappelons que le prévenu fait face à 16 chefs pour des agressions sexuelles, attouchements sexuels, incitations à des contacts sexuels et voies de fait. Les faits qui sont reprochés à Marc Isabelle auraient été commis sur une période de 21 ans, soit entre le 1er septembre 1990 et le 1er janvier 2011.

Encore vendredi, il était accompagné de sa conjointe Anik Saint-Pierre et de plusieurs proches. Les présumées victimes étaient elles aussi soutenues par de nombreux amis et membres de leur famille.

L'enquête préliminaire va se poursuivre le 15 janvier.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer