«Il faut le faire soigner»

Directement sur le réservoir du château d'eau, Michel... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Directement sur le réservoir du château d'eau, Michel Gélinas a écrit à la peinture qu'il aime ses enfants.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Louiseville) Michel Gélinas a causé un autre branle-bas de combat lundi à Louiseville, alors qu'il a regrimpé dans le château d'eau de l'ancienne usine Associated Textiles pour une deuxième fois en 17 mois.

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Jean-Guy Gélinas était très inquiet de voir son fils Michel de nouveau en haut du château d'eau.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Le frère de Michel Gélinas, Yvon, et sa conjointe Cindy Brown, consultent un message écrit lundi matin par Michel Gélinas dans lequel il raconte entre autres que sa famille le prend pour un fou.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Ce Louisevillois avait fait les manchettes en juin 2013 pour avoir gravi la structure. Il avait réalisé ce coup d'éclat afin d'attirer l'attention sur sa situation familiale: l'homme séparé de la mère de ses enfants revendiquait le droit de voir ces derniers.

L'individu de 44 ans a tenu les policiers en haleine durant huit heures lundi après avoir regrimpé dans le château d'eau en tenant le même discours.

«Je veux revoir mes enfants», a lancé l'homme aux nombreux badauds qui étaient sur la rue Notre-Dame Nord lundi en début d'après-midi, tout juste avant que les policiers ne bouclent les lieux pour établir un périmètre de sécurité.

Le retour de Gélinas dans le château d'eau vers 10 h 30 lundi matin a de nouveau entraîné un déploiement policier assez important. Des ambulanciers étaient sur place.

Jean-Guy Gélinas était très triste et inquiet de voir son fils de nouveau à plus de 50 mètres dans les airs. Selon le père de famille, son fils se cachait de la police depuis quelques jours, car il était sous le coup d'un mandat d'arrestation émis le 20 octobre.

Michel Gélinas avait été condamné en janvier à 40 heures de travaux communautaires en lien avec sa première escalade dans le château d'eau. De toute évidence, il n'a pas effectué les heures de travaux de communautaires tel que prescrit par la cour.

«Je suis allé chez lui à matin (lundi) pour le voir, mais il n'y avait personne. Pas longtemps après, la blonde d'Yvon (le frère de Michel) me dit qu'il est remonté. Tabarn... Je me suis rendu ici, je lui ai parlé. Je lui ai dit: ''Viens en bas, mon gars''. Il n'est pas descendu», racontait en milieu d'après-midi le père de famille, visiblement secoué par cette autre manifestation de son fils.

Jean-Guy Gélinas craignait de voir son fils, affligé par le désespoir, se jeter en bas du château d'eau.

«On ne sait pas ce qu'il peut faire. Il va me faire mourir avant mon temps», disait tristement l'homme de 74 ans.

Yvon Gélinas plaide maintenant pour que son frère reçoive les soins spécialisés.

«Ça fait trois ans qu'il n'a pas vu ses enfants. Il a fait sa thérapie à Domrémy, mais il est traité pour la schizophrénie. S'il ne prend pas ses pilules, il fait de la paranoïa. La prison, ça ne donnera rien. Il va recommencer. Il faut le faire soigner comme il faut. S'il fait une autre crise, il va revenir. Il devrait être en psychiatrie pour qu'on le soigne comme il faut.»

Dans les conditions imposées par la cour, Michel Gélinas devait entreprendre, poursuivre et compléter une thérapie à Domrémy. Le mandat d'arrestation émis contre lui le 20 octobre fait aussi état d'un manquement à ce niveau.

«L'homme s'est livré aux alentours de 18 h 30. Les policiers l'ont escorté au bas de la tour. Immédiatement, les enquêteurs l'ont arrêté pour le mandat dont il faisait l'objet et pour des accusations supplémentaires de méfait. Il a été transporté au centre hospitalier par mesure préventive et il sera par la suite détenu pour comparaître demain (mardi)», a indiqué le sergent Hugo Fournier, porte-parole à la Sûreté du Québec.

En thérapie

Yvon Gélinas affirme que son frère a suivi une thérapie en raison de sa consommation de marijuana. Mais cela n'a rien donné, ajoute-t-il.

«S'il ne prend pas ses pilules, il voit la mère de ses enfants et ses enfants partout. Ses enfants restent à Sorel, il les voit à l'école à Louiseville. Mais s'il prend ses pilules, il est correct.»

Hélène Gagnon croit que si son cousin pouvait revoir ses enfants, ne serait-ce que quelques fois par année, cela lui apporterait beaucoup.

«Ça pourrait se faire chez sa mère. Si on lui offre des visites supervisées, ça pourrait l'aider.»

Selon Mme Gagnon, Michel Gélinas lui a déjà mentionné qu'il songeait à grimper sur la structure du pont Laviolette pour revendiquer le droit de voir ses enfants.

«Une tour à suicide»

À la Ville de Louiseville, le maire Yvon Deshaies déplore que cette tour soit toujours aussi accessible, malgré les incidents survenus en juin 2013. À l'époque, la Ville avait contacté la compagnie afin qu'elle sécurise davantage l'endroit, ce qui n'a visiblement pas été fait depuis. «C'est une tour à suicide», a lancé le maire de Louiseville.

Dès mardi, le maire Deshaies compte relancer le propriétaire des lieux et entend même demander de l'aide du gouvernement provincial pour qu'il soit désormais moins facile de s'aventurer dans le château d'eau. Il avoue du même souffle que la Ville a quelque peu les mains liées et peu de moyens à sa disposition puisqu'il s'agit d'une propriété privée.

Avec la collaboration de Vincent Gauthier

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