Palmarès de la criminalité: le Haut-Saint-Maurice et Mékinac en queue de peloton

Un chercheur de l'Université de Montréal a élaboré... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Un chercheur de l'Université de Montréal a élaboré ce palmarès des 115 postes de police municipaux et postes de la Sûreté du Québec de la province, en prenant autant en compte le taux de criminalité, c'est-à-dire le nombre de crimes commis sur un territoire (par tranche de 1000 habitants), que la gravité moyenne du crime commis.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Si l'on se fie au palmarès de la criminalité du Québec, dans la région, c'est dans la MRC du Haut-Saint-Maurice que l'on retrouverait la plus grande criminalité, alors qu'elle serait à son plus bas dans la MRC de Nicolet-Yamaska. C'est du moins ce qui ressort de l'analyse faite par le professeur de l'École de criminologie de l'Université de Montréal, Rémi Boivin, pour le compte de La Presse.

Le professeur a en effet élaboré ce palmarès des 115 postes de police municipaux et postes de la Sûreté du Québec de toute la province, en prenant autant en compte le taux de criminalité, c'est-à-dire le nombre de crimes commis sur un territoire (par tranche de 1000 habitants), que la gravité moyenne du crime commis. Cette analyse s'est effectuée sur les données fournies par les corps policiers eux-mêmes sur une période allant de 2003 à 2013, soit 10 ans.

Palmarès de la criminalité >>>

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«J'ai voulu vérifier le mythe disant que les grandes villes étaient plus dangereuses que les régions. Avec la mesure de gravité que j'ai développée, on découvre avec surprise que des secteurs ruraux trônent au sommet du palmarès», explique le chercheur à La Presse.

Ainsi, le poste de l'agglomération de La Tuque arrive en 9e position au Québec et en première dans la région, avec un taux de criminalité de 55,94 crimes par 1000 habitants, soit la 7e position au Québec, et une gravité moyenne du crime classant le poste au 36e rang au Québec.

Appelé à commenter ces statistiques, le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, a tout de même usé de prudence. «C'est désolant, mais je ne ferai pas beaucoup de commentaires là-dessus. Ce n'est pas nécessairement la ville de La Tuque, vous savez sur un territoire de 30 000 km2 on retrouve toute sorte de monde. [...] Il y a des municipalités où c'est plus difficile dans l'agglomération et possiblement que les Atikamekws se retrouvent aussi dans ces chiffres-là, mais reste que tout mélangé ensemble ce n'est pas un beau score», a-t-il reconnu.

La MRC de Mékinac suit de près, au 10e rang québécois et au second dans la région, en étant 44e quant au taux de criminalité, mais 4e en ce qui concerne la gravité des crimes commis.

«Contrairement à la croyance populaire, la grosseur d'une ville ou d'un territoire n'est pas en soi un facteur qui joue sur le taux de criminalité ou sur le taux de violence. On observe généralement des problèmes plus importants de violence dans de petites villes que dans les métropoles canadiennes», explique le criminologue Marc Ouimet de l'Université de Montréal.

Shawinigan et Trois-Rivières

Le poste de la ville de Shawinigan occupe le troisième rang régional et le 36e au niveau du Québec, en se classant 18e en ce qui concerne le taux de criminalité, mais 75e pour la gravité moyenne du crime commis.

La Sécurité publique de Trois-Rivières arrive en 4e position régionale, et en 51e position provinciale, avec un taux de 42,81 crimes par 1000 habitants, soit le 24e rang, mais se classe au 84e rang au niveau de la gravité des crimes. Le directeur de la Sécurité publique de Trois-Rivières, Francis Gobeil, estime toutefois qu'il serait difficile d'analyser ces chiffres sans se lancer dans une vérification approfondie des rapports annuels des dix dernières années.

«La comparaison s'est faite sur dix ans, alors c'est très difficile d'identifier une cause ou une autre. Nous avons connu des années où le taux de criminalité avait bondi par rapport à l'année précédente, mais en analysant, on se rendait vite compte que nous avions connu une hausse des introductions par effraction, par exemple», explique-t-il.

Toutefois, Francis Gobeil précise qu'au cours des cinq dernières années, le taux de criminalité a connu une baisse constante à Trois-Rivières, pour se situer à 41 crimes par 1000 habitants en 2013. «Je n'ai pas peur de dire que Trois-Rivières est une ville très sécuritaire», mentionne-t-il.

Ailleurs en région

Le poste de la MRC des Chenaux se retrouve 5e dans la région et 54e au Québec, suivi de la MRC de Maskinongé qui se classe 62e au Québec, Bécancour qui se classe 71e et finalement Nicolet-Yamaska se classant 72e dans la province.

Pour la Sûreté du Québec, ces données doivent aussi être remises dans leur contexte, et ne doivent pas forcément justifier qu'une population plus qu'une autre doive se sentir menacée. «Un meurtre, c'est souvent un crime ciblé. Ça va augmenter la gravité des crimes dans un secteur, mais ce n'est pas un événement qui amène un risque pour toute la population», illustre le sergent Benoît Richard, de la Sûreté du Québec.

Le sergent Richard rappelle aussi que le contexte socioéconomique donné à un moment donné, par exemple lorsqu'une ville connaît une fermeture d'usine, peut avoir un impact. «Oui, ç'a un impact. Un impact sur les salaires, un impact sur le stress. Nous, on répond à ces besoins-là. Il faut en tenir compte. Ce sont des choses qui amènent les gens à être un peu plus insécures, et on peut se retrouver dans des situations où il y a plus de crimes qui surviennent», constate-t-il.

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