Pêche illégale: 320 accusations contre 28 individus

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Des agents de la faune ont procédé mercredi matin à une opération anti-braconnage dans le secteur Sainte-Angèle.

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(Trois-Rivières) Pas moins de 28 individus de la Mauricie devront faire face à plus de 320 chefs d'accusation en lien avec des opérations de braconnage et de pêche illégale sur le lac Saint-Pierre et le fleuve Saint-Laurent. C'est là le bilan de l'opération Caméléon, menée tôt mercredi matin par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs principalement à Bécancour et Nicolet.

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Divers équipements, dont des chaloupes ayant servi à la pêche illégale, ont été saisis au cours de la journée de mercredi.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

L'opération visait principalement des activités de pêche illégale d'esturgeons jaunes, de dorés et de perchaudes. L'enquête, qui a débuté il y a plus de deux ans, a permis d'identifier 28 individus, autant des pêcheurs commerciaux que sportifs, mais qui ne seraient toutefois pas reliés ensemble ou qui opéraient en réseau. Il semble en effet que chaque individu avait sensiblement le même modus operandi, mais agissait seul et avait son propre réseau de mise en marché.

Les suspects font maintenant face à des amendes qui pourraient dépasser les 400 000 $, a indiqué le commandant Gérald Desharnais, directeur de la protection de la faune de la Mauricie, du Centre-du-Québec et de Lanaudière.

Des activités de pêche illégale sont principalement en cause, notamment la pêche à l'esturgeon jaune. Dans la plupart des cas, on parle d'accusations liées à de la pêche illégale, à des prises dépassant les quotas permis, au non respect des conditions du permis de pêche et à de la pêche avec des engins interdits.

Au total, 8,2 tonnes d'esturgeons jaunes ont été pêchés illégalement par ces individus, autant des pêcheurs commerciaux que sportifs, qui les écoulaient sur le marché légal. Quand on sait que chaque poisson peut donner 3 kilos d'esturgeon fumé et que cette denrée se vend à environ 40 $ le kilo sur le marché, on peut estimer la valeur des prises illégale à plus de 150 000 $ sur le marché.

Du matériel ayant servi aux présumés braconniers a également été saisi au cours de cinq perquisitions, dont des chaloupes, des ordinateurs, une motoneige, du matériel de pêche commerciale et de pêche d'hiver ainsi qu'une cinquantaine de canards et une quantité indéterminée de caviar.

L'un des suspects a également été appréhendé pour chasse illégale, alors qu'une quinzaine de chevreuils auraient été chassés de manière prohibée.

L'enquête a débuté à partir du bureau de Shawinigan, et l'opération de mercredi a été menée par 78 agents de protection de la faune dépêchés de douze régions administratives différentes, en plus de deux scientifiques du laboratoire d'expertise biolégale et d'un maître-chien.

Selon le biologiste Philippe Brodeur, l'opération menée mercredi en est une sans précédent pour la protection de l'esturgeon au Québec.

Bien qu'elle ne soit pas considérée comme en voie d'extinction dans le lac Saint-Pierre et le fleuve Saint-Laurent, l'espèce est vulnérable et susceptible d'être désignée menacée au Québec, comme elle l'est déjà dans plusieurs endroits à travers le monde.

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