«Tout ce que je voulais c'était de la ramener à sa mère» (vidéo)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

(Trois-Rivières) «Je suis entré dans la chambre, j'ai fixé la petite bassinette dans laquelle la petite était. Je l'ai prise dans mes bras et tout ce que je pensais dans ma tête, c'était de la ramener à sa mère».

C'est avec beaucoup d'émotion dans la voix que... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

C'est avec beaucoup d'émotion dans la voix que le lieutenant Roland Brouillette a raconté l'intervention policière qui a permis de retrouver la petite Victoria, enlevée au CHRTR en mai dernier. On le voit ici avec le porte-parole de la Sécurité publique, Michel Letarte.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

C'est en ces mots, et non sans un trémolo dans la voix, que le lieutenant Roland Brouillette de la Sécurité publique de Trois-Rivières a résumé, jeudi après-midi, l'intervention du 26 mai dernier qui a permis de retrouver la petite Victoria, qui avait été enlevée par Valérie Poulin-Collins trois heures plus tôt au CHRTR.

Les images du lieutenant Brouillette ramenant la petite dans ses bras vers la maternité de l'hôpital ont rapidement fait le tour du monde dans les heures qui ont suivi, tant par les médias traditionnels que les médias sociaux.

Or, le policier n'avait pas été en mesure jusqu'ici de livrer ses états d'âme quant à cette importante intervention, puisque le service de police préférait attendre le dénouement du processus judiciaire au cours duquel le lieutenant Brouillette aurait pu être appelé à témoigner.

Valérie Poulin-Collins a, rappelons-le, plaidé coupable cette semaine et a été condamnée à 31 mois de prison, moins la détention préventive, pour le geste posé en mai dernier. Roland Brouillette avoue d'ailleurs avoir été particulièrement touché par la lettre que l'accusée a rédigée à l'attention des parents de la petite. «C'était une jeune fille qui avait aussi certains problèmes. J'ai trouvé très émouvante la lettre qu'elle a écrite aux parents», soutient-il.

Le fil des événements

Le soir de l'enlèvement, le lieutenant Brouillette était à son bureau lorsqu'un appel est entré sur les ondes, rapportant la disparition d'un bébé au CHRTR. «J'ai d'abord eu une réaction de protection. Je me suis dit qu'ils allaient nous rappeler dans cinq minutes pour nous dire qu'ils s'étaient trompés, qu'ils étaient sur le mauvais étage. Mais plus ça avançait, plus les informations confirmaient qu'un bébé était disparu. On a mis en branle tout le nécessaire pour tenter de retrouver la jeune femme qui avait enlevé le bébé», se souvient Roland Brouillette.

Ce père de quatre enfants et nouvellement grand-papa a toutefois eu bien du mal à se détacher d'un événement aussi prenant sur le plan des émotions. «Tu te sens vraiment impuissant pendant trois heures. Tu as l'impression que ça n'avance pas. J'avais peur que ce soit un réseau organisé comme on voit dans des pays d'Europe. Je ne pouvais pas m'imaginer que ça puisse arriver ici», rapporte celui qui avoue avoir eu une pensée aussi pour les parents de Cédrika Provencher.

Rapidement, les images et l'alerte Amber ont fait le tour des médias traditionnels et sociaux, et quatre jeunes ont pu identifier la jeune femme, avant de téléphoner aux policiers pour leur indiquer l'adresse. «J'étais tout près, donc j'ai fait ni une ni deux et j'ai quitté mon poste pour aller à l'adresse de la jeune femme. On a dû pénétrer à l'intérieur. Quand nous sommes rentrés, la dame était là. Je lui ai demandé où était le bébé, et elle m'a pointé la chambre. Il y aurait eu quinze monstres dans l'appartement que je ne les aurais jamais vus», raconte-t-il en rigolant, soutenant que sa seule idée était de retrouver l'enfant saine et sauve.

Le policier et sa coéquipière sont rapidement revenus vers l'hôpital avec l'enfant dans les bras, pour ensuite monter à la chambre des parents. Roland Brouillette ne cache toutefois pas que c'était comme s'il tenait sa propre fille dans ses bras. «Il n'y a pas personne qui me l'aurait enlevé des bras sans que ce soit la maman. J'étais tellement content de voir qu'elle allait bien. Je la serrais et je me suis retenu de ne pas lui donner des becs devant vous autres (les médias)», a-t-il lancé en éclatant de rire.

À ce jour, Roland Brouillette n'a pas eu l'occasion de revoir les parents de la petite Victoria, mais serait ravi de les rencontrer si l'occasion se présentait. Quant à lui, sa situation familiale personnelle lui fait admettre que cette intervention aura sans doute couronné une carrière et une vie consacrée à la protection des enfants.

«J'ai passé ma vie à aider les enfants, on dirait que je n'ai vécu que pour ça. J'ai eu quatre enfants moi-même, je suis parrain d'une jeune fille de 9 ans qu'on a eu en famille d'accueil. Nous sommes famille d'accueil depuis une quinzaine d'années avec mon épouse. Nous avons même adopté une jeune fille qui aura bientôt 20 ans, car elle n'avait plus de parents. Quand il y a des enfants impliqués dans une situation, je suis vraiment très touché. Heureusement que ça s'est bien terminé», confie-t-il.

Roland Brouillette n'a pas non plus manqué de souligner le travail des quatre jeunes qui ont permis de retrouver l'appartement où se trouvait la jeune suspecte, en plus du travail de ses confrères de la Sécurité publique et de tout le personnel du CHRTR.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer