Enquête préliminaire de Marc Isabelle: des abus sexuels dès l'âge de 4 ans

C'était le début de l'enquête préliminaire de Marc... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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C'était le début de l'enquête préliminaire de Marc Isabelle, jeudi, au palais de justice de Shawinigan.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Shawinigan) L'enquête préliminaire de Marc Isabelle, un musicien et producteur bien connu à Shawinigan, a commencé, jeudi, au palais de justice en lien avec plusieurs accusations d'abus sexuels.

Rappelons que le prévenu fait face à 16 chefs pour des agressions sexuelles, attouchements sexuels, incitations à des contacts sexuels et voies de fait. Les faits qui sont reprochés à Marc Isabelle auraient été commis sur une période de 21 ans, soit entre le 1er septembre 1990 et le 1er janvier 2011. Il aurait fait deux victimes au cours de cette période.

Jeudi, la procureure de la Couronne, Me Vicky Belleville, a notamment fait entendre l'une des victimes. La jeune femme est aujourd'hui âgée d'une vingtaine d'années. Elle a raconté que Marc Isabelle aurait commencé à abuser d'elle dès l'âge de quatre ans. Il aurait en effet profité de moments où il se trouvait en sa présence pour lui donner des bisous partout sur le corps, notamment sur la vulve et les fesses. Il lui aurait demandé également d'embrasser son visage, son corps et ses parties génitales.

Selon ce qu'elle a expliqué au juge Guy Lambert, il s'agissait pour elle d'un jeu. Au même titre que le jeu du docteur d'ailleurs. Il aurait alors utilisé une petite valise blanche contenant un stéthoscope et un marteau en jouet pour favoriser des échanges de caresses. Pour l'enfant, c'était selon elle une façon normale de soigner ses petits bobos. Dès l'âge de cinq ans, elle aurait ensuite pratiqué des masturbations et des «presque» fellations (pour reprendre son expression) à la demande du prévenu. Ce dernier aurait aussi inséré ses doigts dans ses parties génitales.

La présumée victime a aussi précisé qu'il lui donnait de l'argent en retour pour qu'elle puisse s'acheter des bonbons. «À huit ans, je me suis retrouvée avec neuf caries dans la bouche. J'en mangeais des bonbons!» a-t-elle lancé sur un ton ironique.

Toujours selon ses dires, les abus sexuels étaient commis à chaque fois qu'il avait l'occasion de la voir. «Pour moi c'était un jeu. Pour lui aussi. Il n'y avait rien de grave. En plus, j'étais récompensée», a-t-elle mentionné.

Les présumés abus sexuels auraient toutefois diminué en fréquence et gravité quand elle a eu 8 ou 9 ans pour être remplacés par des touchers sur ses fesses et des frôlements sur ses seins et ses parties génitales. Par contre, elle prétend qu'elle a ensuite été victime de violence psychologique et physique et ce, jusqu'à l'âge de 17-18 ans. La jeune femme est d'ailleurs devenue très émotive à ce sujet, ne pouvant réprimer ses sanglots lorsqu'elle a relaté les insultes qu'il lui lançait et certains gestes de violence qu'il aurait commis à son encontre comme des claques, des poussées et des pincements.

Marc Isabelle lui aurait également ordonné de ne parler de ces jeux à personne pour ne pas nuire à sa carrière et celle de sa conjointe, Anik Saint-Pierre.

Dans le cadre du contre-interrogatoire, l'avocat de la défense, Me Yvan Braun, a pour sa part attaqué sa crédibilité en insistant sur la fréquence précise des gestes de nature sexuelle et sur le moment de la journée où ils avaient été commis, en lien avec les activités professionnelles de Marc Isabelle.

Il a aussi fait ressortir certains problèmes de comportement qu'elle aurait eus au cours de son adolescence et sa propension à la manipulation. Elle a admis ces faits mais précisé qu'elle avait aussi consulté un psychologue pour l'aider à ce niveau.

L'enquête préliminaire va se poursuivre le 14 novembre. À ce moment, la deuxième présumée victime devrait elle aussi témoigner.

Marc Isabelle avait été arrêté en juillet 2012. Il a cependant pu reprendre sa liberté. Hier, il était accompagné de ses proches au palais de justice, dont sa conjointe.

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