Le GHB en cause dans une mort suspecte?

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(Trois-Rivières) Un jeune homme de 23 ans de Trois-Rivières serait décédé le 23 septembre dernier après avoir consommé à son insu des drogues dures comme du GHB ou du MDPV (ecstasy). Un bon ami du jeune homme assure qu'il n'acceptait jamais de consommer ces drogues et que, forcément, un tiers en aurait mis dans son verre lors d'un party privé, le soir de son décès.

Pendant cette fête entre amis, quelques personnes auraient consommé des drogues dures. Une ou plusieurs de ces personnes auraient aussi, selon l'ami du défunt rencontré lundi par Le Nouvelliste, mis de ces drogues dans son verre.

«Il est rapidement tombé en pleine face et a fait le bacon (convulsions). Et les autres se sont dit qu'il allait revenir à lui», affirme l'ami du jeune homme décédé, qui souligne avoir eu ces informations de personnes présentes lors du party. Cet ami devait ce soir-là aller le rejoindre, mais les circonstances ont fait qu'il n'a jamais reçu son appel.

«Il est revenu à lui après quelques minutes, mais il commençait à avoir de la difficulté à respirer. Les personnes avec lui l'ont mis en t-shirt et en boxer pour le refroidir, pour que le buzz descende. Mais il s'est remis à faire le bacon. Les autres trouvaient ça bien drôle. Ils ne réagissaient pas.»

Voyant que leurs interventions étaient futiles, un petit groupe aurait pris le jeune homme alors qu'il était dans un état second pour «faire un tour d'auto». Ils auraient cru que le vent pourrait lui permettre de retrouver ses esprits. «Ils se sont promenés près d'une heure en voiture à Trois-Rivières pendant que mon ami avait de la difficulté à respirer. Il a même téléphoné à d'autres personnes quand il était dans l'auto, mais il ne parlait pas. On n'entendait qu'une forte respiration», soutient le jeune homme.

«Il a fait trois appels, mais ne parlait pas. Ceux qui ont eu un appel entendaient les autres rires et dire de raccrocher. Comme si c'était une grosse joke», déplore-t-il.

Évidemment, la balade en voiture n'aurait rien donné. En fait, son état de santé se serait sérieusement détérioré. Ce ne serait qu'à ce moment que les personnes qui l'accompagnaient auraient finalement décidé de l'amener au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières (CHRTR). «Ils sont allés voir le gardien de sécurité pour dire qu'un gars dans l'auto ne feelait pas bien''».

Lorsque des membrs du personnel de l'hôpital seraient arrivés à l'automobile, ils auraient vu que le jeune homme de 23 ans était inconscient. Aussitôt, des manoeuvres de réanimation auraient été entamées, mais en vain. L'homme est finalement décédé. «Dès que les infirmiers sont entrés dans l'hôpital avec mon ami, ses supposés bons chums sont partis. Ils l'ont laissé là comme une veille chaussette», déplore son ami.

Bien entendu, les caméras de surveillance du CHRTR ont permis de retracer ceux qui accompagnaient le jeune homme.

La Sécurité publique de Trois-Rivières a ouvert une enquête à la suite du décès suspect de l'homme, confirme son porte-parole, l'agent Michel Letarte. «Nous enquêtons sur les causes et circonstances du décès qui nous a été rapporté par le CHRTR», précise-t-il en affirmant que l'enquête n'est pas terminée.

Les policiers de Trois-Rivières ont demandé au coroner de la poursuivre. Des analyses toxicologiques plus poussées doivent être réalisées avant de déterminer si des accusations criminelles seront portées contre des individus. L'Agence de santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec souligne d'ailleurs que ces analyses ne peuvent être effectuées dans les laboratoires du CHRTR.

Un cas similaire avait fait l'actualité à Québec en 2012. Steven Carpentier, un ex-portier de 28 ans, avait été retrouvé sans vie dans une chambre d'hôtel. Plus d'un an plus tard, le coroner rendait son rapport dans lequel il concluait à une mort par surdose de GHB.

Céline Leblanc de l'Agence de santé est responsable des questions d'agressions sexuelles. Elle affirme que le GHB a notamment comme particularité de demeurer environ huit heures dans le sang et près de 24 heures dans l'urine. Il est donc très difficile de déterminer si une personne a été intoxiquée par cette drogue. Si cette substance peut être utilisée par les agresseurs sexuelles, Mme Leblanc souligne aussi que des personnes la consomme à des «fins récréatives». Cette drogue, connue sous le nom de «jus» dans la rue, peut notamment mener à des «black out».

«Certains hommes peuvent aussi l'utiliser pour le culturisme, pour augmenter la masse musculaire», précise Céline Leblanc.

Bien que la victime a un passé de consommateur et qu'il a déjà été accusé en 2009 et 2010 pour vol, fraude et des crimes liés à la drogue, son ami affirme qu'il avait pris sa vie en main. Il assure qu'il ne consommait plus de drogue depuis un bon moment, depuis cette fois où les deux jeunes hommes ont ensemble très mal réagi après avoir consommé de la drogue. «Il était contre ça. Il disait de ne pas consommer ces drogues. Il avait du fun uniquement avec sa petite bière.»

Le jeune homme décédé avait complété une formation en démarrage d'entreprise et travaillait à mettre sur pied un petit commerce de vente d'automobiles. Son ami a voulu rencontrer Le Nouvelliste afin de sensibiliser la population aux risques inhérents à la consommation de drogues dures. «On ne sait jamais si la petite pilule à 5 $ qu'on a dans notre main peut causer notre mort.»

Selon son point de vue, les personnes qui auraient mis des drogues dans le verre de son ami sont «des meurtriers».

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