Yvan Branconnier voulait-il faire peur à Jean-Guy Frigon ou le tuer?

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Yvan Branconnier avait-il l'intention spécifique de tuer Jean-Guy Frigon le 29 novembre 2009 ou voulait-il seulement lui faire peur?

C'est la principale question que les avocats des deux parties ont soumis au jury, mercredi, dans le cadre de leurs plaidoiries. La tâche du jury sera en effet d'évaluer la crédibilité des témoins qui ont été entendus dans le cadre de ce procès et la preuve qui leur a été présentée afin de déterminer si oui ou non Yvan Branconnier savait que Solange Alarie avait planifié de tuer Jean-Guy Frigon cette journée-là et qu'il l'accompagnait dans ce but ultime.

On sait que Branconnier fait face à deux accusations, soit meurtre au premier degré de Jean-Guy Frigon par le biais de la complicité et tentative de meurtre contre Nicolas Bonamassa, son gendre.

L'avocat de la défense, Me Alexandre Biron, prétend pour sa part que son client s'est rendu au bois avec la seule intention de faire peur. Il a rappelé que Branconnier n'avait aucune animosité personnelle contre les Frigon.

On sait qu'il existait depuis 2003 un litige entre Solange Alarie et les Frigon concernant un bornage de terrain. Un jugement civil a finalement condamné Solange Alarie à verser aux Frigon une somme de 51 000 $ en mai 2009 mais comme elle refusait de payer, elle a appris par huissier le 9 novembre 2009 que sa maison allait être saisie.

Sachant que le couple avait l'habitude d'aller bûcher au bois le dimanche, elle a ourdi un plan pour les tuer à cet endroit. Le 29 novembre 2009, accompagnée d'Yvan Branconnier, elle s'est donc rendue sur place après lui avoir emprunté un fusil de calibre 20. Le suspect disposait d'une carabine de calibre 22. Une fois sur place, ils ont constaté que M. Frigon était accompagné de son gendre. Branconnier aurait voulu rebrousser chemin mais Solange lui aurait rétorqué: «Si tu ne tires pas, je fais les deux.»

Elle a ensuite abattu d'une balle dans le dos M. Frigon. Branconnier a pour sa part tiré en direction de Nicolas Bonamassa sans toutefois l'atteindre.

Selon Me Biron, Branconnier n'avait clairement pas l'intention de tuer, sinon il aurait pris une arme plus précise, soit sa 30-06. Certes, Solange Alarie lui a fait part à quelques reprises de ses projets de tuer les Frigon mais il ne les a jamais pris au sérieux, croyant qu'elle voulait avant tout leur faire peur et les emmerder.

Il conviendra que son client a menti aux policiers lors d'une déclaration faite le 30 novembre 2009. «Comme il a dit, il ne voulait pas être soupçonné d'un crime qu'il n'avait pas commis. C'est une réaction humaine quand on fournit involontairement une arme à une personne qui en tue une autre finalement», a-t-il mentionné.

Toujours selon lui, il est normal également que certains détails puissent lui avoir échapper après cinq ans. Il a donc demandé au jury d'acquitter son client, rappelant qu'il n'avait pas à croire tout son témoignage mais que celui-ci suffisait à soulever un doute raisonnable.

Dans sa plaidoirie, la Couronne, représentée par Me Benoît Larouche, a posé une question au jury: «Branconnier était-il à la mauvaise place, au mauvais moment?» Selon lui, la réponse est non.

Il a notamment insisté sur les nombreuses contradictions relevées entre le témoignage du suspect et ses déclarations antérieures. Selon lui, il y a lieu de se poser des questions sur sa fiabilité. «Il a passé trois heures à mentir aux policiers lors de son arrestation et maintenant, il vient presque nous dire qu'il a sauvé la vie de Nicolas Bonamassa.»

Dans son esprit, Branconnier savait ce qu'il allait faire au bois et ce, compte tenu des nombreuses menaces proférées par Solange Alarie. Il lui avait déjà montré à tirer avec un manche à balai, il lui avait fourni les armes et plusieurs munitions. Son comportement post-délictuel vient également le prouver, surtout qu'il n'a jamais tenté de porter secours à M. Frigon une fois qu'il était au sol.

Et s'il n'a pas tué Nicolas Bonamassa, c'est tout simplement parce qu'il était nerveux. Il a donc demandé un verdict de culpabilité sur les deux chefs.

Lundi, le juge François Huot donnera ses directives en droit. Le jury sera ensuite séquestré.

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