Alex Mineau Simoneau donne sa version

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Alex Mineau Simoneau

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

Alex Mineau Simoneau a donné, mardi, sa version des faits sur une bagarre survenue le 26 novembre 2012 dans un bar et qui a conduit au dépôt d'une accusation de voies de fait causant des lésions corporelles contre lui.

«Je ne voulais pas me battre mais j'ai dû me défendre après avoir reçu des coups. Je ne voulais vraiment pas de problèmes car je savais que j'étais alors sous conditions», a-t-il indiqué dans le cadre de son procès.

On sait que le jeune homme de 21 ans purge depuis septembre 2013 une peine de 42 mois de prison pour avoir causé la mort de Roxanne Belomo et Jonathan Roy en mars 2011 lors d'un accident sur l'autoroute 55 à Saint-Wenceslas. Il avait été déclaré coupable de conduite dangereuse causant la mort.

Or, pendant qu'il bénéficiait d'une liberté sous conditions dans le cadre des procédures judiciaires, il aurait infligé des lésions corporelles à un homme à la sortie d'un bar de Trois-Rivières le 26 novembre 2012.

Lors de la première journée de ce procès à la mi-septembre, la présumée victime, David Piché, avait raconté que Mineau Simoneau avait commencé à l'insulter et à le traiter de «fif» parce qu'il avait refusé de jouer une partie de billard avec lui au pub À la vie de Trois-Rivières. Il avait préféré quitter le bar pour ne pas embarquer dans son jeu voyant qu'il cherchait le trouble.

Or, à la sortie de l'établissement, Mineau Simoneau l'aurait de nouveau invectivé. La présumée victime aurait répliqué, ce qui lui aurait valu plusieurs coups de poing au visage et sur le corps de la part de Mineau Simoneau et de son ami, Moulaye Labass Diarrat.

Toujours selon David Piché, il aurait ensuite perdu la carte pour se réveiller quelques heures plus tard à l'hôpital avec une commotion cérébrale, des dents cassées, des hématomes, des coupures au visage et un nez endolori.

Par contre, Mineau Simoneau a soutenu, mardi, que c'est la présumée victime qui a démarré le bal en l'insultant, lui et son ami, et en les invitant à se battre. «Il était réchauffé et n'arrêtait pas de s'obstiner. Il croyait que je l'avais traité d'homosexuel mais ça n'avait aucun rapport. Il faisait une fixation là-dessus au point de devenir agressif», a-t-il notamment mentionné.

Pour calmer la tension, Mineau Simoneau serait donc sorti dehors, suivi de près par son ami Diarrat, afin d'aller fumer une cigarette. David Piché est alors sorti et a commencé à les insulter dans le stationnement. À un certain moment, il aurait dit: «Tu ne sais pas à qui tu as affaire» et aurait invité Moulaye Diarrat à se battre. Ce dernier s'est approché de lui et le tiraillage a commencé selon le prévenu. «Je me suis précipité sur eux pour les séparer mais Piché m'a frappé à deux reprises. J'ai été forcé de me défendre en le frappant moi aussi pour le calmer», a-t-il ajouté.

Le prévenu a toutefois modifié son témoignage en cours de route affirmant plus tard avoir reçu trois ou quatre coups. Il a aussi admis n'avoir subi aucune blessure, contrairement à David Piché.

Dans sa plaidoirie, le procureur de la Couronne, Me Pierre-Alexandre Bernard, a certes convenu qu'il y avait eu de la discorde entre le suspect et David Piché et que celui-ci n'aurait pas dû sortir par cette porte en quittant le bar, sachant que le suspect était à l'extérieur. Il n'en demeure pas moins, selon l'avocat, que des coups ont été portés contre la présumée victime, photos à l'appui. Il a aussi insisté sur le témoignage d'un client du bar qui avait tenté d'intervenir dans la bagarre à l'extérieur. Celui-ci avait dit avoir vu Mineau Simoneau et Diarrat infliger plusieurs coups à la présumée victime. Selon Me Bernard, la preuve est donc très claire sur son implication et son intention; il n'est pas question de légitime défense dans cette affaire.

De son côté, l'avocat de la défense, Me Michel Lebrun, a plutôt insisté sur les contradictions relevées dans les versions données par la présumée victime, attaquant ainsi sa crédibilité. Il a d'ailleurs émis des doutes sur sa perte de mémoire momentanée. Il a soutenu que David Piché était en état d'ébriété et qu'étrangement, il avait des blessures sur les jointures. Me Lebrun a aussi souligné que le visionnement de la bande vidéo tournée dans le bar venait corroborer la version de son client. Pour toutes ces raisons, il estime qu'un doute raisonnable a été créé.

Le juge Bruno Langelier fera connaître son jugement le 17 octobre.

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