Un casier judiciaire pour un candidat à la mairie de Shawinigan

Le candidat à la mairie de Shawinigan, Ronald... (Photo: Stéphane Lessard)

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Le candidat à la mairie de Shawinigan, Ronald St-Onge Lynch, doit maintenant composer avec un casier judiciaire.

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Shawinigan) Pour des voies de fait simples infligées à son ex-conjointe, Ronald St-Onge Lynch devra maintenant composer avec un casier judiciaire et les conséquences qui en découlent.

Le juge Richard Poudrier a en effet refusé de lui accorder une troisième absolution conditionnelle, considérant que cela allait à l'encontre de l'intérêt public vu les facteurs aggravants de cette affaire comme son absence de remords, sa négation des faits, son comportement harcelant après l'événement, les séquelles sur la victime et le climat de violence conjugale.

Il l'a donc condamné à une amende de 400 $ et à une probation de 15 mois au cours de laquelle il lui sera interdit de communiquer avec la victime de quelque façon que ce soit, sauf par l'entremise de leurs avocats dans le cadre du litige civil les opposant.

Or, même avec un casier judiciaire, le candidat à la mairie de Shawinigan entend se rendre jusqu'au bout des élections. «Je continue ma candidature. Je ne vais pas annuler parce qu'un juge a décidé de m'accuser de quelque chose que je n'ai pas fait. Je vais encore me tenir debout. Si ça ne fait pas l'affaire des gens, ils n'ont qu'à voter pour un autre», s'est-il exclamé à sa sortie du tribunal.

Fidèle à son habitude, il n'a fait preuve d'aucune retenue dans ses commentaires sur l'administration de la justice. «C'est une mauvaise décision. Mon ex a bien manipulé, organisé son set-up. Et elle a été convaincante. Le juge a cru n'importe quoi», a-t-il entre autres déclaré.

Il soutient s'être tenu debout dans cette affaire et il en est fier. «C'était dans mon droit de ne pas partir de chez moi. Le juge a décidé de me donner un casier, moi je maintiens mon argument.»

Enfin, il estime qu'il lui est impossible d'avoir des remords pour ce qu'il n'a pas fait. «C'est un juge qui a tranché; ce n'est pas Dieu le père», a-t-il ajouté. D'ailleurs, St-Onge Lynch soutient qu'il n'est pas surpris de cette sentence. «Je ne lui faisais pas confiance en arrivant dans la salle.»

On sait que le juge Poudrier l'a déclaré coupable de voies de fait simples sur son ex-conjointe, c'est-à-dire de lui avoir asséné un coup de poing à l'épaule lors d'une dispute le 11 mai 2011 portant sur le partage des biens et leur cohabitation forcée.

Le prévenu refusait de quitter les lieux en dépit d'une mise en demeure et du fait que son ex-conjointe avait un nouvel amoureux dans sa vie. Il est vrai que la maison appartient aux deux à parts égales. Le problème est que cette maison abrite également un commerce qui lui, est la propriété de la dame. Lors d'une énième dispute en 2011, St-Onge Lynch s'était choqué et lui avait donné un coup de poing.

La Couronne avait demandé au juge l'imposition d'une amende et une probation de 12 mois. La défense suggérait pour sa part une absolution conditionnelle, sous prétexte qu'un casier judiciaire aurait de lourdes conséquences dans la vie de Ronald St-Onge Lynch. Il risquerait en effet de perdre son emploi de conseiller en sécurité financière.

Or, en faisant des recherches sur le sujet, le juge Poudrier a appris que le prévenu avait déjà bénéficié de deux absolutions conditionnelles dans le passé et qu'il s'agissait là d'une troisième demande. La première avait été prononcée en septembre 2012 pour des voies de fait sur son ex-conjointe. Il avait notamment lancé sur elle une manette de télévision. La seconde avait été autorisée en juin 2013 à la suite d'un bris d'engagement. Il avait fait parvenir un courriel à son ex-conjointe en dépit du fait qu'il n'avait pas le droit de la contacter.

Pour rendre sa décision dans la présente cause, le tribunal a tenu compte de deux notions de droit, soit l'intérêt véritable de l'accusé et l'intérêt public. Certes, il a admis qu'il était dans l'intérêt de St-Onge Lynch de bénéficier d'une absolution. Il risque bel et bien de perdre son emploi en sécurité financière mais d'un autre côté, il est aussi chauffeur de taxi.

Par contre, la violence conjugale constitue désormais une circonstance aggravante et celle-ci doit être dénoncée et faire l'objet de mesures de dissuasion. Comme les facteurs aggravants supplantent les facteurs atténuants dans cette affaire, le juge a donc conclu qu'il serait contraire à l'intérêt public de lui accorder une absolution conditionnelle.

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