Série vivre sans savoir: «La douleur ne s'apaise pas»

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Même si le corps de sa fille a été retrouvé, la douleur reste vive pour Dolorès Soucy, mère de Jolène Riendeau. Elle espère que le coupable sera retrouvé et emprisonné.

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Nicolas Ducharme
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Plus les années avancent, plus les parents d'un enfant disparu n'ont qu'un seul souhait: qu'il soit retrouvé, mort ou vivant, afin d'apaiser leur peine. C'est ce qu'espérait la mère de Jolène Riendeau, Dolorès Soucy. La découverte de la jeune fille, retrouvée morte au pied d'un pont de Montréal après 12 ans d'absence, n'a pas donné le résultat escompté.

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Jolène Riendeau

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Il était 6 h 15, un matin du mois d'avril 2011, lorsque le téléphone a sonné. Au bout du fil, un policier indique à Mme Soucy que sa fille a été localisée. La mère espérait alors qu'elle serait en mesure de revoir sa petite vivante. Ce n'était pas le cas.

«J'étais contente d'apprendre que Jolène avait été retrouvée, mais j'espérais qu'elle allait être en vie. L'espoir était de la retrouver vivante un jour, même si j'en doutais. À la fin, je voulais la retrouver morte ou vivante», soupire la mère.

Deux ans plus tard, la blessure ne s'est pas cicatrisée. La confirmation du décès de la petite Jolène a créé un nouveau vide dans le coeur de Mme Soucy, celui de ne jamais être en mesure de vivre ces tendres moments mèrefille.

«Même si on l'a retrouvée, d'année en année, la douleur ne s'apaise pas. Elle devient plus lourde. On n'a pas eu le temps de lui dire au revoir, de l'embrasser et de lui dire je t'aime''. On n'a pas eu ces moments où on peut dire au revoir, parce qu'elle devrait être encore avec nous», souligne-t-elle en versant quelques larmes.

Elle avoue même avoir été jalouse lorsqu'elle a vu l'heureux dénouement dans le dossier des trois jeunes filles disparues à Cleveland. «Moi aussi, j'aurais aimé qu'un bon samaritain avec un Big Mac entende crier ma fille.»

Un suspect en vue

La découverte du Service de police de la Ville de Montréal a peut-être apporté des réponses à la famille Riendeau, mais elle n'a pas apaisé leur peine, loin de là. Elle a plutôt ajouté à l'angoisse. «On doit maintenant accepter le fait que notre petite fille a été assassinée et que son tueur court toujours.»

«On se lève le matin en se disant que la vie doit continuer et qu'elle va tourner de notre côté. On espère que son meurtrier sera trouvé et condamné à vie.»

Une situation insoutenable pour la dame, qui est persuadée de connaître l'identité de ce tueur. Selon ses dires, il s'agirait de Robert Laramée, que les policiers montréalais considèrent comme le suspect numéro un dans cette affaire.

Mme Soucy s'en était d'ailleurs pris à cet homme lors de sa comparution au palais de justice dans une autre affaire, lui assénant un coup de poing derrière la tête qui avait été immortalisé par des photographes.

Une explosion de rage qui n'a pas apaisé sa peine, mais qui la forcera à répondre de cet acte en cour le 10 décembre prochain.

M. Laramée est maintenant en prison depuis un mois, après avoir reçu une sentence d'une durée de quatre ans pour séquestration et voies de fait sur deux femmes. Il a aussi été déclaré délinquant à contrôler pendant 10 ans, en plus d'être inscrit sur le registre des délinquants dangereux pour les 20 prochaines années.

C'est insuffisant pour Mme Soucy, qui souhaite que l'enquête sur l'assassinat de sa fille débouche et qu'un coupable soit reconnu.

«On ne pourra pas tourner la page tant que ce bourreau ne sera pas accusé pour le meurtre de Jolène.»

Réparer les pots cassés

La disparition de la petite Riendeau, qui aurait 24 ans aujourd'hui, a laissé un grand vide dans la résidence du quartier Pointe-Saint-Charles.

La jeune soeur de Jolène, Andrée-Anne, a eu bien de la difficulté à accepter la situation, si bien qu'aujourd'hui, la relation est encore difficile entre elle et sa mère.

Quant à son fils, l'aîné de la famille, il s'en sort bien. Afin de rester en contact avec sa soeur disparue, il lui écrit par l'entremise de la page Facebook créée en son honneur. Une forme de prière moderne.

Traverser cette épreuve tout en gardant la famille intacte n'a pas été une mince affaire. La situation n'est pas parfaite, mais le couple Riendeau-Soucy est toujours en vie après 30 ans d'amour.

«Le matin, quand je me lève, je me dis qu'il faut continuer. Un jour, la vie va tourner dans le bon sens. Il ne faut jamais abandonner », conclut Mme Soucy.

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