Le pipeline a remplacé les convois ferroviaires à Saint-Léonard-d'Aston

Saint-Léonard-d'Aston avait été le théâtre d'un important déraillement... (Photo: Archives Le Nouvelliste)

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Saint-Léonard-d'Aston avait été le théâtre d'un important déraillement de train, le 12 décembre 1989, qui avait lourdement endommagé une résidence

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(Saint-Léonard-d'Aston) Depuis le début de l'année 2013, les citoyens de Saint-Léonard-d'Aston peuvent dormir un peu mieux sur leurs deux oreilles lorsqu'un train traverse leur municipalité. Après avoir vu défiler pendant plus de 15 ans les wagons remplis d'essence en plein coeur de leur village, voilà que l'ouverture du pipeline d'Ultramar reliant Montréal à Lévis a mis fin aux convois de carburant.

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Le maire de Saint-Léonard-d'Aston, Luc P. Balleux.

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«Tu ne sais jamais ce qui peut arriver», lance le maire de la petite municipalité, Luc P. Balleux, en ayant fraîchement en tête les images du drame de Lac-Mégantic.

Avant l'arrivée du pipeline, ce sont entre 30 000 et 40 000 barils d'essence qui traversaient le village de Saint-Léonard-d'Aston à chaque semaine à bord de l'Ultratrain. Selon des données évoquées par Ultramar au moment de lancer son projet de pipeline, on estime le transport de produits pétroliers par oléoduc 40 fois moins risqué que celui effectué par train.

Malgré tout, cela ne réduit pas complètement les risques de déraillement avec des wagons contenant des produits toxiques et explosifs. Le maire Balleux rappelle que deux trains défilent à travers son village en moyenne à chaque heure.

«Il y a toujours sur ces trains un nombre appréciable de wagons toxiques. On a toujours derrière la tête qu'il peut se produire quelque chose d'important. Il faut vivre avec», note-t-il, tout en soulignant que le niveau d'inquiétude est assurément à la hausse depuis le terrible incident du week-end dernier.

Un soulagement

Pour plusieurs citoyens rencontrés, la fin du passage des wagons-citernes remplis d'essence est accueilli avec soulagement, particulièrement après les événements de la fin de semaine dernière.

«On réalise que nous étions assis sur une bombe. Ça fait réfléchir pas à peu près», mentionne Dany Paré.

D'autres notent que la vitesse des convois de marchandise qui entrent dans la petite municipalité a diminué depuis quelques années. Ce n'est toutefois pas suffisant pour certains. Bien que les wagons remplis de pétrole ne soient plus aussi nombreux que par le passé, on craint toujours les risques d'explosion.

«Je pense qu'il y a place à amélioration. Il va falloir mettre nos culottes. Ça peut être une bombe», ajoute Denis Boisvert.

Souvenirs de 1989

Néanmoins, lorsque le terrible drame de Lac-Mégantic est survenu ce week-end, Saint-Léonard-d'Aston n'a pu s'empêcher de replonger dans ses souvenirs. Le 23 décembre 1989, le village du Centre-du-Québec avait été le théâtre d'un important déraillement de train de marchandise dont plusieurs wagons qui contenaient près de 360 tonnes de chlorine.

Une maison avait été lourdement endommagée et un important déversement de produits était survenu mais, miraculeusement, l'incident n'avait fait aucune victime.

D'ailleurs, le maire de la municipalité - qui était également maire au moment du déraillement - se souvient très bien de la catastrophe qui avait secoué

Saint-Léonard-d'Aston lorsqu'un convoi de 91 wagons s'était échoué dans le village, en plein hiver. L'incident avait forcé l'évacuation de quelque 820 personnes pendant plus de 48 heures.

«On l'a échappé belle par 200 pieds, car ça s'est produit tout juste avant le pont. Il y avait des wagons identifiés comment étant hautement dangereux qui pouvaient être explosifs. Aussi, la température nous a peut-être choyés puisque c'est arrivé en hiver», se rappelle-t-il.

Évidemment, le maire Balleux n'ose pas comparer les deux incidents puisque les conséquences du déraillement de Lac-Mégantic sont infiniment plus catastrophiques. «Contrairement à nous, ils ont eu le désastre humain. Nous, on avait que le tas de ferraille à gérer et quelques maisons qui avaient été endommagées», note-t-il.

De décembre 1989, Luc P. Balleux retiendra surtout l'esprit d'entraide et de solidarité qui avait suivi le déraillement. D'ailleurs, il se rappelle que la compagnie Canadien National avait très bien collaboré tout au long du processus afin d'informer et rassurer les élus et la population.

«Dès le départ, on a eu beaucoup d'aide. Les gens de la Sécurité civile et la Sûreté du Québec sont arrivés rapidement et nous ont guidés dans toutes les démarches. Il n'y a eu aucune cachette. On a reçu toutes les informations pour prendre les décisions nécessaires. Aujourd'hui, les gens parlent de cet événement comme un souvenir passé qui a été très bien géré... et on continue de regarder passer les trains», souligne le maire Balleux.

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