Cinq ans de prison pour Kim Cloutier

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Kim Cloutier

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

Kim Cloutier devra purger cinq ans de prison pour avoir tué son beau-frère, Steve Ouellet, le 16 octobre 2010 lors d'une soirée à Shawinigan.

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La peine a été accueillie avec beaucoup d'émotion tant par Kim Cloutier que par ses proches.

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Le drame est survenu le 16 octobre 2010... (Photo: Archives, Sylvain Mayer) - image 1.1

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Le drame est survenu le 16 octobre 2010 lors d'une soirée dans cette résidence à Shawinigan.

Photo: Archives, Sylvain Mayer

Le juge Raymond W. Pronovost a en effet conclu, jeudi, que même si le risque de récidive était faible, le crime était suffisamment grave et important dans les circonstances pour justifier une sentence de cinq ans de prison.

Il a précisé: «Cette peine ne constitue pas une vengeance. Elle reflète les objectifs émis par le Code criminel et la jurisprudence, soit de dénoncer le comportement illégal, de dissuader quiconque de commettre un crime semblable, de susciter la conscience et la responsabilisation des accusés. Pour les gestes que la victime avait commis, l'accusée lui a infligé la peine de mort. Elle s'est fait justice elle-même et a commis un crime qui est grave avec de grandes répercussions.»

Cette peine a d'ailleurs été accueillie avec beaucoup d'émotion tant par Kim Cloutier elle-même qui a pleuré tout au long du prononcé de la sentence que par ses proches dans la salle. Il y a même eu une légère bousculade lorsque son conjoint a voulu la serrer dans ses bras une dernière fois avant qu'elle ne prenne le chemin du pénitencier mais en vain.

Il faut dire qu'elle se trouvait déjà dans le box des accusés. Les constables spéciaux sont donc rapidement intervenus pour apaiser les tensions, surtout que des proches de Kim Cloutier et de la victime n'ont pas hésité à se crier des bêtises à la sortie de la salle d'audiences.

Dans cette affaire, rappelons que Kim Cloutier avait asséné deux coups de couteau à Steve Ouellet, lors d'un party soulignant son anniversaire. Celui-ci avait bu beaucoup durant la soirée et était devenu violent, allant jusqu'à frapper sa conjointe qui est la soeur de Kim Cloutier. Son attitude agressive avait également réveillé son enfant à quelques reprises et avait nécessité l'intervention de l'accusée et de son conjoint.

«Là, j'en ai assez!»

Kim Cloutier s'était par la suite rendue au sous-sol quelques instants. En remontant, elle était visiblement choquée et avait déclaré: «Là, j'en ai assez!»

Elle s'était alors rendue à la cuisine, avait pris un couteau sur le comptoir et avait asséné un premier coup dans le cou et un deuxième au-dessous de la clavicule. Elle avait plus tard déclaré: «Il a fini de battre ma soeur.»

Au départ, elle avait été accusée de meurtre au second degré. En janvier 2013, elle avait finalement plaidé coupable à une accusation réduite d'homicide involontaire. La Couronne, représentée par

Me Catherine Vincent, réclamait huit à neuf ans de pénitencier.

Elle estimait en effet qu'il ne fallait pas tenir compte du prétendu état dissociatif de Kim Cloutier, tel que soumis par l'experte psychiatre, la Dre Marie-Frédérique Allard, à titre de facteur atténuant.

Selon son propre expert psychiatre, le Dr Sylvain Faucher, la prévenue avait eu conscience du geste posé. Elle avait agi par colère, frustration et accumulation, voulant protéger sa soeur qui était malmenée par son conjoint.

La défense, assurée par Me Alain Blanchard, avait pour sa part réclamé deux ans de prison à être purgés dans une prison provinciale.

Or, le juge a conclu que la psychiatre Allard s'était trompée dans son diagnostic, notamment sur la non-responsabilité criminelle, puisqu'il avait d'ailleurs été réfuté par l'accusée elle-même. Kim Cloutier a en effet admis avoir tué son beau-frère et avoir eu l'intention, par le fait même, d'utiliser la force.

Le juge Pronovost estime également que la psychiatre a commis une seconde erreur lorsqu'elle a soumis la thèse voulant que Kim Cloutier se trouvait dans un état dissociatif lors du crime. «Sans être psychiatre, il est clair que si on est dans un état dissociatif, on n'a pas l'intention de commettre ce geste d'utilisation de la force dans ce cas précis. Et si on n'a pas l'intention, on ne peut être reconnu coupable de l'homicide involontaire coupable», a-t-il expliqué.

Culpabilité

Or, Kim Cloutier a bel et bien reconnu sa culpabilité et n'a jamais invoqué la non-responsabilité criminelle dans le cadre d'un procès. Qui plus est, le juge est d'avis qu'elle savait que son beau-frère était violent et avait des problèmes de boisson. Malgré tout, elle l'a invité à un repas avec de l'alcool, ce qu'il a considéré comme un facteur aggravant, au même titre que l'utilisation du couteau, l'endroit où les coups ont été portés et les conséquences.

Quant aux facteurs atténuants, il a tenu compte de son absence d'antécédents judiciaires, de son rapport présentenciel positif, du risque de récidive qui est faible, de ses remords, du fait qu'elle soit une mère de famille et du comportement violent de la victime.

En pareille matière, la jurisprudence  dans le cas de l'homicide involontaire qui se rapproche de l'accident prévoit une peine de moins de cinq ans. Celui qui se rapproche davantage du meurtre est de dix ans et plus. Le mi-chemin comme dans le cas présent se situe donc entre cinq et dix ans.

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