Arrestation musclée: poursuite de 2,3 millions $ contre les quatre policiers

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Une poursuite de 2,3 millions $ a été déposée contre les quatre policiers et la Ville de Trois-Rivières concernant l'arrestation musclée d'Alexis Vadeboncoeur.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Alexis Vadeboncoeur vient d'intenter une poursuite civile de 2,3 millions $ contre la Ville de Trois-Rivières et les quatre policiers qui ont procédé à son arrestation le 2 février dernier.

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Alexis Vadeboncoeur

Photo: Stéphane Lessard

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Me René Duval

Photo: François Gervais

C'est son avocat, Me René Duval, qui a déposé jeudi matin la requête introductive d'instance en Cour supérieure au nom de son client qui, rappelons-le, se trouve toujours dans un centre de désintoxication.

Par cette requête, on réclame aux policiers Marc Saint-Amant, Barbara Provencher, Dominic Pronovost et Kaven Deslauriers, de même qu'à la Ville de Trois-Rivières, la somme de 2,3 millions $ pour les blessures subies, l'atteinte à l'intégrité physique et psychologique, l'atteinte à la dignité et enfin, pour les dommages moraux, exemplaires et punitifs.

Au soutien de la demande, on rappelle que le 2 février dernier, les quatre policiers étaient en service sur la relève de soir. À 20 h 29, les agents Pronovost et Deslauriers auraient reçu un appel pour un vol qualifié dans une pharmacie.

Vers 20 h 30, les agents Provencher et Saint-Amant auraient entrepris de poursuivre le suspect à pied. Ils auraient ensuite été rejoints par les agents Pronovost et Deslauriers dans le stationnement à l'arrière du pavillon des sciences au Cégep de Trois-Rivières.

Toujours dans la requête, on écrit qu'Alexis Vadeboncoeur s'est couché sur le sol, les bras et les jambes écartés et ce, dès qu'il a vu les policiers. Il aurait également crié que son arme était fausse, qu'il n'avait que 19 ans et qu'il n'avait pas d'antécédents. Les quatre policiers auraient malgré tout commencé à le rouer de coups de poing et de pied. Ces images ont d'ailleurs été captées par une caméra de surveillance.

On soutient également que même après qu'il eut été menotté, un des policiers aurait continué à le frapper en lui assénant des coups aux testicules. D'autres policiers se sont pointés sur les lieux de l'intervention, mais ne seraient jamais intervenus auprès de leurs confrères afin qu'ils cessent les prétendues voies de fait.

Des blessures apparentes

Alexis Vadeboncoeur a ensuite été conduit au poste de police. Sur place, le jeune homme affichait semble-t-il des blessures apparentes au visage. Or, ni le lieutenant qui s'est chargé de l'écrouer ni l'enquêteur qui l'a interrogé ne lui auraient offert une aide médicale ou n'auraient cherché à savoir dans quelles circonstances il avait subi ces blessures. Aucune photographie n'aurait été prise non plus. Le jeune homme a pu bénéficier d'une aide médicale seulement lors de sa remise en liberté le 21 février.

On prétend également dans la requête que les policiers ont rédigé des faux rapports selon lesquels le suspect avait résisté à son arrestation, que leur vie avait été mise en danger et qu'ils avaient dû utiliser des techniques de diversion pour le contrôler. Le jeune Vadeboncoeur leur reproche également d'avoir comploté pour le priver de ses recours légitimes en cachant la fameuse vidéo de surveillance.

Comme conséquence de cette agression, Alexis Vadeboncoeur aurait souffert de douleurs aux côtes, à la mâchoire, au poignet droit et à la cheville droite. Il aurait également eu de la difficulté à respirer, aurait eu des migraines et aurait souffert d'enflure aux testicules. Il aurait également vécu du stress, de la phobie, de la panique, fait des cauchemars et connu une résurgence d'un traumatisme psychologique antérieur.

Pour tous ces motifs, Me Duval réclame à la Cour de condamner les quatre policiers et la Ville de Trois-Rivières à payer conjointement et solidairement la somme de 200 000 $ pour les blessures, 100 000 $ pour l'atteinte à l'intégrité physique et psychologique,  100 000 $ pour l'atteinte à la dignité, 100 000 $ à titre de dommages moraux, 400 000 $ à titre de dommages exemplaires pour l'agression armée, 400 000 $ à titre de dommages exemplaires pour la falsification des rapports et 400 000 $ à titre de dommages exemplaires pour avoir caché la vidéo.

De même, on exige de la Ville de Trois-Rivières qu'elle soit condamnée à verser 200 000 $ à titre de dommages moraux et punitifs pour l'omission d'intervenir des autres policiers sur les lieux et 400 000 $ supplémentaires pour l'atteinte à la dignité et les dommages punitifs consécutifs à l'omission des policiers présents au poste de police de lui fournir une aide médicale et d'avoir recueilli des preuves photographiques de ses blessures.

Cette demande sera présentée devant le tribunal le 23 juillet au palais de justice.

Parallèlement à cette poursuite civile, les policiers font face à des accusations criminelles, soit voies de fait armées, voies de fait causant des lésions corporelles, utilisation d'une arme à feu de manière négligente, tentative d'entrave en cachant l'existence d'une vidéo, avoir fait des faux documents, contrefaçon de documents et entrave à la justice en fabricant des faux rapports. Lors de la comparution, ils ont fait savoir qu'ils réservaient leur choix quant au plaidoyer. Leur cause a été reportée pour la forme au 27 septembre.

 Ces quatre policiers sont présentement suspendus sans solde par la Ville de Trois-Rivières. Par contre, leur syndicat se charge de leur octroyer un salaire, sous prétexte qu'ils sont toujours présumés innocents.

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