Procès pour meurtre d'Yvan Branconnier: au jury de trancher

Yvan Branconnier en 2011.... (Photo: Sylvain Mayer)

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Yvan Branconnier en 2011.

Photo: Sylvain Mayer

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Après sept jours d'audiences, le procès devant jury d'Yvan Branconnier pour le meurtre de Jean-Guy Frigon tire à sa fin.

Lorsque la défense a annoncé mercredi ne pas avoir de témoin à faire entendre de son côté, les parties ont été invitées à faire leurs plaidoiries.

La tâche du jury sera principalement d'évaluer la crédibilité des témoins et de déterminer par le fait même si oui ou non Yvan Branconnier avait l'intention de tuer Jean-Guy Frigon et la personne qui l'accompagnait lorsqu'il s'est rendu au bois avec Solange Alarie.

On sait qu'il existait depuis plusieurs années un conflit entre les Frigon et leur voisine, Solange Alarie, concernant un bornage de terrain. Ce litige a dégénéré au point où Solange Alarie a été condamnée à verser aux Frigon une somme de 50 000 $ en mai 2009. Elle a alors informé Yvan Branconnier qu'elle projetait de tuer Jean-Guy Frigon et sa femme Lise Alarie.

Puis, en novembre 2009, elle a appris que sa maison allait être saisie pour le non-paiement des 50 000 $. Sachant que le couple avait l'habitude d'aller bûcher au bois le dimanche, elle a contacté Branconnier le 29 novembre 2009 pour lui demander devenir la rejoindre chez elle, ce qu'il a fait.

Branconnier l'a ensuite emmenée chez lui à bord de sa voiture. Le prévenu lui a alors fourni un fusil de calibre .20. Il s'est pour sa part emparé d'une carabine .22.

Ils se sont ensuite rendus au bois. Solange Alarie lui aurait alors dit : «Si tu ne tires pas, je tire les deux.» Elle a donc abattu d'une balle dans le dos M. Frigon. Branconnier a tiré un coup de feu en direction du gendre, Nicolas Bonamassa, même si ce n'était pas Lise Alarie. Il a raté sa cible.

Dans sa plaidoirie, la Couronne représentée par Me Benoît Larouche, a rappelé au jury que l'accusation de meurtre au premier degré qui pèse contre Branconnier stipuleque le crime peut aussi avoir été commis par complicité en ce sens où le prévenu y a participé ou l'a encouragé. Quant au chef de tentative de meurtre, il estimeque Branconnier avait là aussi l'intention de tuer Bonamassa puisqu'il devenait un témoin gênant.

Il est clair selon lui que Branconnier savait ce qu'il allait faire au bois parce que Solange lui parlait de son projet depuis longtemps, parce qu'il lui avait montré à tirer avec un manche à balai, parce qu'ils arboraient tous les deux une cagoule, parce qu'il avait fourni les armes et plusieurs munitions, parce qu'il n'avait jamais tenté de porter secours à Frigon une fois qu'il était au sol et parce qu'il avait détruit des preuves après le crime.

Pour sa part, l'avocat de la défense, Me Pierre Spain, a indiqué au jury que son client avait accompagné Solange Alarie dans le seul but de faire peur à Frigon et à la personne qui l'accompagnait. «S'il avait voulu tuer, il aurait tiré plusieurs fois en peu de temps compte tenu des munitions dont il disposait», a-t-il précisé.

Il a d'ailleurs rappelé que Branconnier était un bon tireur capable de toucher une allumette à 100 pieds. Dans le cas présent, il se trouvait à 50 pieds. Il a même avancé l'hypothèse que Branconnier aurait pu prendre une arme plus précise, soit sa carabine 30-06, munie d'un télescope.

Me Spain a rappelé au jury que son client n'avait pas de raison de tuer M. Frigon et son gendre. Il n'y avait aucun conflit. «Mon client a dit à plusieurs reprises qu'il voulait juste leur faire peur. Il a été manipulé pas à peu près car il n'avait rien contre ces gens», a-t-il ajouté.

Il a donc suggéré au jury d'opter pour un homicide involontaire coupable. Il a également réfuté le chef de tentative de meurtre suggérant plutôt d'étudier l'accusation d'avoir déchargé intentionnellement une arme à feu en direction d'un lieu, sachant qu'il s'y trouve une personne.

Le juge Raymond W. Pronovost donnera ses directives en droit demain matin. Une fois celles-ci terminées, le jury sera séquestré jusqu'à ce qu'un verdict soit rendu.

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