Le directeur de police de Trois-Rivières ébranlé

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(Nicolet) La vidéo de l'arrestation musclée d'Alexis Vadeboncoeur par des policiers de Trois-Rivières a fait grand bruit hier au Canada et même aux États-Unis où les images ont été diffusées à plusieurs reprises sur le réseau CNN. Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a qualifié «d'injustifiée» toute forme de violence dans notre société alors que le directeur de la Sécurité publique de Trois-Rivières avoue que les policiers ne sont pas fiers de ces images.

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Le directeur de la Sécurité publique de Trois-Rivières, Francis Gobeil.

François Gervais

Le directeur de la Sécurité publique de Trois-Rivières était visiblement ébranlé par la vidéo où l'on voit quatre de ses policiers ruer de coups Alexis Vadeboncoeur, un suspect de vol qualifié. «L'ensemble des policiers qui regardent ces images ne sont probablement pas très fiers. Ce n'est pas ce que l'on souhaite, ce n'est pas ce qui est enseigné et ce n'est pas ce qui devrait être fait. Les images sont révélatrices d'une situation fort troublante», affirme le directeur de la Sécurité publique de Trois-Rivières, Francis Gobeil. «Personne n'est assurément à l'aise. On ne peut pas regarder ces images-là et rester indifférent.»

Francis Gobeil soutient par contre qu'il s'agit d'une «action isolée». «On souhaite que la population comprenne que ce qu'on voit dans la vidéo n'est pas le reflet du service de police de Trois-Rivières, ni des services de police du Québec», dit-il. «Il ne faut pas généraliser d'un événement fort malheureux qui laisse des traces malheureuses et pour lesquelles nous devrons travailler fort pour que la confiance soit ramenée.»

Le ministre Stéphane Bergeron s'est montré avare de commentaires. «Je vais me garder de tout commentaire», affirme le ministre Bergeron en ajoutant qu'il ne voulait pas nuire à l'enquête de la Sûreté du Québec qui pourrait mener à des accusations criminelles ou à des sanctions déontologiques.

Le ministre a de plus dénoncé la violence en générale. «Toute forme de violence dans une société comme la notre est injustifiée. Évidemment, l'enquête démontrera si, dans le cas présent, elle était justifiée du point de vue opérationnel.»

La direction de l'École nationale de police n'a pas voulu commenter directement la vidéo rendue publique jeudi. «Nous sommes préoccupés par cette situation. Nous laissons l'enquête se faire. Au terme de l'enquête, nous regarderons et analyserons les rapports. Nous regarderons les leçons à tirer, s'il y en a», estime la directrice générale de l'École nationale de police, Marie Gagnon, quelques minutes après la cérémonie de collation des grades de la 133e promotion de l'École qui a complètement été éclipsée par la vidéo de l'arrestation musclée.

«La formation prépare a utiliser judicieusement l'emploi de la force [...] en ayant une attitude respectueuse, une attitude d'éthique et d'intégrité.»

Le président de la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec, Denis Côté, avoue comprendre que la population soit choquée par la vidéo de l'arrestation musclée. «Je peux comprendre que ça provoque des réactions», affirme M. Côté, qui est lui-même enquêteur, actuellement en libération syndicale, à la Régie intermunicipale de police de Richelieu-Saint-Laurent.

«La seule chose qu'il faut se rappeler, c'est que ce n'est qu'une partie de l'intervention. Ce n'est pas à nous de juger. Laissons l'enquête policière avoir lieu. C'est possible qu'il y ait des accusations de posées. Les policiers ont droit à la présomption d'innocence comme l'ensemble des citoyens.»

Rappelons qu'Alexis Vadeboncoeur, 19 ans, aurait commis un vol qualifié le 2 février dernier dans une pharmacie Jean Coutu. Le jeune homme était armé d'un pistolet à air comprimé. Il a depuis été accusé de braquage d'une arme à feu, de port de déguisement (cagoule), de possession de stupéfiants à des fins de trafic et d'entrave au travail des policiers.

Les quatre policiers de Trois-Rivières qui ont procédé à son arrestation, Barbara Provencher, Dominique Pronovost, Marc-André St-Amant et Keven Deslauriers, ont depuis été suspendus avec solde le temps que la Sûreté du Québec réalise son enquête.

Par ailleurs, l'avocat d'Alexis Vadeboncoeur, Me René Duval, envisage d'intenter des poursuites civiles contre les policiers. L'homme de 19 ans présente des blessures au visage, au poignet, à la cheville et aux testicules.

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