Poignardée à dix reprises: la victime n'en veut pas à son agresseur

Même s'il a été poignardé à dix reprises par Leeroy Gervais et qu'il en garde... (Photo: Émilie O'Connor)

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Même s'il a été poignardé à dix reprises par Leeroy Gervais et qu'il en garde de sérieuses séquelles, sa victime a juré, mercredi, ne pas lui en vouloir.

«Je n'étais pas la personne visée. Je me suis juste interposé pour protéger une femme. Je ne lui en veux pas. J'étais juste au mauvais endroit, au mauvais moment. Je n'ai pas intérêt à fesser sur lui. Il a déjà sa croix à porter».

C'est dans ses termes que la victime a été appelée à commenter les événements survenus le 2 juin 2012 sur la rue Sainte-Cécile à Trois-Rivières.

La victime en a d'ailleurs profité pour demander une ordonnance de non-publication sur son identité, qui lui a été accordée. En fait, cet homme a dit avoir craint les représailles non pas particulièrement de Gervais mais plutôt des médias qui voulaient lui parler.

Il a donc déménagé dans une autre ville tout de suite après l'agression, changé de milieu et de fréquentations et s'est déniché un nouvel emploi. «Je ne voulais pas être étiqueté comme «la» victime. Aujourd'hui, je peux dire que je suis en train de passer à une autre étape de ma vie. L'agression a été la claque sur la gueule qui m'a poussé à prendre mes responsabilités dans la vie», a ajouté cet homme.

Rappelons que son agresseur, Leeroy Gervais, a plaidé coupable à des accusations de voies de fait graves, voies de fait armées, menaces de mort, possession d'une arme dans un dessein dangereux, entrave au travail des policiers et bris de probation.

Le 2 juin dernier, lors d'une fête tenue dans une résidence de la rue Sainte-Cécile, Gervais s'était pointé sur place avec une femme qui désirait y récupérer des effets personnels. Il était cette nuit-là sous l'effet de l'alcool bien qu'il suivait un traitement à la méthadone pour des problèmes de consommation.

En arrivant dans le logement, il a commencé à menacer plusieurs personnes avec son couteau, allant même jusqu'à dire à une femme enceinte qu'«il allait la dépecer». La victime s'est alors interposée entre la dame et Gervais et a reçu en retour une dizaine de coups de couteau au visage et sur le corps.

Dans le cadre des plaidoiries sur sentence mercredi, la victime a aussi parlé des conséquences de cette agression sur sa vie. L'homme a perdu 80 % de la vision de son oeil droit. Son front est presque totalement paralysé, il a perdu une partie de son odorat, sans compter les limitations au niveau de son épaule et de sa jambe. Il doit également vivre avec plusieurs cicatrices qu'il appelle des «marques de guerre».

Invité à témoigner à son tour, Leeroy Gervais a dit regretter le mal qu'il avait causé à la victime mais également à sa famille, étant détenu depuis neuf mois. «J'ai perdu le contrôle de moi. J'essaie encore de recoller les morceaux du casse-tête pour comprendre ce qui s'est passé.»

La Couronne, représentée par Me Catherine Lacoursière, a réclamé une sentence de cinq ans de prison. Elle a insisté sur le fait que l'agression était gratuite. Elle a aussi cité comme facteurs aggravants les nombreuses blessures causées à la victime avec une arme qu'il avait toujours sur lui depuis qu'il avait été lui-même agressé en 2008, des circonstances de son arrestation et de ses nombreux antécédents judicaires.

Son avocate, Me Jocelyne Duplessis, a plutôt suggéré 36 mois de prison, moins le temps préventif. Elle a plaidé en faveur de la non préméditation, de son enfance très difficile, de sa problématique de santé mentale et de ses traitements de méthadone. Enfin, elle a nuancé les séquelles de la victime.

Le juge Jacques Trudel rendra sa sentence 14 mars.

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