Les garderies privées en ont assez

Denise Lampron, propriétaire de la garderie privée Atelier... (Photo: Stéphane Lessard)

Agrandir

Denise Lampron, propriétaire de la garderie privée Atelier du petit prince, à Trois-Rivières.

Photo: Stéphane Lessard

Partager

Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Peut-on travailler sans toujours craindre pour la survie de notre emploi?» C'est le cri du coeur que lance Denise Lampron, propriétaire de la garderie Atelier du petit prince, une des cinq garderies privées non subventionnées de Trois-Rivières.

À peine rentrée d'une manifestation tenue cette semaine devant les bureaux de la ministre de la Famille à Québec, (et Montréal) Mme Lampron n'a pas l'intention d'en rester là et compte poursuivre la mobilisation de même que la sensibilisation du public aux arguments de la Coalition des garderies privées qui tente d'empêcher le gouvernement Marois de créer 28 000 nouvelles places à 7 $ dans les centres de la petite enfance (CPE).

La Coalition demande plutôt à la ministre de la Famille, Nicole Léger, de considérer les places restantes dans le réseau des garderies privées. 10 000 des 30 000 places offertes dans ce réseau seraient en effet inoccupées actuellement. Or, plaident les propriétaires des garderies privées, convertir ces places en places subventionnées coûterait beaucoup moins cher aux payeurs de taxes que de nouvelles installations qui, elles, toujours selon la coalition, pourraient coûter 260 millions $ par année.

«Les médias s'intéressent enfin à notre situation, se réjouit Mme Lampron. Ce que nous demandons, c'est que Québec subventionne les parents et nous, nous allons continuer à assumer le coût de nos bâtisses... exactement comme cela se fait pour les garderies en milieu familial.»

À la ministre qui répond que cette solution ne créerait pas de nouvelles places, Mme Lampron rétorque que la création de nouvelles places en CPE va surtout provoquer le déplacement d'enfants... et de personnel.

«C'est difficile déjà d'avoir du bon personnel. Moi, mes parents paient 34 $. Avec ça, je paie mon loyer, mes employés, mon salaire et la cuisinière. Les CPE, eux, avec le montant qu'ils reçoivent des parents, ils ne paient que les employés et les jouets. Le reste est subventionné par le gouvernement: loyer, cuisinière, directrice, femme de ménage. Si nous étions subventionnées, nous serions capables de mieux payer nos employés.»

Mme Lampron plaide également que déjà, les garderies privées sont reconnues par le ministère, qu'elles reçoivent les mêmes inspecteurs, qu'elles sont soumises aux mêmes normes et sont autant surveillées. «Ils nous ont donné un permis! Qu'ils commencent donc par subventionner les places restantes et après, on verra. Je ne suis pas certaine, moi, qu'il va rester tant de besoins. Il y a même encore des places à 7 $ dans les garderies en milieu familial.»

La propriétaire de l'Atelier du petit prince craint également un déplacement important d'enfants: des tout-petits qui ont développé un attachement envers leur garderie et leurs éducatrices.

«L'argument que nous sert Mme Marois, à l'effet que subventionner des places dans les garderies privées reviendrait à ne pas créer de nouvelles places, ne tient pas parce que je crois que les besoins sont surévalués, poursuit Mme Lampron. Il y a des parents inscrits à plusieurs endroits, même ici, j'ai des parents qui sont inscrits pour une place à 7 $. Pourquoi refuser d'aider des parents qui, faute de places dans les CPE, ont été en garderie privée et qui paient depuis des années. Ils ont hâte eux aussi de bénéficier des 7 $!»

Mme Lampron doit par ailleurs rencontrer personnellement la députée Noëlla Champagne pour présenter l'argumentaire des garderies privées. Un document informatif sera aussi posté à tous les députés.

Une pétition

La porte-parole de l'opposition officielle en matière de Famille et députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, estime pour sa part que la ministre de la Famille a le devoir de recevoir les porte-parole de la Coalition des garderies privées et d'envisager toutes les solutions pour combler les besoins en places en garderies.

Lorsqu'on lui fait remarquer que les libéraux, lors de l'annonce de 15 000 nouvelles places en CPE, ne l'ont pas fait non plus, la députée répond que c'est seulement lors de la dernière campagne électorale qu'elle a été avisée des 10 000 places libres dans le réseau privé.

Cela dit, la députée rappelle qu'elle déposera à l'Assemblée nationale une pétition le 12 février prochain, (qui compte actuellement 5829 noms) réclamant «de considérer les places actuelles dans les garderies privées pour les convertir à 7 $ comme le demandent les parents québécois, de considérer avant d'ouvrir de nouvelles installations les places dans les installations existantes, de revoir le réseau dans son ensemble et d'ouvrir de nouvelles installations dans les régions en réel besoin.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer