Agressions sexuelles: «Je vais pouvoir passer à autre chose»

La persévérance de Cynthia Robert n'aura pas été... (Photo: Sylvain Mayer)

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La persévérance de Cynthia Robert n'aura pas été vaine. Son père a écopé, hier, de 54 mois de prison pour l'avoir agressée sexuellement et maltraitée pendant 11 ans.

Photo: Sylvain Mayer

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Enfin! Tout est terminé! Je vais pouvoir passer à autre chose, commencer une nouvelle vie et poursuivre mes études en coiffure.»

Pour la première fois au terme d'un long processus judiciaire qui s'est étiré sur quatre ans, Cynthia Robert est apparue soulagée et sereine hier matin en dépit des larmes qui coulaient. Pour elle, la boucle est enfin bouclée. Son père, Stéphane Robert, venait tout juste d'écoper d'une peine de 54 mois de prison pour l'avoir agressée sexuellement et l'avoir maltraitée pendant 11 ans.

Le quantum de la peine lui importait peu. Elle désirait avant tout qu'il soit condamné à une peine de prison ferme.

«Je ne voulais pas qu'il fasse de la collectivité, car il a d'autres enfants. Je voulais qu'ils soient protégés. Je suis inquiète pour eux, car je connais l'enfer que mon père m'a fait vivre», a-t-elle ajouté.

Qui plus est, elle a obtenu du tribunal que l'ordonnance de non-publication visant à protéger son identité soit levée. Son nom et le lien de parenté qui l'unit à Stéphane Robert peuvent désormais être dévoilés

publiquement. «Je veux que les gens comprennent que le processus judiciaire est long mais que ça vaut tellement la peine. À toutes les jeunes filles qui ont peur de parler, moi je dis que ça change beaucoup de choses dans notre vie et que ça fait du bien. En plus, je me dis que c'est à lui de se cacher, pas à moi», a-t-elle précisé.

Dans cette affaire, la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Martine Tessier, avait réclamé une peine de cinq à six ans de prison. La défense, assurée par Me Alexandre Biron, avait pour sa part suggéré une peine de trois ans.

Or, compte tenu des nombreux facteurs aggravants, comme la durée et la fréquence des crimes, l'abus de confiance, les séquelles infligées à la victime, l'âge de celle-ci, l'absence de remords de Stéphane Robert et le dénigrement dont il a fait preuve à l'endroit de sa fille durant les procédures judiciaires, le juge Pierre-L. Rousseau a conclu que quatre ans et demi était une sentence appropriée.

Comme il est en détention provisoire depuis le jugement de culpabilité prononcé en octobre dernier, il lui reste 48 mois à purger. Notons à ce sujet que cette période de détention a été calculée en double puisque les crimes ont été commis avant les modifications apportées à la loi.

En rendant sa sentence, le juge a d'ailleurs pris soin de souligner qu'un enfant s'attend à être protégé par son père et non agressé. «C'est un crime hautement immoral et inhumain dans notre société», a-t-il mentionné.

Rappelons que Stéphane Robert a agressé sexuellement sa propre fille de 1995 à 2006, et ce, à une trentaine de reprises. La victime était alors âgée de 5 à 15 ans. Les crimes qui lui sont reprochés sont principalement des attouchements sur les parties génitales dont des cunnilingus. À une occasion, il aurait également introduit le vibrateur de sa conjointe dans le vagin de son enfant,  seulement âgée de 2 ans.

Au terme d'un procès où il avait nié tous les faits en bloc en dépit des aveux incriminants qu'il avait fait au départ aux policiers, il avait également été

reconnu coupable de voies de fait pour les différents sévices physiques infligés à sa fille comme des coups de planche à bois sur les doigts ou l'obligation de manger du savon.

Lors du procès, la victime avait pour sa part déclaré: «J'ai été abusée à de nombreuses reprises. Ça peut paraître vulgaire de dire cela de cette façon mais c'était mon mode de vie.»

D'autre part, de nouvelles accusations ont été portées hier contre Stéphane Robert, soit d'avoir volé son employeur d'une somme de plus de 5000 $. Au cours de l'année 2012, il aurait en effet dérobé 30 000 $ au propriétaire d'un immeuble dans lequel il agissait comme concierge. Il aurait également fraudé un locataire. Sa cause a été reportée au 1er mars.

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