Coupable de meurtre au second degré: la défense en appelle de la décision

Jacques Laperrière... (Photo: Saisie d'écran de l'interrogatoire)

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Jacques Laperrière

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Comme prévu, Jacques Laperrière, déclaré coupable du meurtre au second degré d'Yves Tessier et condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans, a décidé de porter le jugement en appel.

Le 6 décembre dernier, l'un de ses avocats, Me Réginal Victorin, a en effet déposé un avis d'appel à la Cour d'appel du Québec. Il demande à la cour d'accueillir l'appel, d'annuler le verdict de culpabilité et d'acquitter Laperrière ou, sinon, d'ordonner la tenue d'un nouveau procès.

Rappelons d'emblée qu'au terme d'un procès de plusieurs jours devant un jury, Jacques Laperrière, 43 ans, avait été déclaré coupable du meurtre d'Yves Tessier, survenu le 7 novembre 2009 à Trois-Rivières. Il avait fallu deux jours de délibération au jury pour en arriver à cette conclusion.

Celui-ci avait par le fait même rejeté les deux autres verdicts possibles qui étaient non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux ou coupable d'homicide involontaire. En effet, il n'y avait pas de possibilité d'acquittement dans le cas de Laperrière puisqu'il avait été admis qu'il avait causé la mort d'Yves Tessier en le poignardant à l'abdomen.

Ainsi, les 12 jurés avaient unanimement conclu que Laperrière savait distinguer le bien et le mal au moment du crime en dépit de sa schizophrénie paranoïde chronique et de ses idées délirantes. Qui plus est, ils avaient évalué que Laperrière avait bel et bien l'intention de tuer Tessier.

On sait que Laperrière l'avait surpris en train d'avoir des relations sexuelles avec sa conjointe de l'époque, Nathalie Jacob. Cette dernière, qui souffre également de schizophrénie, avait prétendu être victime d'un viol et même avoir été frappée par Yves Tessier, bien qu'elle était en train de lui faire une fellation.

Aveuglé par la colère, Laperrière avait alors tenté de l'étrangler pour ensuite le poignarder à mort. Il avait ensuite tenté de camoufler son crime en effaçant ses empreintes et en lavant ses vêtements. Il avait également laissé une note portant l'inscription «un violeur» sur le cadavre. Il avait ensuite quitté la pièce, verrouillé la porte et jeté la clé dans un puisard. Au cours des heures qui avaient suivi, lui et Nathalie Jacob avaient essayé de trouver des gens qui les aideraient à se débarrasser du corps mais en vain.

Dans l'avis d'appel, la défense prétend que «le verdict est déraisonnable considérant la preuve et surtout l'admission versée au dossier à l'effet que M. Laperrière souffrait de schizophrénie paranoïde chronique avec des idées délirantes chroniques avant, pendant et après les événements.»

Elle soutient également que «le juge a erré en droit en ne soumettant pas au jury la défense de provocation qui manifestement satisfaisait au critère légal de vraisemblance étant donné l'existence d'éléments de preuve suffisants qui appuyaient le volet objectif et le volet subjectif de cette défense.»

Enfin, on reproche au juge d'avoir erré en droit en n'intervenant pas en certaines occasions lors des plaidoiries. En ce sens, la défense précise: «Lors de sa plaidoirie, la poursuite a rapporté incorrectement et faussement les faits prouvés; la plaidoirie de la poursuite comportait des éléments non prouvés et la poursuite a tenu des propos qui faisaient appel à des sentiments de nature à influencer les jurés.»

Notons en terminant que le juge de la Cour supérieure qui a présidé le procès devant jury, Jacques J. Lévesque, a dernièrement été nommé juge à la Cour d'appel.

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