Isabelle Forcier coupable de l'enlèvement de son fils

Le 4 mai 2010, Isabelle Forcier est allée... (Photo: François Gervais)

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Le 4 mai 2010, Isabelle Forcier est allée chercher son fils à l'école secondaire Jean-Nicolet pour ensuite l'emmener à son domicile de Sorel.

Photo: François Gervais

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Au terme d'un long procès ayant duré plusieurs jours, Isabelle Forcier a finalement été reconnue coupable d'avoir enlevé son enfant mais acquittée sur les chefs de séquestration et entrave au travail des policiers.

Le juge Guy Lambert n'a en effet accordé aucune crédibilité à l'accusée. «Le Tribunal ne croit pas l'accusée et son témoignage ne soulève pas un doute raisonnable dans son esprit lorsqu'elle dit que les événements du 4 mai 2010 ne sont pas prémédités et que c'est la menace de fugue de son fils et la peur de ne plus le revoir qui ont fait en sorte qu'elle décide pour le protéger de l'amener avec elle. La preuve révèle un degré de préméditation de la part de l'accusée», a-t-il déclaré.

Il estime par contre que la Couronne, représentée par Me Julie Forget, a été en mesure de prouver hors de tout doute raisonnable les éléments essentiels de l'infraction, soit qu'Isabelle Forcier a amené son fils chez elle sans avertir les autorités compétentes, privant ainsi la famille d'accueil de la garde légale de son fils.

On sait qu'Isabelle Forcier était soumise à une ordonnance de la cour depuis 2008 concernant son garçon. Elle pouvait le voir une fois par mois seulement et ce, sous la supervision d'un intervenant du Directeur de protection de la jeunesse. Il lui est autrement interdit d'entrer en contrat avec son enfant puisqu'il doit demeurer dans une famille d'accueil jusqu'à sa majorité.

Rappelons que le 4 mai 2010, Isabelle Forcier est allée le chercher à l'école secondaire Jean-Nicolet pour ensuite l'emmener à son domicile de Sorel. Cette disparition avait d'ailleurs déclenché une vaste opération policière à Nicolet afin de le retrouver. Un hélicoptère avait été dépêché sur les lieux. Mme Forcier avait même autorisé les policiers à diffuser dans les médias une photo de son enfant. Elle avait également fourni une fausse déclaration aux policiers.

Le lendemain, soit le 5 mai, les policiers avaient procédé à son arrestation à Sorel au terme d'une filature. Son fils se trouvait évidemment avec elle.

Dès le départ, Mme Forcier avait déclaré ne pas avoir enlevé son fils, soutenant que c'est lui qui avait fait une fugue parce qu'il était malheureux dans sa famille d'accueil. Or, le juge a plutôt conclu que l'enlèvement avait été prémédité. Il a tenu compte des trois rencontres clandestines qui avaient eu lieu entre la mère et son fils avant le 4 mai. À la demande d'Isabelle Forcier, le garçon avait même jeté son manteau jaune à la poubelle car il était trop voyant. En arrivant dans l'automobile, il s'était caché sur la banquette arrière. Rendue à la maison, la prévenue lui avait coupé les cheveux et lui avait acheté de nouveaux vêtements pour qu'on ne puisse pas le reconnaître.

Elle l'avait également laissé plusieurs heures seul dans le logement en lui disant de ne pas répondre si l'on frappait à la porte. «Cette façon d'agir de l'accusée n'est certainement pas pour le protéger d'un danger imminent. Ces événements doivent énormément stresser le jeune homme», a ajouté le juge.

Il reproche aussi la mauvaise foi de l'accusée lorsqu'elle a appelé la responsable de la famille d'accueil pour lui faire des reproches de façon agressive et le tissu de mensonges qu'elle a raconté aux policiers pour camoufler la disparition de son enfant. Le juge a donc conclu à la culpabilité d'Isabelle Forcier sur le chef d'enlèvement. Les plaidoiries sur sentence auront lieu le 25 février.

En ce qui concerne le chef d'entrave, le Tribunal n'est pas convaincu que l'accusée a commis le crime qu'on lui reproche. Même si elle a menti aux policiers, elle ne les a pas dirigés vers de fausses pistes. «Ce n'est pas parce qu'un accusé ne dit pas la vérité à des agents de la paix qu'on peut l'accuser d'entrave à leur travail. Mme Forcier ne signale pas la disparition de son fils; l'enquête est déjà amorcée lorsqu'on l'interroge», a-t-il précisé.

Enfin, en ce qui a trait à l'accusation de séquestration, la poursuite a concédé qu'elle ne s'était pas déchargée de son fardeau de preuve. Mme Forcier a donc été acquittée sur ces deux derniers chefs.

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