Coupable d'inceste

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Sur la photo, on voit Daniel Boisvert, à sa sortie de la salle d'audiences au palais de justice de Trois-Rivières. Il vient d'être déclaré coupable de plusieurs délits à caractère sexuel sur sa fille pendant une trentaine d'années.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Daniel Boisvert, ce père de famille de 67 ans accusé d'avoir abusé sa fille pendant une trentaine d'années, a été déclaré coupable de la majorité des chefs portés contre lui, soit agression sexuelle, attentat à la pudeur, inceste et harcèlement.

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La victime, Chantal Grant.

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Dans une décision étoffée, le juge Jacques Trudel n'a pas cru la version de l'accusé, un retraité d'Hydro-Québec. Ce dernier avait en effet nié en bloc tous les gestes à caractère sexuel. Il estime que son témoignage était hésitant, truffé de contradictions et d'invraisemblances, parfois même farfelu.

Le juge a d'ailleurs relevé plusieurs éléments de son témoignage qui ont affecté grandement sa crédibilité. Parmi ceux-ci, il comprend mal par exemple qu'un père, interrogé à savoir si sa fille a bel et bien initié le premier rapport sexuel complet à 14 ans, puisse n'en avoir aucun souvenir. Il trouve également étonnant qu'un père demande à sa fille de se soumettre à un test de dépistage des MTS alors qu'elle commence une relation avec un nouveau conjoint en 2008.

Par contre, il a trouvé crédible le témoignage de la victime, Chantal Grant, maintenant âgée de 44 ans. D'une part, ses propos ont été confirmés par la preuve de la Couronne, représentée par Me Catherine Roberge. D'autre part, ses révélations intimes ne font aucun doute sur sa franchise.

On sait qu'elle avait avoué avoir éprouvé du plaisir lors du premier attouchement à 11 ans et avoir initié la première pénétration à 14 ans. «Le comportement de Chantal au cours de sa vie avec l'accusé et son témoignage lors duquel elle admet d'emblée sa participation consensuelle aux rapports incestueux révèlent une connaissance et une franchise qui ne se sont pas exprimées sans honte, sans culpabilité et sans douleur, celle de l'enfant, devenue femme, abusée par un père aimé, aimant en qui toute la confiance et l'amour d'un enfant ont été investis», a-t-il précisé.

Rappelons dans cette affaire que la victime, une ingénieure de formation, soutenait avoir été abusée pendant une trentaine d'années, soit de 11 à 38 ans et ce, à raison de trois ou quatre fois par semaine. La fréquence des relations avait cependant diminué lorsqu'elle avait quitté la maison familiale au début de la vingtaine pour s'installer avec son conjoint de l'époque.

La relation entre le père et la fille était toutefois demeurée fusionnelle, quasi amoureuse, comme le démontrent de nombreuses lettres qu'ils se sont écrites. De son côté, elle lui confiait tous ses secrets et le considérait comme son plus grand confident et conseiller mais sa confiance a été trahie. Elle a mis fin à son emprise et par le fait même aux relations sexuelles avec lui en 2008 lorsqu'elle a rencontré son actuel mari.

Son père a alors commencé à la harceler presque quotidiennement. Il a également tenté de foncer sur elle avec son véhicule. En 2009, elle a finalement porté une plainte à la police.

La décision du juge a été accueillie avec grand bonheur par la victime. Celle-ci a dès lors demandé au juge la levée de l'ordonnance de non-publication afin d'inviter publiquement les victimes à dénoncer leur agresseur. «Que vous soyez jeunes ou vieux, hommes ou femmes, il faut dénoncer. Ne vous laissez pas menacer. Des organismes comme Calacs et Cavac sont là pour vous aider et vous supporter», a-t-elle mentionné.

Elle dit avoir été particulièrement choquée par le comportement de son père dans toute cette affaire. «Mon père m'a trahie. Il m'a volé mon enfance, mon adolescence, et même ma vie de femme. Il faut que je reparte à zéro mais il ne faut pas se décourager pour autant. J'espère que dans le cadre de la sentence, il aura une aide psychologique pour qu'il puisse reconnaître le mal qu'il m'a fait», a-t-elle mentionné.

La procureure de la Couronne, Me Roberge, était également très satisfaite. «C'est une décision très bien motivée», s'est-elle exclamée.

Enfin, du côté de la défense, Me Jocelyne Duplessis s'est dite déçue. «Le juge a analysé les faits de la cause et il a prononcé un verdict de culpabilité. Pour le moment, je n'ai pas encore discuté de la possibilité d'aller en appel avec mon client», a-t-elle conclu.

Les plaidoiries sur sentence ont été fixées au 18 février.

 

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