Agression à l'Escale: la sentence sera rendue le 29 janvier

L'agression a eu lieu à l'école secondaire l'Escale... (Photo: Émilie O'Connor)

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L'agression a eu lieu à l'école secondaire l'Escale de Louiseville, le 14 novembre 2011.

Photo: Émilie O'Connor

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est le 29 janvier prochain que l'adolescent de 16 ans impliqué dans une agression au couteau à l'école secondaire l'Escale à Louiseville connaîtra sa sentence.

Le juge qui entend la cause au Tribunal de la jeunesse a en effet pris la cause en délibéré, hier, après avoir écouté les représentations sur sentence des deux avocats.

D'un côté, la Couronne, représentée par Me Hippolite Brin, réclame un placement sous garde fermée d'une durée de trois ans. Il s'agit d'ailleurs du maximum prévu par la loi. Il lui resterait donc 23 mois à faire puisqu'il est détenu de façon préventive à l'Institut Philippe-Pinel depuis son arrestation en novembre 2011.

Cette suggestion tient compte des facteurs aggravants et atténuants de cette affaire mais aussi du rapport pré-décisionnel. On a d'ailleurs pu apprendre, hier, que l'adolescent avait attaqué en juillet dernier un autre patient à l'Institut Philippe-Pinel. Même s'il est sous médication et qu'il demeure dans un milieu encadré, il aurait voulu lui arracher un oeil après avoir entendu une «entité» lui dire de faire du mal.

Un plainte a été portée à la police et l'adolescent a été conduit devant le Tribunal de la jeunesse à Montréal le 23 octobre où il a formellement été accusé de tentative de voies de fait graves. Il sera ramené en cour le 6 décembre pour la suite des procédures judiciaires. Une requête en évaluation psychiatrique sur la responsabilité criminelle sera alors déposée par son avocat.

Pareil événement ne donne pas lieu aux pronostics des plus favorables quant à une réinsertion sociale et une réhabilitation. Une intervenante des Centres jeunesse a en effet indiqué au tribunal, hier, qu'elle recommandait un placement sous garde de trois ans compte tenu du caractère imprévisible de l'adolescent. Selon elle, il reste beaucoup de travail à faire sur un plan psychiatrique et médical pour répondre aux besoins spécialisés de l'enfant. «Le pronostic est réservé. Il doit apprendre à exprimer et à gérer ses émotions», a-t-elle indiqué.

La défense, assurée par Me David Guévin, estime pour sa part qu'un placement de trois ans est une peine beaucoup trop sévère puisque l'adolescent n'a même pas d'antécédents judiciaires, qu'il a un bon potentiel humain et qu'il reconnaît les conséquences de ses gestes. Bien qu'il admette qu'un placement sous garde soit approprié dans les circonstances, l'avocat en laisse le quantum à la discrétion du juge.

Rappelons que le matin du 14 novembre, l'adolescent se serait rendu à l'école secondaire L'Escale à Louiseville avec un couteau de cuisine dans les poches. Une fois sur la place d'accueil, il serait allé voir la victime, âgée de 16 ans, pour lui dire: «Tu ne me diras plus jamais de me tuer.» Il l'aurait poignardée à quatre reprises, soit au visage, dans les côtes, au thorax et sur l'épaule. Il a été maîtrisé par d'autres élèves et un surveillant avant d'être conduit dans un local à part.

Or, la preuve de la Couronne a révélé que le geste était prémédité. La veille, l'adolescent avait écrit sur sa page Facebook que la vengeance est un plat qui se mange froid. Le matin de l'agression, l'accusé avait écrit: «Attention, il se peut que je ne sois plus sur Facebook alors posez-vous pas de question; today is rainning blood.»

Il a par ailleurs été démontré que le mobile du crime était la vengeance. L'adolescent se serait en effet mêlé de la vie privée d'une étudiante de l'école, croyant qu'elle jouait dans le dos d'un bon ami à lui. La chicane a dégénéré au point où un autre étudiant a déclaré au jeune agresseur: «Si tu as encore envie de te suicider, ne te manque pas.» Ce dernier ne l'a pas accepté, d'autant plus qu'il avait déjà été hospitalisé dans le passé pour des idées suicidaires.

Quant à la victime dans cette affaire, elle a non seulement eu le poumon perforé mais son aorte a été touchée par le couteau. Les médecins ont également dû lui enlever la rate. L'adolescent doit aussi vivre avec une cicatrice importante à la joue.

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