Suspension du chef pompier: «Le chef veut sa bébelle», rétorque le maire

La caserne de Saint-Maurice.... (Photo: Sylvain Mayer)

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La caserne de Saint-Maurice.

Photo: Sylvain Mayer

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Saint-Maurice) De retour de vacances, le maire de Saint-Maurice et préfet de la MRC des Chenaux, Gérard Bruneau, ne s'est pas fait prier pour répliquer aux affirmations de son chef pompier, Sylvain Montreuil, récemment suspendu pour trois mois, et a répété que non seulement la sécurité des gens de Saint-Maurice n'a jamais été remise en cause mais qu'au contraire, l'entente de service conclue entre cette localité et Trois-Rivières au sujet de la fourniture d'un camion-citerne basé à la caserne du secteur Saint-Louis-de-France, fait même l'envie d'autres villages de la MRC.

Le maire de Saint-Maurice, Gérard Bruneau, a répliqué... (Photo: François Gervais) - image 1.0

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Le maire de Saint-Maurice, Gérard Bruneau, a répliqué aux propos de son chef pompier.

Photo: François Gervais

De l'avis du maire, son chef pompier, qui a été rappelé à l'ordre «une dizaine de fois» entre autres pour avoir tenu des propos inquiétants depuis que la municipalité a mis son camion-citerne au rancart, mène une campagne personnelle pour «obtenir sa bébelle», soit une nouvelle citerne de 300 000 $.

Or, entre payer de 8000 $ à 10 000 $ par année à Trois-Rivières et débourser environ 30 000 $ pour les traites d'un camion-citerne, le conseil municipal n'a pas hésité. Cette décision fut d'autant plus facile à prendre qu'en prime, Sainte-Maurice peut aussi compter sur les pompiers permanents en poste à la caserne de Saint-Louis-de-France, ce qui explique que ce camion-citerne arrive même parfois le premier sur les lieux d'un incendie.

«Je ne veux pas donner un coup de masse à notre chef pompier, c'est un très bon garçon, cependant, ses attentes sont bien différentes de la réalité. Je suis content de rectifier les faits», a confié le maire Bruneau.

À titre de président du comité de schéma de couverture de risque en matière incendie, ce dernier rappelle que les pompiers volontaires ont tous suivi la formation de pompier 1 pour se qualifier. Au niveau de l'équipement, la Municipalité a acheté une auto pompe neuve et construit une nouvelle caserne et enfin, elle répond également aux exigences pour la fourniture de l'eau en quantité suffisante lors d'un incendie.

«C'est vrai que lors de l'élaboration du schéma, il était convenu que la municipalité devait changer son autopompe ainsi que sa citerne. On a conservé le camion-citerne une année de plus mais comme il ne répondait plus aux normes, on l'a sorti de la route. Nous avions deux choix: le remplacer ou conclure des ententes intermunicipales. Ces dernières sont fortement encouragées.

«On a choisi la deuxième alternative. On a la chance d'avoir au bout du rang Saint-Jean une caserne qui appartient à Trois-Rivières et dans laquelle il y a des pompiers en permanence et des camions. C'est ce qu'on a choisi de faire, une entente avec une municipalité voisine capable de nous servir en dedans de 15 minutes. En fait, en 5 minutes, le camion-citerne est rendu à Saint-Maurice.»

Le maire Bruneau insiste, ce n'est pas une entente de type back up qu'il a conclue mais une entente suivant laquelle le camion de Saint-Louis-de-France est considéré faire partie intégrante du service d'incendie de Saint-Maurice.

À ce titre, lors d'un appel 911, on fait un appel en même temps à Saint-Louis-de-France et à Saint-Maurice. «Donc, ce que dit le chef pompier est faux. Il n'a pas à faire un autre appel pour avoir le camion-citerne de Saint-Louis-de-France. Ce dernier arrive même parfois avant celui de Saint-Maurice. Sylvain, ce qu'il veut, c'est avoir SON camion-citerne et il apeure la population en faisant accroire que le service n'est pas parfait.»

C'est parce que des citoyens sont venus plusieurs fois devant le conseil se faire expliquer la situation et surtout parce que le chef pompier ne s'est pas fait rassurant, que le maire Bruneau, «à la demande pressante de ses conseillers», s'est résolu à punir M. Montreuil, et ce de façon exemplaire.

Par ailleurs, il ne cache pas que si le chef pompier persiste dans sa position, le conseil devra sans doute envisager de se passer de ses services. «On lui a dit: tu as une autopompe neuve, de l'équipement, une nouvelle caserne, des pompiers formés, une citerne qui arrive avec 2 pompiers capables de faire de l'intervention: c'est quoi le problème? Mais c'est comme entrer avec un enfant chez Toys'R'Us. Il veut sa bébelle. Il ne peut critiquer continuellement son employeur et se servir de ses critiques comme stratégie pour forcer le conseil à acheter un camion-citerne. Je suis là pour administrer moi, pas pour répondre à des caprices.»

Le maire Bruneau tient aussi à préciser que les relations du conseil avec le service d'incendie sont excellentes, qu'il n'y a pas de tension, contrairement à ce que soutient M. Montreuil, et que tout le monde est satisfait du travail des pompiers volontaires. Il est aussi convaincu que lorsqu'on leur explique bien la situation, les citoyens de Saint-Maurice sont aussi satisfaits.

Gérard Bruneau répète que la municipalité respecte le schéma de couverture de risque à tous les points de vue ce qui lui assure une immunité du côté des compagnies d'assurance qui voudraient poursuivre Saint-Maurice, à la suite d'un sinistre. «S'il y avait des poursuites, c'est le ministère de la Sécurité publique qui les supporterait. Mais il trouverait curieux que le chef pompier fasse des déclarations comme ça, sur l'insécurité de son propre service d'incendie!» Le maire note enfin que M. Benoit Beaupré, coordonnateur du schéma de couverture de risque d'incendie, a approuvé l'entente entre Trois-Rivières et Saint-Maurice.

M. Sylvain Montreuil, chef pompier de Saint-Maurice, actuellement... (Photo: Sylvain Mayer) - image 2.0

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M. Sylvain Montreuil, chef pompier de Saint-Maurice, actuellement suspendu pour trois mois.

Photo: Sylvain Mayer

Sylvain Montreuil reste sur ses positions

Le chef pompier de Saint-Maurice persiste et signe et continue de prétendre que le service incendie de cette localité serait meilleur avec son propre camion-citerne, au lieu de compter sur celui basé dans le secteur Saint-Louis-de-France, à Trois-Rivières.

Nullement troublé par les propos du maire Gérard Bruneau à l'effet qu'il a été rappelé à l'ordre une dizaine de fois avant sa suspension de 3 mois, sans solde, M. Sylvain Montreuil les a même tournés un peu en dérision. «Parce que je n'ai pas voulu serrer la main à un conseiller dans un salon funéraire, il m'a rappelé à l'ordre. Il me rappelle à l'ordre pour des niaiseries de même», a-t-il concédé.

«C'est sûr que je maintiens ma version, a-t-il déclaré sans hésitation. Lui, en parlant du back up, il dit que les gens (les pompiers de Trois-Rivières) sont là en même temps que nous autres. Moi, je dis qu'on doit vérifier si c'est sûr et certain qu'ils sont là», s'est borné à répliquer M. Montreuil qui, manifestement (et sans jeu de mots), ne veut pas ajouter de l'huile sur le feu.

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