Procès pour meurtre: le jury est séquestré

Jacques Laperrière... (Photo: Saisie d'écran de l'interrogatoire)

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Jacques Laperrière

Photo: Saisie d'écran de l'interrogatoire

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le jury chargé de décider du sort de Jacques Laperrière, cet individu accusé du meurtre au second degré d'Yves Tessier, a officiellement entrepris ses délibérations vers 15 h 30 hier après-midi après avoir écouté attentivement les directives du juge Jacques J. Lévesque.

Pendant plus de trois heures, le magistrat a en effet donné ses consignes en droit aux 12 membres du jury, ceci dans le but de les guider dans leurs délibérations. Il a ainsi rappelé que tout en étant le maître en droit, ce sont eux qui étaient les seuls maîtres des faits.

«Je vous invite à rendre un verdict selon votre conscience et la preuve déposée devant vous. Vous n'avez pas à vous préoccuper de la sentence qui sera rendue. Cela relève d'une autre instance», a-t-il notamment mentionné.

Trois verdicts possibles s'offrent ainsi au jury, c'est-à-dire la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux, la culpabilité ou non à l'accusation de meurtre au second degré et enfin, la culpabilité pour homicide involontaire. Le juge a par ailleurs insisté sur le fait que le verdict devait être unanime.

Dans cette affaire, rappelons qu'il a été admis que Jacques Laperrière avait causé la mort d'Yves Tessier le 7 novembre 2009 en le poignardant à l'abdomen. Il venait alors de le surprendre en train d'avoir des relations sexuelles avec sa conjointe de l'époque, Nathalie Jacob.

Or, la défense, assurée par Me Marcel Guérin, a réclamé un verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux sous prétexte que Laperrière, qui souffre de schizophrénie paranoïde avec des idées délirantes, n'avait pas la conscience du bien et du mal lorsqu'il a tué Yves Tessier.

En ce sens, il a notamment fait témoigner un psychiatre qui a soutenu que le fait de surprendre sa conjointe en pleine relation sexuelle avec un autre homme avait créé un stress émotif tel qu'il n'avait pas été capable de distinguer le bien et le mal et de se contrôler comme un individu normal puisque ses capacités étaient limitées. Il avait d'ailleurs conclu à une schizophrénie mal contrôlée du fait que sa médication n'était pas suffisante.

La Couronne, représentée par Me Benoît Larouche, soutient le contraire. Fort de l'expertise d'une autre psychiatre, on maintient que Laperrière savait très bien distinguer le bien et le mal puisqu'il avait voulu justement punir cet homme pour avoir prétendument violé sa conjointe et pour le mal qu'il faisait aux femmes en les forçant à se prostituer.

Lorsqu'il l'a poignardé, Laperrière savait semble-t-il que ce n'était pas bon que sa conjointe le trompe avec un autre homme et il voulait se faire justice. La poursuite demande donc un verdict de culpabilité pour meurtre au deuxième degré compte tenu de l'intention criminelle de Jacques Laperrière.

Évidemment, comme il a été admis que Laperrière avait causé la mort d'Yves Tessier, il n'y a pas de possibilité d'acquittement. C'est ce que le juge Lévesque a rappelé au jury. Celui-ci pourra prononcer un verdict de non-responsabilité criminelle seulement s'il en vient à la conclusion, en vertu de la prépondérance des probabilités, qu'il était atteint de troubles mentaux au point tel qu'il ne savait pas que le geste posé était mauvais. Précisons ici que la schizophrénie à elle seule ne peut être considérée comme un trouble mental au sens de la loi.

Sinon, le jury devra se poser la question si Laperrière avait bel et bien l'intention de tuer Yves Tessier. Si la preuve a été faite hors de tout doute raisonnable, il doit le déclarer coupable de meurtre au second degré; sinon, il devra le déclarer coupable d'homicide involontaire.

Le jury est désormais séquestré et privé de tout contact avec l'extérieur tant et aussi longtemps qu'un verdict n'aura pas été rendu.

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