«Voir noir, ce n'est pas une maladie»

Jacques Laperrière... (Photo: Saisie d'écran de l'interrogatoire)

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Jacques Laperrière

Photo: Saisie d'écran de l'interrogatoire

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Après huit jours d'audiences devant le jury au palais de justice de Trois-Rivières, le procès de Jacques Laperrière, qui fait face à une accusation de meurtre au second degré, tire à sa fin.

Le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Benoît Larouche, et l'avocat de la défense, Me Marcel Guérin, ont en effet livré leurs plaidoiries pendant toute la matinée hier.

Dans un premier temps, Me Guérin a tenté de convaincre les 12 membres du jury de rendre un verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. S'il est clair et admis en preuve que Jacques Laperrière a bel et bien commis un acte illégal et causé la mort d'Yves Tessier le 7 novembre 2009 en le poignardant, il a rappelé au jury que la preuve doit être également faite qu'il avait l'intention spécifique de le faire. Or, selon ses prétentions, son client n'avait pas la capacité mentale de juger de la légalité ou l'illégalité de son geste lors du passage à l'acte.

En ce sens, Me Guérin a pris soin de noter que son client souffrait et souffre encore de schizophrénie. Il reçoit une médication et est suivi par un médecin généraliste mais ses traitements sont insuffisants en raison du manque de ressources en psychiatrie dans la région.

Lorsqu'il a surpris sa conjointe de l'époque Nathalie Jacob en train de faire une fellation à Yves Tessier, Jacques Laperrière a vu noir. Mais lorsque celle-ci a en plus prétendu être la victime d'un viol et avoir été frappée par Tessier, il aurait complètement perdu la raison. Il l'a donc poignardé à mort.

Toujours selon lui, Laperrière est revenu à lui quelques minutes plus tard lorsqu'une certaine Judith Chamberland a cogné à la porte parce qu'elle voulait voir Yves Tessier. C'est à partir de ce moment qu'il aurait réalisé la porté de son geste. Il a donc tenté de camoufler ses empreintes en lavant les couteaux et ses vêtements. Il a également verrouillé la portée de la chambre de la victime, jeté la clé dans un puisard et tenté de trouver des gens qui l'aideraient à se débarrasser du corps.

La Couronne est d'un avis contraire. Certes, Me Larouche n'a pas manqué de souligner que cette affaire suscitait beaucoup d'émotions compte tenu du contexte de misère humaine. Toutefois, il a demandé au jury de faire preuve d'un esprit rationnel dans l'analyse de la preuve. «Oui, Jacques Laperrière est malade mais la loi s'applique à tout le monde que l'on soit sain d'esprit ou non. On retrouve dans les prisons des gens qui ont des problématiques de santé mentale, dont des schizophrènes», a-t-il précisé.

Selon la psychiatre France Proulx, le prévenu connaissait la nature et l'étendue de son geste. Il savait aussi faire la distinction entre le bien et le mal puisqu'il voulait punir Tessier. «Voir noir, ce n'est pas une maladie. Ça peut arriver à tout le monde. Les événements post délictuels sont importants dans l'analyse à faire car Jacques Laperrière a tenté d'effacer la preuve», a-t-il indiqué.  Il a ainsi demandé au jury de le déclarer coupable de meurtre au second degré.

Le juge Jacques J. Lévesque a par la suite annoncé qu'il fera connaître ses directives demain matin. Les jurés seront par la suite invités à commencer leurs délibérations.

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