Laperrière avoue avoir poignardé Tessier

Hier, Jacques Laperrière a finalement avoué avoir poignardé... (Photo: Saisie d'écran de l'interrogatoire)

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Hier, Jacques Laperrière a finalement avoué avoir poignardé Yves Tessier.

Photo: Saisie d'écran de l'interrogatoire

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Jacques Laperrière a finalement avoué, hier, qu'il avait bel et bien poignardé Yves Tessier le 7 novembre 2009 à Trois-Rivières après l'avoir surpris en pleins ébats sexuels avec sa conjointe de l'époque, Nathalie Jacob.

Il a en effet raconté au jury avoir «vu noir bien raide». Sa conjointe lui aurait alors dit qu'Yves Tessier l'avait assommée avec une bouteille et qu'il avait menacé de la lui insérer dans le rectum si elle ne se pliait pas à ses caprices sexuels. Il aurait donc pris un premier couteau pour le piquer mais celui-ci s'est tordu. «Là, je l'ai étouffé. Je voulais le punir, lui faire du mal pour ce qu'il avait fait. J'ai demandé à Nathalie de m'apporter un autre couteau et de le piquer mais elle n'était pas capable de le faire. Je l'ai donc fait moi-même», a-t-il indiqué.

Laperrière, 43 ans, a d'ailleurs avoué que le fameux Gonzalez ou Rodriguez n'existait pas. On se rappelle que dans l'interrogatoire vidéo réalisé lors de son arrestation en novembre 2009, il avait déclaré avoir étouffé la victime mais que c'était Gonzalez, un tueur à gages sud-américain, qui l'avait poignardé. «Je l'ai inventé pour m'en sortir et cacher mon meurtre», a-t-il précisé.

Selon lui, Yves Tessier méritait de mourir parce qu'il était un violeur et un homme qui incitait les femmes à se livrer à la prostitution. «S'il avait été un honnête citoyen, j'aurais laissé Nathalie avec lui et je serais parti», a-t-il ajouté.

Il a par la suite recouvert le corps d'un sac de couchage, écrit la note «un violeur», placé les couteaux dans un évier rempli d'eau, verrouillé la porte d'entrée et jeté la clé dans un puisard. Il a également pris soin de laver ses vêtements. Il voulait ainsi enlever ses empreintes, dissimuler toute trace de sang et éviter qu'une personne ne trouve le cadavre.

Évidemment, son état d'esprit, tout particulièrement au moment du crime, a fait l'objet de beaucoup de questions. La Défense tente en effet de prouver que Jacques Laperrière n'était pas criminellement responsable de ses actes pour cause de troubles mentaux. Certes, les deux parties ont admis que l'individu souffrait en novembre 2009 de schizophrénie paranoïde chronique avec des idées délirantes et qu'il en souffre encore mais la question est de savoir s'il savait alors distinguer le bien et le mal.

Ses problèmes mentaux ne font aucun doute. Dans le cadre de son témoignage, Laperrière s'est décrit comme le Dieu de la Mongolie comptant derrière lui 30 000 ans d'existence. Il se sert de la télévision pour communiquer avec Vladimir Poutine afin de lever une armée et détruire l'Islande pour des crimes contre les enfants.

Le prévenu aurait d'ailleurs été interné quatre fois au cours de sa vie. Sa dernière hospitalisation remonterait en 2003 pour sept mois. Il venait alors d'être déclaré non criminellement responsable d'une tentative de meurtre sur un individu en raison de troubles mentaux. Il a par la suite relevé de la Commission d'examen des troubles mentaux pendant cinq ans.

Au moment du meurtre d'Yves Tessier, il était suivi par un médecin et un psychiatre et prenait quotidiennement sa médication. Il recevait même des injections.

La Défense a par la suite fait témoigner l'expert psychiatre Christophe Nowakowski. Selon lui, Jacques Laperrière connaissait la nature de l'acte qu'il commettait mais il n'était pas en mesure de porter un jugement moral approprié. Il a donc conclu à une schizophrénie mal contrôlée du fait que sa médication n'était pas suffisante parce qu'il lui aurait fallu un encadrement psychologique et social.

Par le fait même, le fait de surprendre sa conjointe en pleine relation sexuelle avec un autre homme aurait créé un stress émotif tel qu'il n'a pas été capable de distinguer le bien et le mal et de se contrôler comme un individu normal puisqu'il n'en a pas les capacités ayant des déficits cognitifs, un développement moral primitif, un manque d'empathie et un phénomène de double réalité.

Le procès va se poursuivre ce matin.

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