Procès pour meurtre: l'interrogatoire vidéo présenté au jury

Le jury au procès de Jacques Laperrière, cet individu accusé du meurtre d'Yves... (Photo: Émilie O'Connor)

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le jury au procès de Jacques Laperrière, cet individu accusé du meurtre d'Yves Tessier, a été invité, hier, à écouter l'interrogatoire vidéo de Jacques Laperrière, réalisé le 9 novembre 2009 après son arrestation.

Dans celui-ci, Jacques Laperrière indique dès le départ qu'il ne sait pas pourquoi il vient d'être arrêté pour le meurtre d'Yves Tessier. «On n'a tué personne et on ne savait même pas qu'il était mort quand les policiers sont arrivés», a-t-il mentionné. Plus tard, il ajoutera: «Je ne sais pas de quoi il est mort. Je n'ai rien fait. Je n'ai pas de sang sur moi, ni de couteau»!

À ce moment, est-il besoin de préciser que l'enquêteur n'avait pas encore informé Laperrière que la victime avait été poignardée. Pareille bévue a d'ailleurs été fréquente tout au long des quatre heures de l'interrogatoire. Lorsque confronté à la déclaration de sa conjointe de l'époque Nathalie Jacob, qui avait alors raconté les circonstances du meurtre à un autre enquêteur de la SQ, il a fini par avouer qu'il avait bel et bien surpris Yves Tessier en train d'avoir une relation sexuelle avec elle. Il a qualifié Tessier comme étant «un vendeur de pot et de speeds qui faisait faire de la prostitution aux filles».

Lorsqu'il a vu sa conjointe en train de se livrer à une fellation, celle-ci lui aurait immédiatement dit que Tessier était en train de la violer et qu'il l'avait même frappée avec une bouteille de bière. Sous l'effet de la colère, il a alors serré la gorge de la victime pendant dix minutes. «Sa langue a fini par sortir, toute mauve. C'est un autre gars qui l'a piqué dans le ventre. Un Gonzalez. Il vient du Mexique ou de la Colombie. Il avait un foulard rose sur le visage», a-t-il raconté au policier.

En fait, pendant la majeure partie de l'interrogatoire, il a nié être celui qui avait poignardé Yves Tessier, rejetant cet acte sur le dos de ce fameux Gonzalez, vraisemblablement sorti de son imaginaire. En effet, si l'on se fie aux propos de Jacques Laperrière, Gonzalez est un tueur à gages chargé de le protéger (gratuitement évidemment), un revendicateur qui travaille en Afghanistan et en Irak, un terroriste palestinien qui masque son visage avec un foulard et qui porte des gants roses pour camoufler ses empreintes. À la fin de l'interrogatoire, Laperrière a soudainement changé son nom pour Rodriguez?!?

Donc, Laperrière a répété à maintes reprises qu'il n'était pas un tueur et qu'il n'avait jamais piqué Tessier. Toutefois, il a avoué qu'il avait voulu tuer Tessier parce qu'«un viol c'est un viol. Ça mérite la peine de mort», a-t-il mentionné.

C'est donc ledit Gonzalez qui aurait poignardé Tessier dans l'abdomen avant de disparaître de la civilisation. De toute évidence, Laperrière estimait alors que l'action d'étouffer quelqu'un à mort était moins pire que celle de le poignarder. Il a ensuite modifié sa version des faits en mentionnant que c'est lui qui avait donné le couteau au vrai tueur.

Il a aussi confié qu'avant de partir, lui et Nathalie Jacob avaient volé à la victime des cigarettes de contrebande, une trentaine de dollars et une dizaine de sacs de marijuana, drogue qu'ils se sont d'ailleurs empressés de consommer.

Pendant le visionnement de cet interrogatoire, qui a duré quelques heures, hier, le prévenu en a pour sa part profité pour faire une petite sieste dans l'après-midi. Par la suite, le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Benoît Larouche, a annoncé que sa preuve était close.

La défense, assurée par Me Marcel Guérin, a alors informé le jury qu'elle n'avait pas l'intention de nier le fait que la mort de Tessier avait bel et bien été causée par Jacques Laperrière. «Dans notre preuve, nous allons vous démontrer que l'élément mental n'y était pas par le témoignage d'un expert psychiatre.»

Le procès va se poursuivre aujourd'hui avec le témoignage de Jacques Laperrière.

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