Procès pour meurtre: des témoignages particulièrement colorés

Le procès de Jacques Laperrière, qui fait face à une accusation de meurtre au... (Photo: Émilie O'Connor)

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

Le procès de Jacques Laperrière, qui fait face à une accusation de meurtre au second degré d'Yves Tessier, a donné lieu, hier, à des témoignages particulièrement colorés dont celui de son ex-conjointe, Nathalie Jacob.

Celle-ci a avoué d'emblée que les deux souffraient de schizophrénie. En novembre 2009, au moment du meurtre, elle a également précisé qu'elle se livrait à la prostitution. La victime, Yves Tessier, un voisin de palier, était d'ailleurs l'un de ses clients. Le soir du drame, ce dernier s'est rendu dans son appartement pour venir la chercher. «Il a dit à Jacques: «Je peux-tu t'emprunter ta femme?» Il a dit oui. Moi, je ne savais pas trop ce qu'il voulait alors. Je l'ai donc suivi dans son appartement», a-t-elle raconté.

Selon elle, Tessier était en état d'ébriété. La suite de son témoignage est cependant contradictoire. Si, dans un premier temps, elle prétend avoir reçu un coup de bouteille sur la tête avant d'avoir une relation sexuelle avec Tessier, elle dira plus tard qu'elle a finalement trompé son mari et qu'ils ont «fait l'amour» sans être payée en retour.

«Jacques m'a surprise. Ça l'a frustré et choqué. Il m'a dit: «Débarque de là!» et a mis ses doigts sur la gorge d'Yves pour qu'il ne respire plus. Il m'a ensuite demandé un couteau. J'avais peur pour moi. J'aurais dû intervenir mais j'ai manqué de paroles. J'ai obéi à ses ordres. Je vais toujours m'en vouloir», a-t-elle déclaré avant d'éclater en sanglots.

Elle a par la suite eu de la difficulté à se rappeler la trame des événements. Il faut dire qu'elle est apparue désorganisée tout au long de son témoignage, faisant preuve d'une simplicité quasi déconcertante.

Notons par contre qu'elle a plaidé coupable à une accusation réduite d'homicide involontaire pour la mort d'Yves Tessier et écopé d'une peine de 75 mois de prison. Comme elle a déjà purgé 31 mois et demi de prison de détention provisoire, ce qui équivalait au double à l'époque, il lui reste moins d'un an à passer derrière les barreaux. Son témoignage devrait se poursuivre ce matin.

Plus tôt dans la journée, une voisine, Josée Dupont, est également venue témoigner. Elle soutient avoir entendu des gens crier en provenance de l'appartement d'Yves Tessier le soir du 7 novembre. Elle a cogné à la porte mais c'est Nathalie Jacob qui a répondu. «Elle m'a dit que Jacques était en train d'étouffer Yves. J'ai vu son corps en partie sur le lit. Il était nu. J'ai ensuite entendu Jacques dire: «Donne-moi un couteau.» Je suis tombée sur la panique et je suis partie», a-t-elle raconté.

Dans les heures suivantes, elle est allée voir une amie Anne Scott pour lui raconter son aventure. Elle n'a toutefois contacté les policiers que le lendemain matin pour signaler l'événement.

Anne Scott a elle aussi été appelée à la barre des témoins. Voyant l'état de panique de Josée Dupont, elle est allée cogner à la porte d'Yves Tessier pour vérifier ce qui se passait. Or, l'homme de 60 ans n'a jamais répondu. Laperrière lui aurait alors confié dans le passage du l'immeuble: «On a désossé le poulet, on a lavé les fourchettes et il est parti au ciel.»

Quelques mois plus tard, Anne Scott soutient avoir croisé Laperrière en prison. Il lui aurait dit que Tessier méritait ce qui lui était arrivé. Encore hier, pendant le procès devant jury, le prévenu s'est d'ailleurs exclamé: «Il le méritait parce qu'il violait ma femme.»

Par la suite, Alain Rivard et Dany Gauthier ont tous les deux raconté au jury que Laperrière et Jacob leur avaient demandé de l'aide pour se débarrasser du corps. «Il s'est pointé chez ma copine en me disant qu'il voulait un lift pour charrier quelque chose car il venait peut-être de tuer quelqu'un. Je lui ai dit de se trouver une brouette et de le jeter dans le fleuve. En fait, je ne le croyais pas vraiment car il tenait quelquefois des drôles de discours. Il m'a déjà dit qu'il était le fils d'Hitler», a notamment raconté M. Rivard.

Ce même soir, Laperrière a aussi vu Dany Gauthier sur la rue. Il l'a hélé pour lui avouer spontanément qu'il venait de commettre un meurtre et avait besoin de son auto pour jeter le corps au fleuve. Ce dernier a évidemment refusé.

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