Il a laissé une note sur le cadavre: «un violeur»

Le palais de justice de Trois-Rivières.... (Photo: Émilie O'Connor)

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Le palais de justice de Trois-Rivières.

Photo: Émilie O'Connor

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le procès devant jury de Jacques Laperrière, cet individu accusé du meurtre au second degré d'Yves Tessier, a officiellement commencé hier matin au palais de justice de Trois-Rivières.

Après avoir donné quelques consignes aux 12 jurés, le président du tribunal, Jacques J. Lévesque, a demandé au procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Benoît Larouche, d'entreprendre la présentation de sa preuve. À partir de celle-ci, la Couronne devra en effet convaincre le jury que Jacques Laperrière a bel et bien assassiné Yves Tessier le 7 novembre 2009 à Trois-Rivières. Une preuve qui devra être faite hors de tout doute raisonnable à défaut de quoi, le prévenu devra être acquitté.

D'entrée de jeu, Me Larouche a relaté la trame des faits survenus le 7 novembre. Selon lui, Jacques Laperrière formait un couple avec Nathalie Jacob. Ils habitaient ensemble dans un logement de la rue Saint-Olivier. Ils avaient comme voisin de pallier Yves Tessier, 60 ans. Nathalie Jacob est allée voir Tessier mais après quelques minutes, Laperrière s'est lui aussi rendu dans le logement de Tessier parce qu'il commençait à s'impatienter.

Il a alors surpris ce dernier en train d'avoir des relations sexuelles avec sa conjointe. En colère, il a voulu l'étrangler mais en vain. Il a donc intimé l'ordre à Nathalie Jacob de lui apporter un couteau pour le poignarder. Or, le couteau, dont le manche était en plastique, s'est courbé sous la force de l'impact sur la cage thoracique. Il a exigé un autre couteau. Celui-ci étant plus long et solide, il a réussi à transpercer l'abdomen et à tuer Yves Tessier.

Toujours selon Me Larouche, il a par la suite couvert le corps avec un sac de couchage sur lequel il a laissé une note portant la mention «Un violeur», quitté le logement, verrouillé la porte et jeter la clé dans un puisard. Lui et sa conjointe se sont lavés, ont changé de vêtements et sont partis au centre-ville pour trouver des gens qui les aideraient à se débarrasser du corps mais sans succès. Laperrière a finalement été arrêté par la Sûreté du Québec dans la soirée du 8 novembre.

Pour étayer sa preuve, Me Larouche a par la suite fait témoigner les deux patrouilleurs de la Sécurité publique de Trois-Rivières qui ont fait la macabre découverte. Ces derniers ont raconté avoir reçu un appel à l'effet qu'un homme avait été battu par un voisin de cet immeuble. À leur arrivée sur place, Tessier était dans un état de rigidité cadavérique mais comme il n'était pas un cas de mort évidente, ce sont les ambulanciers qui ont conduit le corps à l'hôpital où le décès a officiellement été constaté.

Le sergent Martin Leduc a ensuite parlé de son intervention sur la scène de crime. Il a été en mesure de constater que Laperrière et Jacob étaient très nerveux mais que ces derniers ont accepté de se rendre au poste de police sans problème.

Deux techniciens en identité judiciaire de la Sûreté du Québec ont pour leur part déposé des photos et des vidéos de la scène du crime de même que du cadavre à la morgue.

Enfin, Daniel Fortin, sergent enquêteur à la division des crimes contre la personne de la SQ, a fait la nomenclature des objets saisis. Parmi ces pièces à conviction, on retrouve les deux couteaux, un stylo, des prélèvements sanguins, des cigarettes de contrebandes, des dosettes de médicaments appartenant à Jacob et Laperrière et des vêtements.

Notons que la fameuse note, qui se trouvait sur le corps de Tessier, a évidemment été saisie. Le sergent Fortin a en effet précisé qu'elle se trouvait sur le micro-ondes à son arrivée, ayant été déplacée par les premiers intervenants.

C'est à ce moment que Laperrière s'est exclamé devant le jury: «Moi, je l'avais laissée sur le cadavre!» On devine que son avocat, Me Marcel Guérin s'est empressé de le ramener à l'ordre. Durant toute la journée, le prévenu est apparu troublé. Son regard était vitreux et sa bouche fréquemment grande ouverte. Le procès se poursuit aujourd'hui.

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