C'est le juge Jacques Lacoursière qui entend la cause. Cependant, en vertu d'une ordonnance de non-publication, il nous est interdit de dévoiler le contenu de la preuve et des témoignages.
L'enquête préliminaire vise à déterminer si la preuve est suffisamment forte pour tenir un procès. Elle donne aussi l'occasion aux parties d'apprécier la crédibilité des témoins. Dans le cas présent, l'enquête pourrait durer toute la semaine.
La preuve de la Couronne, représentée par Me Benoît Larouche, serait en effet volumineuse puisqu'elle compte plusieurs heures d'enregistrement d'écoute électronique et de preuve vidéo résultant de l'interrogatoire de Branconnier. Le procureur entend également faire témoigner sept à huit personnes. Hier, c'est le veuve de Jean-Guy Frigon, Lise Alarie Frigon, qui a été appelée en premier à la barre des témoins.
Yvan Branconnier est non seulement accusé du meurtre au premier degré de Jean-Guy Frigon mais aussi de tentative de meurtre sur la personne qui accompagnait M. Frigon et de complot pour meurtre. Il est défendu par Me Pierre Spain, assisté de Me Alexandre Biron.
Rappelons que le 29 novembre 2009, l'ancien propriétaire du restaurant L'Arc-en-fleurs de Louiseville avait été abattu par balles alors qu'il se trouvait près de chez lui, sur le chemin du Ruisseau-Plat à Saint-Édouard-de-Maskinongé.
Au terme d'une longue enquête policière, Branconnier avait été arrêté sur les lieux de son travail en juin 2011. Outre Branconnier, une autre personne était également visée par les policiers mais lorsqu'ils s'étaient présentés chez elle pour l'arrêter, la dame de 59 ans s'était suicidée.
Outre ce dossier de meurtre, Branconnier avait défrayé les manchettes en décembre dernier pour des menaces de mort et des bris d'engagement. C'est que six heures après sa libération provisoire le 20 décembre 2011 (obtenue en vertu d'une décision de la Cour d'appel), il s'était rendu à Louiseville où il avait menacé de mort son frère et brisé des engagements. Jugeant que le risque de récidive était trop élevé, la Cour supérieure avait révoqué sa remise en liberté.