Tragédie routière: «Le rêve a tourné au cauchemar»

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Les causes de l'accident qui a coûté la vie à deux touristes français la semaine dernière à La Bostonnais sont toujours inconnues.

Photo: Émilie O'Connor

 

Gabriel Delisle
Le Nouvelliste

(La Bostonnais) Le mystère plane toujours une semaine après le terrible accident de la route 155 à La Bostonnais qui a coûté la vie à deux touristes français, Édith et Bertrand Lenain. On n'explique toujours pas ce qui a fait subitement dévier la voiture qui a heurté les deux motocyclettes.

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Bertrand et Édith Lenain ont perdu la vie lors de l'accident de la semaine dernière à La Bostonnais.

Photo: Ouest-France

«Nous vivions un rêve à 6000 km de chez nous. Mais le rêve a tourné au cauchemar», affirme en entrevue Éric Jemin, de retour en France, mais encore ébranlé par l'accident qui a coûté la vie à ses deux amis.

Éric Jemin conduisait la troisième motocyclette du groupe. Ce chef d'entreprise de Maine-et-Loire est le seul des trois motos à avoir évité la collision. «J'ai été spectateur. J'ai vu toute la scène», avoue celui qui a, impuissant, assisté à la mort de ses amis. «Je suis encore choqué par l'accident.»

Une semaine après le drame, il est toujours sans réponses. Il ne comprend pas ce qui a entraîné la voiture à changer de voie. «Nous ne savons pas pourquoi la voiture blanche a dévié. Il n'y a aucune raison. C'est peut-être la fatigue. C'est la seule chose que nous pouvons supposer», tente d'expliquer M. Jemin.

Il explique que les trois motocyclettes et l'automobile se suivaient en respectant une distance jugée sécuritaire entre les véhicules. Les touristes profitaient de la beauté des paysages et ne roulaient qu'à 80 km/h. Cette précaution leur aura possiblement sauvé la vie. «Si nous n'avions pas respecté la distance entre les motos, l'accident aurait fait six morts. C'est évident.»

«Pourquoi à ce moment-là? Si la voiture avait dévié une seconde plus tard, c'est ma femme et moi qui étions frappés et qui serions morts aujourd'hui», ajoute-t-il. «C'est la fatalité.»

Éric Jemin est aussi terrifié à l'idée que sa fille de 13 ans, qui accompagnait le groupe, aurait pu être une des victimes de l'accident. «Elle était derrière moi toute la matinée. Mais lors de l'accident, elle était dans l'automobile qui nous suivait.»

La journée du 7 août avait pourtant très bien commencé pour le groupe de touristes français. Ils avaient visité, le matin de l'accident, le Musée du bûcheron de Grande-Piles où on leur avait vanté la beauté des paysages de la route 155. «On nous a dit que c'était une des plus belles routes du monde. Et les paysages étaient merveilleux», se souvient Éric Jemin. Réuni par l'amour de la moto et la passion de la route, le groupe d'amis avait, il y a deux ans, fait un voyage similaire aux États-Unis.

Éric Jemin, l'un des rescapés de l'accident.... - image 2.0

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Éric Jemin, l'un des rescapés de l'accident.

La première idée d'Éric Jemin à son arrivée en France a été de vendre sa moto. Le traumatisme de l'accident était trop profond pour qu'il puisse envisager de remonter en selle. Toutefois, après avoir sérieusement discuté avec sa conjointe, le couple en est venu à la conclusion que la moto n'a rien à voir dans l'accident. «Nous aurions été à pied ou en auto que la même chose aurait pu arriver. Ce n'est aucunement la faute à la moto», souligne-t-il.

Le couple a la ferme intention de compléter le voyage entrepris avec leurs amis. «Nous retournerons au Québec pour finir ce voyage», assure M. Jemin.

Les deux victimes, Édith et Bertrand Lenain, étaient originaires de Vern-d'Anjou, dans le Maine-et-Loire. Ils laissent dans le deuil une fille de 24 ans et deux garçons âgés de 18 et 23 ans. Leurs dépouilles devraient d'ailleurs être rapatriées cette semaine en France.

Éric Jemin a rencontré les enfants de leurs amis dès leur arrivée en France. «Ce sont des enfants très courageux à l'image de leurs parents. Ils sont extraordinaires. Nous leurs avons expliqué tout du voyage, les beaux comme les mauvais moments.»

De plus, l'autre personne du groupe de touristes gravement blessée lors de l'accident pourrait possiblement rentrer en France cette semaine avec son conjoint.

Une semaine après la tragédie routière, la Sûreté du Québec (SQ) n'explique toujours pas l'accident. L'enquête suit son cours et un examen mécanique du véhicule a été demandé. Toutefois, les autorités excluent l'alcool, la drogue et l'utilisation du téléphone cellulaire.

Éric Jemin tient à remercier tous ceux qui leur sont venus en aide après l'accident. Lui et ses amis témoins du drame ont grandement apprécié le personnel de la SQ, des centres hospitaliers de La Tuque et de Trois-Rivières de même que les chauffeurs de taxi, le personnel de l'hôtel et des restaurants qui leur ont permis de passer à travers les événements. «Nous avons rencontré des gens extraordinaires. Nous les remercions très sincèrement. Nous regrettons seulement de les avoir connus dans ces circonstances», dit-il.

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