Sébastien Tremblay coupable

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Sébastien Tremblay avait donné du fil à retordre... (Photo: Sylvain Mayer)

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Sébastien Tremblay avait donné du fil à retordre aux policiers en 2008.

Photo: Sylvain Mayer

Nancy Massicotte

Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Sébastien Tremblay, cet individu de Trois-Rivières qui avait donné du fil à retordre à des policiers lors d'une arrestation au centre-ville en septembre 2008, a été déclaré coupable, hier, de conduite avec les facultés affaiblies par l'alcool, de voies de fait et d'entrave.

Il a par contre été acquitté des accusations de conduite dangereuse et de refus de subir l'ivressomètre qui pesaient contre lui. Il a donc écopé de l'amende minimale pour l'alcool au volant, soit 1000 $ plus une suramende de 150 $.

Il lui sera aussi interdit de conduite tout véhicule à moteur pour un an. En ce qui concerne les voies de fait et l'entrave, le juge a prononcé un sursis de sentence, lui imposant plutôt une probation de deux ans.

Rappelons les faits: le 14 septembre 2008, Sébastien Tremblay, un individu qui se déplace en fauteuil roulant en raison d'une paralysie au bas du corps, a été arrêté aux petites heures du matin, sur la rue des Forges à Trois-Rivières.

Il présentait alors plusieurs symptômes de conduite avec les facultés affaiblies par l'alcool. Sa conduite erratique au centre-ville avait d'ailleurs attiré l'attention de plusieurs personnes.

Or, les policiers de la Sécurité publique de Trois-Rivières ont eu maille à partir avec lui. L'individu a complètement refusé de collaborer.

Il a plutôt invectivé les policiers, craché sur eux, les auraient poussés et empoignés et aurait même tenté d'agripper le ceinturon de l'un d'eux afin de s'emparer de son arme de service.

Au cours de l'intervention, il s'est d'ailleurs retrouvé couché sur le sol. Les policiers ont essayé de le relever et de l'asseoir dans son fauteuil roulant mais en vain. Sébastien Tremblay a refusé toute aide, se débattant sans arrêt et criant qu'il venait d'être battu par les forces de l'ordre.

Pour le conduire au poste, les policiers ont dû le coucher sur la banquette arrière de la voiture de police. Rendu à destination, il a été amené sur une civière jusqu'à sa cellule puisque ses agissements étaient dangereux.

Comme il refusait d'être assis sur le lit, il est demeuré au sol pendant des heures, nu puisque ses pantalons avaient baissé et qu'il refusait qu'on les lui remonte. En l'absence de cathéter, il a même uriné sur lui-même.

Au cours du procès, Tremblay, qui se défendait seul, a indiqué avoir été brutalisé par les policiers. Il soutient qu'il était en pleine possession de ses moyens.

Il a expliqué son attitude par des spasmes musculaires causés par sa paralysie. S'il est devenu agressif, c'est uniquement en raison du comportement des policiers à son endroit.

Or, le juge Guy Lambert n'a pas cru sa version des faits, d'autant plus qu'elle n'a été corroborée par personne. Le seul témoin de Sébastien Tremblay est celui qui a passé la soirée du 14 septembre avec lui.

Il a lui-même avoué que les policiers «avaient appelé un gars chaud (en faisant référence à sa personne) pour aller chercher un autre gars chaud (Sébastien Tremblay) au poste de police.»

Selon le juge Lambert, l'attitude de Sébastien Tremblay a clairement démontré qu'il était en état d'intoxication élevée.

Il a ainsi noté sa façon de conduire, son agressivité, son absence de collaboration et des symptômes physiques comme l'haleine, les yeux rougis et l'écume sur la bouche.

«S'il avait coopéré, les policiers auraient pu le mettre dans son fauteuil. Il a été l'artisan de son propre malheur», a précisé le juge.

Dans son esprit, les explications de Sébastien Tremblay n'ont pas suffi à soulever un doute raisonnable.

Quant aux policiers, il a perçu leur malaise devant pareille situation, impliquant une personne handicapée, surtout qu'ils ont tenté plusieurs manoeuvres pour l'aider ou obtenir sa collaboration.

À sa sortie de la salle d'audiences, Sébastien Tremblay a dit ne pas comprendre le juge. «Il ne me croit pas moi mais il croit les policiers. J'ai l'intention de consulter un avocat pour savoir si je peux aller en appel», a-t-il annoncé.

Pour sa part, la procureure aux poursuites criminelles et pénales Me Martine Tessier s'est dite satisfaite de la décision rendue.

«Je m'attendais à cela. La sentence n'est pas énorme mais l'important est qu'il soit reconnu coupable, surtout si l'on tient compte des procédures civiles entreprises contre les policiers», a-t-elle mentionné.

Notons en effet que Sébastien Tremblay a intenté une poursuite civile de 900 000 $ pour arrestation illégale et abus de la force contre les trois policiers impliqués.

Aucune date n'a encore été fixée pour ce procès.

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