Les policiers tirent sur un forcené armé

Les policiers ont ouvert le feu sur un... (Photo: Olivier Croteau)

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Les policiers ont ouvert le feu sur un forcené, samedi, à Trois-Rivières.

Photo: Olivier Croteau

 

Gabriel Delisle
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les policiers ont ouvert le feu samedi peu avant midi à Trois-Rivières en direction d'un homme après qu'il eut utilisé son arme, blessant même Kévin Bellemare, un passant qui se rendait au travail. L'individu armé résistait depuis vendredi soir à son arrestation et s'était réfugié dans son appartement. L'homme, gravement blessé, a été transporté à l'hôpital où l'on craint toujours pour sa vie.

Après des heures de siège, l'homme de 39 ans est sorti de chez lui et a tiré en direction de plusieurs représentants des médias ainsi que des policiers avant d'être la cible des balles des forces de l'ordre. Des voisins rapportent que l'homme souffrait de schizophrénie et de troubles paranoïaques.

L'individu blessé par les balles des policiers habite dans un appartement supervisé du Réseau d'habitation communautaire de la Mauricie. Cet organisme offre des services spécialisés et du logement pour les personnes souffrant de problèmes mentaux qui sont jugées autonomes.

Chantal Giroux habite dans cet immeuble et travaille avec l'homme pour un organisme d'insertion au travail de Trois-Rivières. Elle affirme qu'il lui a révélé qu'il souffrait de schizophrénie et de troubles paranoïaques.

«Il m'avait déjà parlé qu'il avait une arme. Mais, jamais je ne pensais qu'il pouvait l'utiliser», affirme la jeune femme. «Il était suivi pour sa santé. Les gens qui habitent ici sont souvent visités par des intervenants. Il allait bien et travaillait.»

Le suspect a tenu en haleine les policiers de Trois-Rivières de vendredi soir à samedi matin. Alors que la Sécurité publique de Trois-Rivière tentait de l'arrêter pour voie de fait après qu'une dispute avec un voisin eut mal tourné, les policiers ont découvert une arme à longue portée dans l'appartement de l'homme situé au coin des rues du Père-Frédéric et Sainte-Julie.

Les policiers se sont retirés pour leur sécurité. Dès lors, ceux-ci ont entrepris des discussions avec l'homme pour qu'il collabore à son arrestation. La Sécurité publique de Trois-Rivières a dû faire appel au groupe d'intervention tactique de la Sûreté du Québec.

Un large périmètre de sécurité a été établi près du Séminaire Saint-Joseph où les parties de soccer avaient lieu comme à la normale. Bien que très près, le terrain n'était pas dans la ligne de tir du forcené.

C'est à l'extérieur du périmètre que les représentants des médias se trouvaient lorsqu'une cartouche contenant plusieurs plombs a été tirée en leur direction. Le mur extérieur du bâtiment où réside l'homme, sur la rue du Père-Frédéric, est désormais criblé de petits trous causés par cette décharge. C'est à ce moment également que Kévin Bellemare a été atteint de deux plombs (voir autre texte).

Après ce coup de feu du forcené, les policiers ont ouvert le feu. Plusieurs coups de feu ont été entendus. L'homme a été transporté au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières où l'on craint toujours pour sa vie. Par ailleurs, une femme qui se trouvait avec le forcené a été arrêtée.

Les policiers demandaient aux résidents du secteur de rester à l'intérieur de leur domicile. Samedi matin, une douzaine de résidents des immeubles voisins ont dû être évacués. Ceux-ci n'ont pu retourner chez eux que samedi soir, le temps que les enquêteurs étudient en détail la scène de la fusillade.

«Ils (les policiers) nous ont demandé samedi matin de quitter notre appartement», affirme Alain Paquette qui habite juste devant l'immeuble où l'homme s'était barricadé. M. Paquette ajoute avoir apprécié le travail des policiers. «Je n'ai rien à dire sur leur travail.»

André Gosselin habite tout près de là. Il n'était pas parmi les résidents forcés d'évacuer, mais il devait demeurer à l'intérieur de chez lui.

«Les policiers ont fait leur travail. On sait jamais ce qui peut arriver quand une personne est armée», dit-il en faisant référence aux nombreuses fusillades survenues aux États-Unis et au Canada. «C'était dangereux pour nous. On peut être atteint d'une balle perdue.»

L'enquête sur les circonstances de la fusillade sera menée par le Service de police de la Ville de Québec, car la Sécurité publique de Trois-Rivières et la Sûreté du Québec sont impliquées dans l'événement. Cette pratique prévaut lorsqu'un policier fait usage de son arme. Un corps policier indépendant est alors responsable de l'enquête.

Un jeune homme ébranlé

Un jeune homme de Trois-Rivières, Kévin Bellemare, qui a été atteint par deux projectiles du forcené se dit très ébranlé au lendemain de l'incident qui aurait pu avoir de graves conséquences. Alors qu'il se rendait au travail en patins à roulettes, il a été atteint par deux plombs au bras et à l'épaule, même s'il se trouvait à l'extérieur du périmètre de sécurité établi par les policiers. Heureusement, le jeune homme n'a été blessé que très légèrement. Kévin Bellemare avoue avoir passé une très mauvaise nuit samedi. Les souvenirs de l'événement lui revenaient constamment en mémoire. «Tout ce que je voyais, c'était un flash et j'entendais un gros coup de feu», témoigne-t-il au lendemain de l'événement. «Un policier qui a vu l'homme armé sortir m'a crié de ne pas passer par là. Mais, je ne l'avais pas vu.»

Kévin Bellemare se console en se disant qu'il a évité à une jeune femme de son âge de recevoir les projectiles à sa place. «Une chance que c'est moi qui a reçu les plombs. Parce que sinon, c'est elle qui les avait.»

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