Poursuite de 19 millions $ contre plusieurs intervenants en santé

Le petit Miguel en compagnie de sa mère,... (Photo: Émilie O'Connor)

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Le petit Miguel en compagnie de sa mère, Marlène Richer.

Photo: Émilie O'Connor

Nancy Massicotte

Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Se disant victime d'une grave erreur médicale, la famille de Miguel Guardado-Richer a intenté une poursuite civile frôlant les 19 millions $.

Marlène Richer et Hector Guardado reprochent au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières, aux docteurs Alain Vaugeois et Line Marchand, de même qu'à la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie (CAM) de ne pas avoir respecté les règles de l'art dans les soins prodigués à leur fils et d'avoir failli à leurs obligations.

Miguel est ce jeune garçon de Trois-Rivières qui vit avec des séquelles importantes et permanentes à la suite d'un coma vécu à l'âge de six mois. Aujourd'hui âgé de 10 ans, il souffre d'épilepsie sévère, de cécité orticale, d'un retard de développement physique et mental sévère, de paralysie cérébrale et d'hypotonie, de sorte qu'il ne peut s'asseoir, ni marcher.

Les faits sont survenus le10 décembre 2002. Le petit Miguel a souffert dans la journée de constipation et de coliques mais son état s'est aggravé en fin d'après-midi lorsqu'il s'est affaissé dans les bras de sa gardienne, changeant de couleur et éprouvant de sérieuses difficultés respiratoires. L'enfant a alors été conduit par ambulance au CHRTR mais de façon non urgente, sans gyrophare et sans sirène.

Le docteur Alain Vaugeois, omnipraticien, aurait ensuite diagnostiqué une bronchiolite. La pédiatre Line Marchand aurait elle aussi examiné son état de santé et demander son admission au service de pédiatrie.

Après avoir subi un scan, Miguel a finalement été transféré dans la soirée à l'Hôpital Sainte-Justine où l'on a conclu à un diagnostic d'encéphalopathie anoxique. Il y est demeuré hospitalisé jusqu'au 14 janvier 2003. Il a ensuite été hospitalisé à l'Hôpital Marie-Enfant jusqu'en septembre 2003 où il a reçu des services soutenus en réadaptation.

Les parents soutiennent dans leur requête que le CHRTR, les médecins et la CAM ont tous commis des fautes qui ont occasionné de lourdes séquelles à leur fils. Les conséquences et préjudices ont été majeurs pour eux. Outre l'inquiétude et l'épuisement moral et physique, ils ont dû modifier leur plan de carrière (enseignement pour elle et médecine pour lui) se privant ainsi d'importantes sources de revenus afin de prendre soin de leur enfant et payer les déboursés importants requis pour la condition de Miguel.

Ainsi, ils reprochent aux ambulanciers de la CAM de ne pas avoir évalué la condition de leur fils de manière conforme aux règles de l'art et d'avoir sous-évalué l'urgence de la situation.

Ils soutiennent également que les Drs Vaugeois et Marchand n'auraient pas prodigué les soins adéquats tant au niveau du diagnostic, du traitement que du suivi. Ils les tiennent responsables également pour la tenue de dossier «laconique» à l'égard de leur fils. Toujours selon les parents, le CHRTR aurait pour sa part manqué à ses obligations de fournir des soins médicaux et infirmiers de qualité.

Les parents réclament donc la somme totale de 18,9 millions $ aux deux médecins, au CHRTR et à la CAM, et ce, de façon solidaire puisqu'ils sont tous tenus responsables. En déboursés non pécuniers, ils réclament 918 804 $. Pour les déboursés passés tels les frais de déplacements, l'achat d'équipements, le coût des soins et traitements, ils demandent un total de 50 000 $. Pour les pertes de capacité de gains,M. Guardado veut 1,9 million $ alors que sa conjointe, Mme Richer demande 1,4 million $. À cela, ils rajoutent 10,1 millions $ pour la valeur des biens, services, soins et autres déboursés passés et futurs, 2,4 millions $ en provision pour impôts, 1,9 million $ en frais de gestion, plus les dépens et frais d'experts.

Au dire de Mme Richer, ce processus judiciaire est très long et lourd à vivre puisqu'il dure depuis huit ans. «C'est une longue tragédie mais dès que nous avons réalisé qu'une erreur médicale avait été commise, nous avons pris une grosse décision: celle de nous battre. C'est le combat deDavid contre Goliath mais pour notre garçon, pour avoir la vérité, nous allons nous battre jusqu'au bout.»

Leur combat est loin d'être gagné d'avance. Le procès, qui devrait débuter ce 10 septembre, pourrait durer près de trois mois. C'est pourquoi, parallèlement à cette procédure civile, la famille Guardado-Richer entend poursuivre ses campagnes de financement pour venir en aide à Miguel.

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